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La France s'inquiète de l'issue des négociations sur le climat

Reuters10/09/2015 à 15:14

* La France adresse un signal attendu sur le charbon * Il reste moins de trois mois pour un pré-accord sur le climat * Hollande juge les progrès "trop minces" par Emmanuel Jarry PARIS, 10 septembre (Reuters) - Inquiète de l'issue de la conférence sur le climat, qu'elle accueille en décembre au Bourget, près de Paris, la France a annoncé jeudi, à 81 jours de l'échéance, la suppression d'aides à l'exportation de centrales au charbon polluantes. Le Premier ministre a adressé ce signal très attendu à l'ouverture d'une manifestation organisée au Palais de l'Elysée pour afficher l'engagement de la France en faveur du climat. "Nous supprimerons immédiatement les crédits export pour tous les nouveaux projets de centrales à charbon qui ne sont pas dotées d'un dispositif de capture et de stockage du CO2", a dit Manuel Valls à plus de 400 invités -- ministres, représentants de l'industrie et de la société civile, élus. ID:nL5N11G0QJ Un geste insuffisant, de toute évidence, aux yeux de l'ex- ministre écologiste du Logement, Cécile Duflot, présente. "On peut continuer à être assez critique sur la traduction dans la politique du gouvernement français des engagements qui doivent être pris à la COP", a-t-elle confié à Reuters. La conférence des Nations unies sur le climat (COP21), prévue du 30 novembre au 11 décembre, est le plus grand rendez-vous international jamais organisé par la France et François Hollande en a fait un enjeu majeur de son quinquennat. Jeudi matin, le traditionnel tapis rouge déroulé pour les invités du chef de l'Etat dans la cour d'honneur du Palais de l'Elysée avait symboliquement été remplacé par un tapis vert. "Il s'agit d'être capable de réussir ce qui est le rendez-vous sûrement le plus essentiel que le monde s'est donné à lui-même", a dit François Hollande en conclusion de la réunion. Six ans après l'échec de la conférence de Copenhague, la COP21 est considérée comme une des dernières chances de conclure un accord universel sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour enrayer le réchauffement climatique avant que ses conséquences deviennent irréversibles. Les principaux intervenants, politique ou non, dont les ministres des Affaires étrangères et de l'Ecologie, Laurent Fabius et Ségolène Royal, ou l'ancien animateur de télévision Nicolas Hulot, aujourd'hui conseiller spécial du chef de l'Etat, ont insisté l'un après l'autre sur l'urgence d'un tel accord. "PAS UN INSTANT À PERDRE" "Plus tard, ce sera trop tard (...) On n'a pas le droit d'échouer", a averti le chef de la diplomatie française, tout en reconnaissant que la conférence de Paris ne pouvait pas régler tous les problèmes mais être un "point de bascule". Or les négociations sur un projet d'accord ne progressent que très lentement. Elles butent notamment sur le financement de l'aide à l'adaptation de l'économie des pays en développement et les plus exposés au réchauffement climatique, financement sans lequel ces derniers risquent de refuser de s'engager. "Il y a des progrès ils sont minces, trop minces encore, et donc il y a une incertitude", a reconnu François Hollande, qui de nouveau fait état d'un "risque majeur" d'échec. La question du financement sera notamment fin septembre au menu d'un déjeuner de chefs d'Etat et de gouvernement, obtenue par la France, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, et de discussions à Lima, lors des assemblées d'automne de la Banque mondiale et du FMI, du 9 au 11 octobre. La France fera à Lima des "propositions supplémentaires" concernant sa contribution au financement, a précisé François Hollande, qui a également dit vouloir évoquer, à New York, la question de la mise en place d'un prix progressif du carbone. Il restera ensuite, pour tenter d'élaborer un pré-accord avant la conférence proprement dite, cinq jours de négociations à Bonn du 19 au 23 octobre, une "pré-COP" à Paris début novembre et le sommet du G20, les 15 et 16 novembre, en Turquie. "Nous pensons que c'est avant la conférence de Paris que l'accord doit être trouvé", a souligné François Hollande. "Nous n'avons pas un instant à perdre." Quelque 10.000 délégués de 195 pays y sont attendus au Bourget, ainsi que 10.000 représentants d'organisations non gouvernementales, 3.000 journalistes et 20.000 autres visiteurs. (Edité par Yves Clarisse)

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