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La polémique enfle sur les cours en anglais à l'université

Reuters21/05/2013 à 19:43

LES COURS EN ANGLAIS À L'UNIVERSITÉ DIVISENT, Y COMPRIS À GAUCHE

PARIS (Reuters) - Partisans et adversaires de l'enseignement en anglais dans les universités françaises pour certains cours fourbissent leurs armes avant le début, mercredi, de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi qui prévoit cette mesure.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, a défendu mardi son projet de loi et a reçu le soutien du journal Libération, dont toute la "une" de mardi est en anglais. "Teaching in English, let's do it".

Dans un texte paru le 8 mai dans Le Monde, d'éminents scientifiques comme Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, et Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields, dédramatisaient l'usage de la langue de Shakespeare.

"Sauf dans des disciplines très particulières, les scientifiques du monde entier utilisent l'anglais pour communiquer", rappelaient-ils.

Mais les opposants à la mesure ne désarment pas.

Plusieurs élus, dont le député socialiste et secrétaire national à la francophonie au sein du PS, Pouria Amirshahi, demandent le retrait de cet article qui représente selon eux un danger pour l'espace francophone.

"Apprendre l'anglais et apprendre en anglais ce n'est pas pareil", déclare-t-il dans Les Echos. "En formant ses élites en anglais, la France envoie un mauvais signal aux pays francophones et il y aura progressivement une baisse de la pratique du français dans le monde".

Selon Geneviève Fioraso, plus de 700 formations en langue étrangère, principalement en anglais, existent déjà en France, notamment dans les grandes écoles.

SOUTIEN DE HOLLANDE

La ministre, qui dit être soutenue sur ce point par le président François Hollande, a été reçue mardi matin à l'Elysée aux côtés de scientifiques comme Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012.

Elle y a défendu son projet de loi dont certains ont critiqué le manque d'ambition.

"C'est une loi d'équilibre", s'est-elle défendue devant la presse dans la cour de l'Elysée. "Les chercheurs ont été trop bousculés ces dernières années. La recherche a besoin de constance et d'équilibre, son rythme n'est pas celui du zapping, des effets de manches ou de communication".

Le projet de loi d'orientation de l'enseignement supérieur et de la recherche fixe l'objectif de parvenir à 50% de diplômés du supérieur dans chaque classe d'âge, en favorisant notamment la continuité entre le secondaire et le supérieur et le rapprochement entre lycée, classes préparatoires et université.

Il ne revient pas sur le texte instaurant l'autonomie des universités voté en 2007 et prévoit le remplacement de la controversée Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, créée en 2007, par une Haute autorité chargé, selon Geneviève Fioraso, "d'accréditer les méthodes d'évaluation proposées par les établissements, ce qui est l'inverse d'avant" avec l'Aeres.

Une "modification d'affichage", dénonce un collectif de scientifiques dans Le Monde daté du 23 mai intitulé : "Pour l'université et la recherche, le changement promis tourne au désastre. De l'évaluation à l'anglais, François Hollande fait du Nicolas Sarkozy, en pire".

Géneviève Fioraso a répondu à ces critiques.

"Ce texte repose sur deux grands axes : la réussite des étudiants, qui passe avant tout, et la recherche dans toutes ses dimensions : la recherche fondamentale qui doit travailler sereinement et le développement du transfert, l'innovation, l'invention", a-t-elle dit, précisant que le président de la République "s'intéresse beaucoup" à ces sujets.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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