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La France reste déterminée à agir en Syrie, même sans Londres

Reuters30/08/2013 à 15:27

FRANÇOIS HOLLANDE N'EXCLUT PAS UNE INTERVENTION DE LA FRANCE EN SYRIE SANS LA GRANDE-BRETAGNE

PARIS (Reuters) - La France reste déterminée, malgré le refus du Parlement britannique d'une action militaire, à sanctionner le régime syrien pour l'attaque chimique du 21 août, car "un faisceau d'indices" accrédite sa responsabilité, dit François Hollande.

Dans une interview publiée vendredi dans Le Monde, le président français souligne que "le massacre chimique de Damas ne peut ni ne doit rester impuni" et qu'il s'entretiendra à ce sujet dans l'après-midi avec Barack Obama, qui n'écarte plus désormais une action unilatérale après la défection de Londres.

François Hollande laisse entendre que l'ordre d'engager l'armée française dans d'éventuelles frappes d'une coalition "la plus large possible" pourrait intervenir d'ici la réunion extraordinaire du Parlement français prévue mercredi prochain.

Au lendemain du "non" des députés britanniques au principe d'une intervention armée, François Hollande précise que Paris continue de prôner "une action proportionnée et ferme" contre le régime de Bachar al Assad mais exclut de "prendre une décision avant de disposer de tous les éléments qui la justifieraient".

Il se redit prêt à passer outre au Conseil de sécurité de l'Onu dont il est à craindre, dit-il, qu'il "ne soit empêché de prendre la résolution nécessaire", en raison de l'opposition de la Russie et la Chine à toute intervention.

François Hollande ajoute vouloir convaincre Moscou que "le pire, c'est la situation actuelle", non la chute éventuelle de Bachar al Assad.

Dans ce contexte, une décision pourrait s'imposer d'ici au 4 septembre, date de la session extraordinaire du Parlement.

"Si j'ai engagé la France, le gouvernement l'informera des moyens et des objectifs poursuivis, conformément à l'article 35 de la Constitution", dit le chef de l'Etat.

On précise de source diplomatique française qu'aucune décision n'a encore été prise mais qu'elle pourrait en effet intervenir "avant le débat du 4 septembre".

François Hollande redit dans Le Monde son hostilité à "une intervention internationale qui viserait à 'libérer' la Syrie ou à renverser le dictateur", mais estime "qu'un coup d'arrêt doit être porté à un régime qui commet l'irréparable sur sa population".

"FAISCEAU D"INDICES"

À ses yeux, une action "en étroite liaison avec ses alliés" serait "la sanction d'une violation monstrueuse des droits de la personne humaine". "Elle aura valeur de dissuasion".

Les experts en armes chimiques de l'Onu, qui enquêtent depuis lundi dans les quartiers visés à Damas, doivent théoriquement quitter la Syrie samedi et remettront ensuite leurs conclusions au Conseil de sécurité des Nations unies.

"La France dispose d'un faisceau d'indices qui vont dans le sens de la responsabilité du régime", affirme François Hollande.

"C'est la riposte, et non l'inertie, qui imposera une solution politique" en Syrie, juge le président français, différenciant le scénario actuel de la crise en Irak où en 2003 "l'intervention s'est faite alors même qu'aucune preuve n'avait été apportée quant à l'existence" d'armes chimiques.

"Il n'est pas question d'entraîner notre pays dans une aventure", dit-il.

L'impasse irakienne reste vive dans la mémoire des opinions occidentales, et à l'image des populations américaine et britannique, les Français sont rétifs à toute initiative militaire. Selon une enquête Ifop diffusée le 28 août, 59% s'opposent à un engagement de la France contre 41%.

Le camouflet infligé jeudi au Premier ministre britannique, David Cameron, par la Chambre des Communes a changé la donne pour François Hollande, reconnaît-on de source diplomatique française.

"Le fait que Cameron ait perdu le vote ne nous a pas surpris, mais cela rend la décision du président plus compliquée et plus politique. De nombreux paramètres doivent être pris en compte", déclare-t-on.

"Il faut clairement faire valoir que l'usage d'armes chimiques n'est pas acceptable et que si nous ne réagissons pas, cela créera un précédent pas seulement pour la Syrie, mais pour le reste du monde", poursuit-on.

"Ce n'est pas une décision facile, car il n'y a pas de bonne solution."

Patrick Vignal et Sophie Louet avec John Irish, édité par Gilles Trequesser

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