PARIS/NICE, 22 juillet (Reuters) - Nice n'entend pas
satisfaire à une demande de la sous-direction antiterroriste de
la police judiciaire (SDAT) d'effacer près de 24 heures d'images
de la promenade des Anglais pendant et après l'attaque du 14
juillet, a annoncé jeudi l'avocat de la ville.
La SDAT a transmis cette demande mercredi au responsable du
centre de supervision urbain de Nice, via une réquisition
judiciaire, afin "d'éviter la diffusion non contrôlée de ces
images", indique une source judiciaire, confirmant une
information du Figaro.
"Bien évidemment, ces images ont été placées sous scellé
judiciaire", ajoute-t-elle.
Cette demande de la justice a surpris Me Philippe
Blanchetier, qui assiste la ville de Nice, notamment "eu égard à
la polémique sur la nature du dispositif policier" déployé le
soir de l'attaque.
"C'est la première fois de ma vie que je vois une
réquisition aux fins d'effacement de preuves", a-t-il dit à
Reuters. "L'argument avancé de risque de fuite ne tient pas."
Jeudi, l'avocat a donc écrit à la SDAT pour lui faire savoir
que la ville n'entendait pas, en l'état, satisfaire cette
réquisition, qui concerne les images recueillies par toutes les
caméras de vidéosurveillance ayant vue sur la scène de crime.
Dans ce courrier, dont Reuters a eu copie, il indique que
les données seront en principe automatiquement effacées à
compter de dimanche soir, comme le prévoit la loi.
Me Philippe Blanchetier précise toutefois à Reuters qu'il
compte saisir le procureur de Nice et le président de la
Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL)
d'une demande de conservation de ces données au-delà de la durée
légale.
"Si jamais ces images étaient indisponibles, les victimes se
verraient privées d'un moyen de preuve d'un éventuel manquement"
des autorités en matière de sécurité, dans le cadre d'enquêtes
futures, explique-t-il.
La polémique sur les mesures de sécurité mises en place sur
la promenade des Anglais de Nice, où 84 personnes ont été tuées
dans une attaque au camion lors des festivités du 14 juillet, a
incité jeudi le gouvernement à ouvrir une enquête interne.
(Chine Labbé à Paris, avec Matthias Galante à Nice, édité par
Yves Clarisse)
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