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La nouvelle prévision de croissance sera connue d'ici fin mars

Reuters19/02/2013 à 16:39

LA FRANCE DEVRAIT REVOIR SA PRÉVISION DE CROISSANCE 2013 À 0,2-0,3% DU PIB

PARIS/ATHENES (Reuters) - La nouvelle prévision de croissance de l'économie française en 2013 sera connue d'ici fin mars, ont déclaré mardi François Hollande et le ministère de l'Economie, s'abstenant de commenter les chiffres très bas avancés par Laurent Fabius.

L'opposition de droite a vite dénoncé une nouvelle cacophonie au sein du gouvernement après des épisodes récents sur d'autres sujets, ce que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est empressé de démentir.

Le ministre des Affaires étrangères, qui s'exprimait sur RTL, a estimé que la croissance pour 2013, un chiffre qui sous-tend l'objectif de baisse des déficits publics à 3% du produit intérieur brut, serait ramenée "autour" de 0,2%-0,3%, contre 0,8% prévus initialement.

Laurent Fabius avait déjà été la semaine passée le premier membre du gouvernement à reconnaître que l'objectif de baisse des déficits ne serait probablement pas tenu en raison de la faiblesse de la croissance.

En visite à Athènes, le président François Hollande n'a pas voulu confirmer les déclarations du chef de la diplomatie, déclarant seulement : "Pour l'année 2013, chacun sait que nous n'atteindrons pas les 0,8% qui étaient prévus".

Pour la suite, il a indiqué que la France attendait les prévisions de la Commission européenne, diffusées ce vendredi, et dévoilerait fin mars sa propre prévision dans le cadre d'un programme de stabilité après l'avoir fait valider par le nouveau Haut Conseil des finances publiques.

"Nous aurons à la fin du mois de mars la prévision de croissance qui sera établie avec le Haut Conseil des finances publiques et qui déterminera ce que nous aurons à faire en termes de choix budgétaires, selon les prescriptions de la Commission européenne, pour 2014", a-t-il ajouté lors d'un point de presse avec le Premier ministre grec, Antonis Samaras.

MANQUE À GAGNER

Le ministère de l'Economie avait auparavant indiqué que la nouvelle prévision de croissance n'avait pas été arrêtée et confirmé le calendrier évoqué par le chef de l'Etat.

"Tout cela va prendre entre trois semaines et un mois", a-t-on déclaré à Bercy.

L'opposition s'est emparée de cet incident pour dénoncer les incohérences des déclarations gouvernementales.

"C'est invraisemblable sur un sujet comme celui là de voir une telle cacophonie", a dit Christian Jacob, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

"Le ministre des Affaires étrangères explique très modestement qu'il ne s'occupe que de la diplomatie internationale mais quand même il fixe la révision du taux de croissance. Il est immédiatement démenti par Bercy, ensuite on remet le Premier ministre sur l'arbitrage", a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a réfuté de son côté ce terme de cacophonie et indiqué lui aussi que le gouvernement prendrait ses décisions après avoir pris connaissance des prévisions de la Commission de Bruxelles.

Sur Europe 1, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll n'a pas lui non plus confirmer les déclarations de Laurent Fabius mais indiqué qu'un demi-point de moins de croissance représentait "neuf à dix milliards" d'euros de manque à gagner dans les finances publiques qu'il faudra compenser.

PAS DE RIGUEUR, DIT AYRAULT

Pour le centriste François Bayrou, qui a voté François Hollande au second tour de l'élection présidentielle en mai 2012, "la rigueur n'est pas une option, la bonne gestion n'est pas une option, elle est indispensable".

"0,2 ou 0,3%, qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire zéro au mieux", a commenté le président du Mouvement Démocrate (MoDem) sur BFM TV et RMC Info.

Mais Jean-Marc Ayrault a refusé le terme de rigueur devant le groupe socialiste de l'Assemblée nationale.

"Je ne suis pas là pour annoncer un nouveau plan de rigueur pour 2013", a-t-il dit selon le député socialiste Daniel Vaillant. "La question c'est de mieux gérer les dépenses publiques mais de le faire de telle manière qu'un certain nombre de politiques comme celle de la famille, qui donne des résultats, ne soient pas remises en cause".

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé pour sa part que la prévision de Laurent Fabius était "optimiste".

"Car sur la base de ce que nous voyons sur le plan microéconomique, de ce que nous vivons chacun de nous dans les entreprises, nous ne sommes pas sur du 0,2, nous sommes au mieux sur du zéro et dans beaucoup de secteurs nous sommes sur du moins", a-t-elle dit lors de son point de presse mensuel.

Jean-Baptiste Vey à Athènes et service France, édité par Yves Clarisse


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