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La fermeture du site PSA d'Aulnay inéluctable, selon Montebourg

Reuters 05/02/2013 à 13:21

ARNAUD MONTEBOURG JUGE INELUCTABLE LA FERMETURE DU SITE PSA D'AULNAY-SOUS-BOIS

PARIS (Reuters) - Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a jugé mardi inéluctable la fermeture de l'usine du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), au coeur d'une nouvelle réunion entre la direction du groupe et les syndicats.

"En tout cas nous n'avons pas trouvé d'autre solution", a déclaré Arnaud Montebourg sur RTL. "Aujourd'hui, nous ne savons pas faire autrement."

Pour réduire ses surcapacités, PSA a enclenché l'arrêt courant 2014 de ce site proche de Paris où il assemble les petites Citroën C3. Première fermeture d'usine automobile en France depuis plus de vingt ans, cette annonce avait provoqué un choc dans l'opinion sur fond de désindustrialisation du pays.

Depuis le début de l'année, la situation s'est dégradée dans l'usine, amenant plusieurs syndicats à accepter désormais un déblocage anticipé des mutations temporaires vers le site voisin de Poissy (Yvelines).

Cette question, qui pourrait précipiter l'arrêt du site d'Aulnay, a été inscrite à l'ordre du jour des négociations sur le plan social qui ont lieu ce mardi au siège de PSA.

Selon une responsable du SIA, syndicat majoritaire dans l'usine, des salariés du site étaient attendus en fin de matinée pour un rassemblement avenue de la Grande-Armée, à Paris, où se tiennent les discussions.

"Cette question des transferts sera abordée lors d'un nouveau CCE extraordinaire qui aurait lieu, selon des bruits, le 14 ou le 21 février prochain", a déclaré au téléphone Franck Don, représentant de la CFTC.

USINE TOUJOURS À L'ARRÊT

La production de l'usine d'Aulnay, arrêtée vendredi après-midi, n'a pas repris, selon la direction du site. Dans un contexte de heurts entre grévistes et non-grévistes, l'usine avait redémarré la semaine dernière après dix jours d'arrêt, mais au compte-gouttes seulement.

La CGT organise mardi après-midi une manifestation à Aulnay en présence de leaders politiques de gauche, comme Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, ou encore Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière.

Sur RTL, Arnaud Montebourg a précisé que l'Etat avait réclamé un "reformatage" du plan social, qui concerne quelque 3.000 salariés, afin d'en limiter la taille.

"Nous demandons à PSA que personne d'Aulnay et de Rennes (...) n'aille à Pôle emploi (...) c'est-à-dire qu'on trouve des mesures de réindustrialisation sur les deux sites pour qu'il n'y ait pas de rupture du contrat de travail", a-t-il précisé.

Le constructeur automobile s'est engagé à transférer la moitié de l'effectif d'Aulnay sur le site de Poissy, qui produira la C3 aux côtés des Peugeot 208 et Citroën DS3. Pour les 1.500 autres, il recherche des offres d'emplois locales, notamment dans la logistique.

A Rennes, où 1.400 postes sont appelés à disparaître, 400 personnes seront mutées sur d'autres sites du groupe et le millier restant se verra proposer un emploi dans d'autres entreprises, pour moitié en attirant de nouvelles sociétés sur le site dans le cadre d'une opération de "revitalisation".

L'EXEMPLE DE RENAULT

Arnaud Montebourg a estimé que PSA avait "trop tardé" et "dissimulé" la réalité de sa situation. "La conséquence maintenant c'est qu'on est obligé en effet de prendre des mesures de redressement", a-t-il dit.

A contrario, le ministre a montré plusieurs fois en exemple le cas de Renault, qui a selon lui pris les devants pour améliorer sa compétitivité afin d'éviter un plan social.

Le groupe au losange poursuit mardi ses négociations sur un accord visant à pérenniser toutes ses usines en France en échange d'un gel des salaires, d'un allongement du temps de travail, d'un élargissement du système de mobilité et d'une réduction d'effectifs de 8.200 personnes par des départs naturels.

Renault aimerait parvenir à un accord sous peu, mais parmi les syndicats, la CGT a prévenu qu'elle ne signerait pas. La CFE-CGC se dit plus optimiste sur l'issue des négociations, tout en estimant qu'à ce stade, le compte n'y est pas encore.

Gilles Guillaume, avec Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser

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