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Le débat flexibilité-rigueur dans le vif du sujet à Bruxelles

Reuters08/07/2014 à 15:32

LE DÉBAT FLEXIBILITÉ-RIGUEUR ENTRE DANS LE VIF DU SUJET À BRUXELLES

par John O'Donnell et Francesca Landini

BRUXELLES (Reuters) - L'Italie et ses alliés ne bénéficieront d'aucun traitement de faveur en matière de rigueur budgétaire, a déclaré mardi le président de l'Eurogroupe, s'opposant ainsi clairement au président du Conseil Matteo Renzi, qui vient de prendre pour six mois la présidence de l'Union.

Rome a pris la tête d'un petit pays groupe de pays - incluant la France - qui plaident pour une application assouplie des règles communautaires afin d'encourager la croissance et l'investissement.

Mardi, à l'ouverture de la réunion mensuelle des ministres des Finances de l'Union, l'Italien Pier Carlo Padoan a demandé des "incitations" à réformer après des années de priorité donnée à l'austérité.

"L'Italie engage des réformes et, en tant que président, mon but est d'aider chaque pays à trouver des incitations à faire des réformes", a-t-il dit à la presse.

Mais avant même la réunion, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui préside l'Eurogroupe des 18 ministres des Finances de la zone euro, a dressé un tableau peu flatteur des réformes italiennes et insisté sur le fait que Rome ne bénéficierait d'aucun passe-droit.

"La compétitivité doit s'améliorer, la croissance économique doit s'accélérer et il y a beaucoup à faire pour arriver", a-t-il dit. "L'Italie affiche une croissance quasi-nulle de sa productivité depuis de nombreuses années et cela doit s'améliorer."

"PAS DE FLEXIBILITÉ PAYS PAR PAYS"

Interrogé sur la possibilité d'accorder des marges de manoeuvre supplémentaire à Rome en matière de budget, Jeroen Dijsselbloem a répondu: "Nous ne faisons pas de la flexibilité pays par pays, nous faisons de la flexibilité pour tous les pays".

Il a reçu le soutien indirect du secrétaire d'Etat autrichien Jochen Danninger, pour qui "les règles existantes doivent être respectées à la lettre".

"Dans le cadre de ces règles, il y a suffisamment de flexibilité, donc n'affaiblissons pas les règles", a-t-il dit à des journalistes.

Alors que l'Italie n'avait jusqu'à présent pas précisé quelle forme pourraient prendre les incitations à réformer qu'elle envisage, Matteo Renzi a proposé mardi que les investissements engagés dans les infrastructures numériques ne soient pas inclus dans le calcul des déficits publics.

"Chaque euro (consacré) aux infrastructures numériques doit être sorti de la boîte", a-t-il dit lors d'une conférence à Venise ayant pour thème "l'Agenda numérique".

Le gouvernement italien, handicapé par une dette publique qui devrait atteindre 135% du produit intérieur brut (PIB) cette année, pourrait recevoir le soutien de Jean-Claude Juncker, l'ancien Premier ministre luxembourgeois désigné par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union pour succéder à José Manuel Barroso à la présidence de la Commission.

Longtemps président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker a en effet placé le soutien à la croissance au coeur de son programme politique. Il devait entamer mardi des réunions avec les groupes politiques du Parlement européen, appelé à se prononcer sur sa nomination le 15 juillet.

(avec Jan Strupzewski et Martin Santa; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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