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L'UMP s'efforce d'installer un débat sur le bac dans la campagne

Reuters12/03/2012 à 16:49

L'UMP VEUT DÉBATTRE DU BACCALAURÉAT DANS LA CAMPAGNE

PARIS (Reuters) - L'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, s'efforce d'installer sans heurts dans la campagne présidentielle un débat sur le baccalauréat, une institution "à bout de souffle" pour laquelle plusieurs pistes de réforme sont proposées, notamment l'introduction de notes éliminatoires.

Lors d'un discours sur l'éducation le 28 février à Montpellier (Hérault), le président-candidat avait souhaité redonner ses lettres de noblesse à ce rite de passage créé dans sa forme moderne en 1808 par Napoléon Ier.

La proportion de bacheliers est aujourd'hui de plus de 65% dans une classe d'âge et le nombre de diplômés a doublé entre 1985 et 2010 - d'environ 253.000 à plus de 513.000.

Un rapport remis lundi au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, et dont s'est inspirée l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, souligne la nécessité de réformer ce "repère social de premier ordre" afin notamment de mieux orienter les lycéens en fonction de leurs compétences.

"Moins d'options, moins d'épreuves facultatives, des notes sans doute éliminatoires dans les disciplines fondamentales, plus de place accordée au contrôle continu, un tronc commun encore plus important pourraient constituer les axes d'une réforme utile", avait déclaré le président sortant le 28 février.

Le contrôle continu, objet de fortes réticences dans le corps enseignant, avait notamment été proposé en 2004 par François Fillon, alors ministre de l'Education. Le bac professionnel se déroule en contrôle continu depuis la rentrée 2010.

La nouveauté réside dans l'instauration suggérée de notes éliminatoires dans les matières fondamentales. L'idée est d'éviter les "faux scientifiques" ou les "faux littéraires".

INFLATION DE MENTIONS "TRÈS BIEN"

Selon l'étude de l'Inspection générale, près de 5% des bacheliers de la filière scientifique (S) et 22,4% des bacheliers de la filière littéraire (L) ont obtenu en 2010 leur diplôme avec une note inférieure à 10 dans deux des trois principales disciplines.

Les auteurs estiment que ce système de notation, dont l'échelle n'est pas fixée, garantirait que le candidat "possède un acquis minimum dans les disciplines majeures du baccalauréat obtenu".

Nicolas Sarkozy entend également, s'il est réélu, mettre fin à l'inflation de matières optionnelles qui expliquent en grande partie la poussée de mentions "bien" et "très bien" dans les séries générales.

Selon le rapport, 25,9% des mentions "très bien" en "S", 35% en "ES" et 40,2% en "L" sont attribuées grâce aux épreuves facultatives - musique, dessin, langues vivantes comme l'amharique, le swahili ou le tamoul, etc.

Pour Luc Chatel, cette épreuve "à bout de souffle" est devenue un sésame fictif pour l'enseignement supérieur puisque 84% des affectations en enseignement supérieur, montre le rapport, se font sur dossier un mois avant les résultats du baccalauréat.

Le rapport suggère également la suppression des oraux de rattrapage, qui peuvent être "pollués par un climat de négociation implicite sur la note nécessaire pour obtenir le diplôme". A la place, le jury se prononcerait après examen du livret scolaire.

Ces préconisations ne sont que des pistes, a pris soin d'insister lundi Luc Chatel, tant la refondation du baccalauréat, maintes fois évoquée par la classe politique française, a suscité de vigoureuses contestations par le passé.

Une telle réforme, notent les auteurs, nécessiterait "une "réflexion partagée très approfondie".

"Le moment d'une élection présidentielle est particulièrement propice à cette réflexion", a estimé Luc Chatel, alors que le candidat socialiste, François Hollande, est jugé plus crédible pour "l'amélioration de l'école et de l'enseignement" par 35% des Français contre 16% à Nicolas Sarkozy dans une étude TNS Sofres.

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser

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