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La BCE relève encore ses taux et réduit son soutien aux banques
information fournie par Reuters27/10/2022 à 16:19

        * 
      Le taux de dépôt porté à 1,5%, au plus haut depuis 2009
    

        * 
      Modalités moins favorables pour les prêts à 3 ans aux
banques
    

        * 
      Les risques sur l'inflation restent orientés à la
hausse-Lagarde
    

        * 
      La hausse des taux va se poursuivre
    

  
 (Avec conférence de presse)
    par Balazs Koranyi et Francesco Canepa
       FRANCFORT, 27 octobre (Reuters) - 
    La Banque centrale européenne (BCE) a relevé une nouvelle
fois ses taux d'intérêt jeudi et elle a modifié les modalités
des prêts très avantageux accordés aux banques, amplifiant la
normalisation de sa politique monétaire, qui devrait se
poursuivre dans les mois à venir pour combattre l'inflation.
  
        Craignant de voir la hausse des prix s'ancrer
durablement dans l'ensemble de l'économie de la zone euro, la
BCE relève les coûts du crédit à un rythme sans précédent.
  
        Le taux de sa facilité de dépôt, relevé de trois quarts
de point de pourcentage, est ainsi porté à 1,50%, son plus haut
niveau depuis 2009, et sa hausse atteint 200 points de base
depuis juillet. Le taux de refinancement est quant à lui relevé
à 2,0% et le taux de sa facilité de prêt marginal à 2,25%. 
    "Avec ce troisième relèvement important consécutif des taux
directeurs, le Conseil des gouverneurs a retiré une part
substantielle du caractère accommodant de l'orientation de la
politique monétaire", déclare la BCE dans un communiqué.
    Elle ajoute que le Conseil des gouverneurs "prévoit de
continuer à relever les taux d'intérêt directeurs, pour assurer
le retour au plus tôt de l'inflation vers son objectif de 2% à
moyen terme".
        Lors d'une conférence de presse, sa présidente,
Christine Lagarde, a déclaré que si la guerre en Ukraine et
d'autres facteurs exposaient l'économie de la zone euro à un
risque de dégradation de la conjoncture, les risques
inflationnistes, eux, restaient orientés à la hausse.
  
        "Les données disponibles sur les salaires et les récents
accords salariaux montre que la croissance des salaires pourrait
être en train de s'accélérer", a-t-elle ajouté, soulignant que
la banque centrale surveillait attentivement les anticipations
d'inflation à long terme.
  
        Les marchés estiment que le rythme de la hausse des taux
pourrait désormais ralentir puisque le taux de dépôt est attendu
à 2% en décembre et que son pic pourrait avoisiner 3% courant
2023. 
  
        Interrogée sur l'inquiétude exprimée par des dirigeants
politiques européens quant au risque de voir le resserrement de
la politique monétaire précipiter la zone euro dans la
récession, Christine Lagarde a répondu que la BCE devrait
privilégier le respect de son mandat et elle a appelé les
gouvernements à calibrer leur soutien aux ménages de manière à
ne pas ajouter aux risques inflationnistes.
  
        "Chacun doit faire son travail. Notre travail, c'est la
stabilité des prix", a-t-elle résumé. "Nous devons faire ce que
nous avons à faire. Une banque centrale doit se concentrer sur
son mandat."
  
        LES BANQUES INCITÉES À REMBOURSER PAR ANTICIPATION LA
BCE
  
        La BCE n'a pas encore donné d'indications sur la manière
dont elle prévoit de réduire son bilan, qui représente quelque
8.800 milliards d'euros après des années d'achats de titres sur
les marchés réalisés pour assurer des taux d'intérêt très
faibles aux Etats et aux entreprises.
  
        Les modalités de cette réduction devraient être arrêtées
lors de la prochaine réunion, le 15 décembre.
  
        Le Conseil des gouverneurs, comme attendu, a en revanche
réduit l'aide qu'il apporte aux banques commerciales via ses
"opérations de refinancement à plus long terme ciblées" ou
TLTRO.
  
        Une modification qu'il justifie par "l'accélération
inattendue et exceptionnelle de l'inflation" et qui vise à ce
que la hausse des taux directeurs se transmette plus
efficacement à ceux des crédits bancaires.
  
        Les taux d'intérêt des TLTRO seront donc indexés sur le
taux directeurs à compter du 23 novembre, un changement qui
devrait inciter les banques à rembourser en avance à la BCE au
moins une partie de ces prêts à trois ans.
  
        Les réserves placées par les banques auprès de la BCE
seront par ailleurs rémunérés désormais au taux de dépôt et plus
au taux de refinancement, plus élevé.
  
        "Le fait de rendre les modalités des TLTRO plus
onéreuses pour les banques traduit la volonté de commencer plus
rapidement à réduire cette partie du bilan, notamment parce que
le coût des intérêts payés sur les réserves des banques
augmente", explique Charles Seville, directeur senior de Fitch
Ratings.
  
        La majeure partie des TLTRO, soit environ 1.500
milliards d'euros, arrivent à échéance en juin prochain. 
  
        En Bourse, l'indice Stoxx des banques de la zone euro a
cédé du terrain après le communiqué de la BCE mais il est
ensuite repassé en territoire positif et gagnait 0,17% vers
14h00 GMT. 
  
        Au même moment, l'indice large Stoxx 600 cédait 0,2%
 .STOXX  et le CAC 40 à Paris 0,51%.
  
        Sur le marché obligataire, le rendement des obligations
d'Etat allemandes à dix ans  DE10YT=RR , référence pour
l'ensemble de la zone euro, reculait alors à 
    2,028
    %, au plus bas depuis trois semaines, contre plus de 2,18%
juste avant la publication du communiqué de la banque centrale.
  
        L'euro cédait quant à lui 
    0,56
    % face au dollar à 
    1,0021
     contre 1,005 avant les annonces du Conseil des gouverneurs.
  
 (Reportage Balazs Koranyi et Francesco Canepa, version
française Marc Angrand)
 

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