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La justice américaine s'attaque au site Megaupload
Reuters20/01/2012 à 11:06

MEGAUPLOAD ÉPINGLÉ PAR LA JUSTICE AMÉRICAINE

par Jeremy Pelofsky et Jim Finkle

WASHINGTON (Reuters) - Le site de téléchargement de fichiers Megaupload.com a été rendu inaccessible jeudi par le gouvernement américain, conséquence de poursuites engagées par la justice contre plusieurs responsables du site accusés de violation du droit d'auteur.

Cette décision, qui frappe l'un des plus importants sites de téléchargement au monde, survient alors que deux projets de loi visant à renforcer la lutte contre le téléchargement illégal aux Etats-Unis met internet en ébullition.

Les fondateurs de la plateforme de partage de fichiers, baptisée "Mega Conspiracy" par les procureurs, sont accusés d'avoir entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et d'avoir généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité.

A ce titre, un tribunal fédéral de Virginie a ordonné jeudi la fermeture de dix-huit autres noms de domaine affiliés à Megaupload et a saisi quelque 50 millions de dollars d'avoirs.

"En échange d'une rétribution, la Mega Conspiracy fournit la reproduction rapide et la distribution de copies illégales d'oeuvres protégées grâce à ses serveurs localisés dans le monde entier", souligne l'acte d'inculpation.

ARRESTATIONS EN NOUVELLE-ZELANDE

Une vingtaine de mandats d'arrêts ont été émis aux Etats-Unis et jusqu'à huit autres à l'étranger.

La police néo-zélandaise a arrêté vendredi matin dans une maison d'Auckland le fondateur du site, Kim Dotcom, également connu sous le nom de Kim Schmitz et de Kim Tim Jim Vestor, un ressortissant allemand de 37 ans muni d'un titre de séjour en Nouvelle-Zélande.

Les policiers ont également interpellé Finn Batato, 38 ans, responsable du marketing, et le co-fondateur et responsable technique du site Mathias Ortmann, 40 ans, tous deux de nationalité allemande, ainsi qu'un Néerlandais de 29 ans, Bram van der Kolk.

Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison pour conspiration de racket, conspiration de violation de copyright et conspiration de blanchiment d'argent.

La police néo-zélandaise a également saisi des avoirs de plusieurs millions de dollars, dont plusieurs voitures de luxe.

"Le FBI a contacté la police néo-zélandaise début 2011 pour une requête d'assistance sur son enquête", a précisé Grant Wormald, de l'unité de lutte contre le crime organisé et financier.

Les inculpés ont comparu brièvement vendredi et ils ont été maintenus en détention jusqu'à une nouvelle audience lundi, qui décidera de leur éventuelle mise en liberté sous caution.

"Nous n'avons rien à cacher", a déclaré Kim Dotcom à la barre, selon les médias néo-zélandais.

Pour protester contre la fermeture du site, des pirates informatiques s'en sont pris aux sites internet du département américain de Justice et d'Universal Music, entre autres.

"Le gouvernement ferme Megaupload ? Quinze minutes plus tard, Anonymous ferme des sites du gouvernement et de labels musicaux", ironise un membre d'Anonymous sur le site de microblogging Twitter.

"PROFITS CRIMINELS"

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a salué la décision de justice prise à l'encontre du site de téléchargement.

"La mise à disposition illégale, par ce service, d'?uvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers", indique l'Elysée dans un communiqué transmis tard jeudi.

"C'est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d'opérateurs. Le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement."

Les sociétés visées, Megaupload Ltd et Vestor Ltd, sont toutes les deux enregistrées à Hong Kong et Kim Dotcom est leur seul ou principal actionnaire.

Megaupload revendique plus de 150 millions d'utilisateurs inscrits et 50 millions de visiteurs uniques par jour. Il a été classé à un moment au 13e rang des sites les plus visités du web, précise l'acte d'inculpation de la justice américaine.

La décision de la justice américaine survient au lendemain d'une action coup de poing de l'encyclopédie participative en ligne Wikipedia qui a fermé mercredi son site internet en langue anglaise pour protester contre les projets de loi américains SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act).

Le projet de loi SOPA vise à enrayer le téléchargement illégal en obligeant notamment un site tiers à bloquer l'accès à d'autres sites dont les offres violent les lois américaines sur le droit d'auteur. Mais les critiques sont nombreuses et certains dénoncent un "filtrage" ou une censure d'internet.

Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

5 commentaires

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  • marconge
    20 janvier10:58

    D'autres sont déjà là et d'autres suivront.

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