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La CGT réclame une loi sur le travail dominical et nocturne

Reuters03/10/2013 à 22:14

LA CGT RÉCLAME UNE LOI SUR LE TRAVAIL DOMINICAL ET NOCTURNE

MONTREUIL, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Le syndicat CGT, majoritaire chez Monoprix et dans les enseignes de bricolage d'Ile-de-France, a réclamé jeudi une loi pour réformer les règles sur le travail dominical et nocturne, dommageable selon lui à la santé des salariés.

Plusieurs décisions de justice, et la volonté de certaines enseignes de les contourner, ont récemment relancé la question des horaires de travail étendus et entraîné la constitution d'un collectif de salariés qui réclame le droit de travailler le dimanche.

Le gouvernement a commandé pour la fin novembre un rapport sur le travail dominical afin de clarifier les règles, à la préparation duquel participera la CGT.

"Nous souhaitons une loi qui permette de donner un cadre commun, précédée d'une concertation entre l'Etat, les syndicats salariés et les syndicats d'employeurs", a déclaré le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon lors d'une conférence de presse au siège du syndicat à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Interrogé sur les revendication de la CGT, le ministre du Travail Michel Sapin a déclaré devant le Sénat qu'un changement de la législation n'était pas exclu.

La CGT insiste sur la nécessité d'une réflexion collective, et non pas sectorielle, sur le sujet.

"Il faut sortir de l'idée selon laquelle dans chaque entreprise on peut avoir un cadre différent, ça ne fonctionne pas", a-t-il ajouté, soulignant l'impact indirect des ouvertures dominicales dans le commerce sur d'autres secteurs comme les transports en commun ou encore la garde d'enfants.

Les revalorisations de salaires pour le dimanche négociées dans une enseigne n'auront pas forcément lieu dans ces secteurs indirectement touchés, prévient également la CGT.

"Le travail du dimanche doit rester exceptionnel. L'exception, c'est aussi redéfinir ce qu'est une zone touristique", a ajouté Michèle Chay, responsable de la fédération commerce de la CGT.

ETENDRE LE DÉBAT

La question du travail dominical a été relancée par la décision des enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin d'ouvrir leurs portes le dimanche en Ile-de-France malgré une décision de justice le leur interdisant.

Des salariés des deux enseignes, volontaires pour travailler le dimanche, ont constitué le collectif des "Bricoleurs du dimanche", reçu mercredi à Matignon après une manifestation.

Au-delà de la question du dimanche, la CGT souhaite étendre le débat à l'ensemble des horaires décalés, notamment la nuit.

Le syndicat est à l'origine de l'annonce par la direction de Monoprix de la fermeture moins tardive de 94 de ses magasins, qui pratiquaient des nocturnes jusqu'à 22h00 et devront désormais fermer leurs portes à 21h00.

"Travailler de nuit, en service continu, en horaires décalés, cela nuit à la santé", a insisté Thierry Lepaon, soulignant que les salariés concernés avaient une espérance de vie inférieure au reste de la population et qu'ils étaient particulièrement touchés par la précarité.

Le syndicat estime que le dimanche, comme la nuit, le volontariat des salariés est une illusion car ces derniers sont contraints de travailler soit par nécessité économique soit par pression de leur employeur.

La lettre de mission envoyée par le gouvernement à Jean-Paul Bailly ne concerne cependant que les exceptions au repos dominical, et non pas le travail nocturne.

Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a de son coté estimé que la France devait réformer sa réglementation sur le travail dominical pour favoriser l'activité économique et l'emploi.

"Je crois qu'il n'y a pas à hésiter, il faut aller aussi loin que possible", a dit le gouverneur de la banque de France sur BFM Business, évoquant également le travail de nuit.

Pour 80% des Français, le gouvernement devrait laisser les magasins de bricolage qui le souhaitent ouvrir le dimanche, selon un sondage CSA pour Les Echos et l'Institut Montaigne diffusé jeudi.

Seul un Français sur cinq (19%) se dit opposé à l'ouverture le dimanche, précisé cette enquête.

Marion Douet, édité par Yves Clarisse


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