Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
  1. Aide
    1. Espace Client
  1. Aide
    1. Espace Client

Le 21 septembre 2001 à 10H17, Toulouse plonge dans l'horreur
information fournie par AFP21/09/2021 à 12:17

L'usine pétrochimique AZF après une très forte explosion, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / ERIC CABANIS )

L'usine pétrochimique AZF après une très forte explosion, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / ERIC CABANIS )

D'abord, un petit tremblement. Le sol gronde et se dérobe sous les pieds. Une poignée de secondes plus tard, un "bang" pétrifiant et une pluie de vitres recouvre la ville. A 10H17, ce vendredi 21 septembre 2001, Toulouse bascule dans l'horreur.

Empilées en vrac dans un hangar de l'usine chimique AZF, dans la banlieue sud de l'agglomération, quelque 300 tonnes de nitrate d'ammonium ont subitement explosé et fait souffler un vent de mort et de désolation sur la quatrième ville de France.

Partout, c'est la panique. Sonnés par la déflagration, les Toulousains ouvrent les yeux sur un spectacle dantesque. Du sud au centre de la ville, les rues sont couvertes d'un tapis crissant d'éclats de vitres. Dans les bureaux, les logements, les magasins, les faux plafonds n'ont pas résisté, les portes ont été arrachées. Le verre pique les visages et le sang coule. "C'était comme un bombardement", rapportent plusieurs témoins.

En quelques secondes, les pompiers et la police sont submergés d'appels. Des personnes affolées rapportent des explosions au magasin Marks and Spencer's, devant le palais de justice, au marché Victor-Hugo ou au Mirail. "La déflagration était telle que chacun a cru à une explosion à sa porte", expliquera le chef des pompiers, le colonel Claude Donin.

Cartes de Toulouse et de l'usine de produits chimiques AZF dont l'explosion a fait 31 morts le 21 septembre 2001 ( AFP /  )

Cartes de Toulouse et de l'usine de produits chimiques AZF dont l'explosion a fait 31 morts le 21 septembre 2001 ( AFP / )

Dans l'esprit de la population, dix jours seulement après les attentats contre les tours jumelles de New York, la Ville rose vient à son tour d'être frappée par la vague terroriste.

"Les informations étaient folles, on voyait des bombes partout", se souvient Pierre Tristan, alors numéro deux de la police toulousaine.

- "C'est la guerre" -

Au fur et à mesure qu'il s'approche du lieu de l'explosion, le commissaire Tristan prend la mesure de la catastrophe. 

L'usine pétrochimique AZF après une très forte explosion, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / DOMINIQUE FAGET )

L'usine pétrochimique AZF après une très forte explosion, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / DOMINIQUE FAGET )

La rocade qui surplombe le pôle chimique toulousain n'est plus qu'une longue enfilade de tôles froissées d'où émergent, au milieu de la fumée et des gravats, des automobilistes hébétés aux vêtements rouges de sang.

Au bas de la route, l'usine AZF n'existe plus. Bâtiments de béton éventrés, poutrelles pliées par la violence de la déflagration, le hangar désintégré a cédé la place à un cratère impressionnant: 10 m de profondeur pour 50 m de diamètre. "C'est la guerre", répètent les rescapés.

A proximité, un magasin d'électroménager s'est écroulé, les toits du dépôt de bus se sont envolés, l'hôpital psychiatrique Gérard-Marchant a été balayé. Très vite, les secours s'organisent. 

Des pompiers transportent un blessé dans l'explosion de l'usine pétrochimique AZF, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / ERIC CABANIS )

Des pompiers transportent un blessé dans l'explosion de l'usine pétrochimique AZF, le 21 septembre 2001 dans la banlieue sud de Toulouse ( AFP / ERIC CABANIS )

Dans un hululement ininterrompu de sirènes, les véhicules rouges et blancs affluent vers le site. Les premiers ouvriers morts sont retirés des décombres. Des hôpitaux de fortune s'improvisent et les chirurgiens opèrent ou suturent "comme à la guerre".

Mais une autre menace plane: un épais nuage orangé, peut-être toxique, au-dessus de l'usine, se déplace vers le centre-ville. Réunie en cellule de crise, la préfecture donne l'ordre à la population de rester confinée.

Les secouristes portent des masques à gaz, les habitants des mouchoirs. La panique gagne. 

Des dépanneuses dégagent des véhicules détruits sur la rocade de Toulouse après une forte explosion à l'usine pétrochimique AZF, le 21 septembre 2021  ( AFP / PASCAL PAVANI )

Des dépanneuses dégagent des véhicules détruits sur la rocade de Toulouse après une forte explosion à l'usine pétrochimique AZF, le 21 septembre 2021 ( AFP / PASCAL PAVANI )

Faute de téléphone, la ville est livrée aux rumeurs les plus folles. Seveso, Bhopal ? Non, le nuage ne contient que de l'ammoniac et s'évacue rapidement. Un cadeau du vent d'autan qui souffle ce jour-là.

Le bilan final atteindra 31 morts et plusieurs milliers d'autres victimes. Le verdict des sismographes tombe: l'équivalent d'un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter a frappé...

pa-jlc/ar/ds/bow

0 commentaire