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La loi Travail à l'Assemblée, 12e journée de contestation

Reuters05/07/2016 à 10:06

LA LOI TRAVAIL DEVANT LES DÉPUTÉS

PARIS (Reuters) - Un compromis est encore possible sur le projet de loi Travail, a estimé mardi le député socialiste "frondeur" Christian Paul, alors que le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement assure que "l'intransigeance n'est pas du côté du gouvernement".

La réforme du Code du travail, objet de plus de quatre mois de contestation, revient mardi en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale où le Premier ministre, Manuel Valls, n'exclut pas de recourir à nouveau à l'article 49.3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte sans vote.

Dans la rue, les syndicats opposés au texte organisent leur 12e journée d'action avec un défilé dans l'après-midi à Paris entre place d'Italie et Bastille.

"La colère reste là", souligne dans L'Humanité le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. "Nous allons entretenir sous d'autres formes le climat que nous connaissons depuis quatre mois et nous réfléchissons très concrètement à des temps forts à la rentrée", prévient-il.

"Le gouvernement a une grosse responsabilité dans la perception que les Français ont de ce projet. Quand la fusée est mal lancée, elle ne se remet jamais droite. Et les efforts d’explication déployés l’ont été trop tardivement", déplore pour sa part dans Libération Laurent Berger, son homologue de la CFDT qui défend le texte.

Le groupe socialiste à l'Assemblée devait se réunir dans la matinée pour sonder l'ampleur de la fronde qui perdure dans les rangs de la majorité.

"On peut trouver un compromis", a affirmé Christian Paul sur iTELE. "Que le gouvernement, pour une fois au moins, s'en remette à la sagesse des députés de sa majorité, ça évitera beaucoup de tensions. Je sens bien que la tension ne va pas retomber s'il y a à nouveau un 49.3, si le Parlement est privé du droit de débattre et du droit de voter."

"IL FAUT EN FINIR"

Comme dans Le Monde lundi, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, souligne que le gouvernement a fait sa part.

"L'intransigeance n'est pas du côté du gouvernement, nous attendons de savoir si après les nombreux gestes qui ont été faits depuis des semaines il y a une prise en considération par ceux qui ont un regard critique, ce que je peux comprendre", a-t-il dit sur France Info.

Le chef de file des députés socialistes s'est dit las sur RTL de la "guérilla parlementaire dans l'hémicycle".

"Aujourd'hui, ça fait bien trop longtemps qu'on débat de ce texte, moi je veux qu'on fasse la preuve de ce texte. Il faut en finir le 20 juillet", date de la lecture définitive du texte à l'Assemblée, a dit Bruno Le Roux.

Le député socialiste a dit en avoir "assez des caricatures" et des "idées fausses" sur le projet de loi.

"La dernière, c'est de dire que ce texte va empêcher le paiement des heures supplémentaires et la majoration des heures supplémentaires, c'est tout le contraire. (...) Il n'y a aucune suppression de majoration des heures supplémentaires", a-t-il assuré.

Plus de 120 députés socialistes ont signé un amendement "de compromis" visant à assurer qu'un accord d'entreprise ne puisse pas fixer une rémunération des heures supplémentaires inférieure à 25% de majoration pour les huit premières heures supplémentaires et à 50% pour les suivantes.

Le député socialiste Benoît Hamon a ne dit pas exclure une nouvelle motion de censure de la "gauche de la gauche".

Le 11 mai dernier, lors de la première lecture du texte à l'Assemblée, 56 députés de gauche - contre les 58 requis - avaient tenté de déposer une motion de censure.

"Si le gouvernement décide de refuser ce compromis, de passer au 49.3, nous discuterons cet après-midi", a dit Benoît Hamon sur France 2.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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