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La City va mener hors du Royaume-Uni "sa" bataille du Brexit

Reuters10/01/2017 à 13:03
    par Andrew MacAskill et Anjuli Davies 
    LONDRES, 10 janvier (Reuters) - Les banques les plus 
présentes à Londres ont l'intention d'accentuer leurs efforts de 
lobbying auprès des autorités européennes car elles peinent à 
convaincre le gouvernement britannique de préserver leur accès 
au marché unique après la sortie du Royaume-Uni de l'Union. 
    Le secteur bancaire a dans un premier temps privilégié les 
contacts avec les autorités britanniques dans l'espoir d'obtenir 
des garanties sur un accès le plus étendu possible au marché 
unique européen une fois le Brexit effectif. Les contacts avec 
les responsables européens ont donc été plus rares, a-t-on 
appris de plusieurs sources du secteur.  
    La stratégie des banques est aujourd'hui en train d'évoluer 
car après des dizaines de réunions, de rapports et d'études ces 
sept derniers mois, et malgré les avertissements sur les risques 
de délocalisations hors de Londres en l'absence de garanties sur 
l'avenir de la City, le secteur a l'impression d'être à court 
d'arguments.  
    La Première ministre, Theresa May, a déclaré dimanche ne pas 
être intéressée par le maintien de "morceaux" du statut de 
membre de l'UE, ce que certains ont interprété comme 
l'expression d'une volonté de favoriser la maîtrise des flux 
migratoires sur l'accès au marché unique. 
    Désormais, les banques prévoient de lancer une nouvelle 
campagne de lobbying pour mettre en avant l'impact qu'un Brexit 
"dur" aurait sur l'UE comme sur le Royaume-Uni. Elles prévoient 
de cibler des responsables politiques français, les autorités de 
régulation européennes et des responsables gouvernementaux.  
    "La bataille de Grande-Bretagne est terminée, la bataille de 
France va commencer", a déclaré un lobbyiste. 
    Un autre professionnel du lobbying travaillant pour l'une 
des grandes banques impliquées a expliqué qu'il allait passer 
plus de temps à Bruxelles cette année, avec pour "cibles" 
prioritaires Michel Barnier, désigné par l'UE pour diriger les 
négociations avec Londres, et ses équipes, ainsi que Didier 
Seeuws, un diplomate belge qui participe à la coordination des 
pourparlers. 
    Un troisième lobbyiste a déclaré avoir l'intention de se 
rendre à Paris d'ici la fin du mois pour rencontrer des 
responsables français.  
     
    LA CITY ESPÈRE UN COMPROMIS SUR UNE PÉRIODE DE TRANSITION 
    Le statut de première place financière d'Europe détenu par 
Londres constitue l'un des principaux enjeux des discussions sur 
le Brexit, certains responsables européens voyant dans le 
processus une opportunité pour remettre en cause la domination 
britannique sur la finance européenne.  
    La finance est le plus important secteur de l'économie du 
Royaume-Uni et représente environ 10% de l'activité. Mais 
au-delà, comme l'a souligné en novembre le gouverneur de la 
Banque d'Angleterre, Mark Carney, la Grande-Bretagne joue le 
rôle de "banquier d'investissement de l'Europe", puisque plus de 
la moitié des émissions d'actions et d'obligations réalisées par 
les entreprises et les Etats d'Europe se font au Royaume-Uni. 
    Les banques entendent donc plaider le fait que l'UE est 
dépendante de la solidité du secteur financier britannique et 
qu'un accès réduit de Londres au marché unique pourrait 
compromettre la stabilité financière de la région.  
    Le gouvernement britannique, de son côté, a appelé en privé 
les institutions financières à plaider leur cause en Europe si 
elles souhaitent disposer d'une période de transition. 
    Fin novembre, le ministre des Finances, Philip Hammond, a 
conseillé à des dirigeants du secteur de faire du lobbying dans 
ce sens auprès des autorités européennes, ont rapporté deux 
personnes présentes à cette occasion. 
    "Il a laissé entendre que nous devions aider le gouvernement 
à préparer le terrain", a ajouté l'une d'elles. 
    Un porte-parole du Trésor, qui a requis l'anonymat, a répété 
les déclarations antérieures de Philip Hammond sur le fait que 
l'Europe se lèserait elle-même si elle utilisait le Brexit pour 
affaiblir la position financière de Londres. 
    Des banquiers estiment nécessaire de poursuivre les 
discussions en vue de trouver un terrain d'entente sur la nature 
d'une période de transition. Mais les responsables européens 
n'entendent pas aborder le sujet avant que le gouvernement de 
Theresa May ait invoqué formellement l'article 50 du traité de 
Lisbonne, ce que Londres a promis de faire d'ici fin mars. 
    "Chacune a une définition différente de ce que cela 
signifie, en Europe comme au sein du gouvernement britannique. 
Nous essayons de parvenir à une conception commune de ce que 
signifie la transition" a dit l'un des lobbyistes. 
     
 
 (avec Huw Jones; Marc Angrand pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 

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