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L'UE va débattre des quotas de femmes à la tête des entreprises

Reuters05/03/2012 à 15:42

L'UE OUVRE LES DÉBATS SUR LES QUOTAS DE FEMMES À LA TÊTE DES ENTREPRISES

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a lancé lundi des consultations sur l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises, un projet qui risque de diviser ses Etats membres et de se heurter à l'opposition de certains lobbys.

La commissaire à la Justice, Viviane Reding, vice-présidente de la Commission, a donné le coup d'envoi de trois mois de débats qui pourraient déboucher sur une initiative législative.

Il y a un an, elle avait appelé les entreprises à prendre d'elles-mêmes des mesures pour porter la part des femmes dans les conseils d'administration à 30% d'ici 2015 et 40% en 2020.

"Personnellement, je ne suis pas très favorable aux quotas, mais j'apprécie les résultats qu'ils engendrent", a-t-elle dit.

Aujourd'hui, 13,7% seulement des administrateurs des grandes entreprises européennes cotées sont des femmes. Et au cours de l'année écoulée, 24 entreprises seulement ont pris des engagements volontaires pour faire augmenter ce pourcentage.

Au rythme actuel, note la Commission dans un communiqué, il faudrait 40 ans pour parvenir à l'équilibre entre hommes et femmes.

L'exécutif communautaire se donne donc jusqu'à la fin mai pour mener une consultation publique et étudier les mesures envisageables à l'échelle de l'Union, "y compris des mesures législatives". Elle précise qu'elle décidera de la suite à donner à ce processus avant la fin de l'année.

"BRISER LE PLAFOND DE VERRE"

L'adoption d'une directive en la matière nécessiterait le soutien de pays membres représentant les deux tiers de la population de l'UE, ce qui pourrait se révéler difficile.

La majeure partie des ministres du Travail de l'Union se sont exprimés contre des mesures législatives en la matière lorsque Viviane Reding a évoqué le sujet lors d'un conseil européen le 17 février.

Les seuls pays se déclarant favorables à des quotas sont ceux qui les imposent déjà: l'Autriche, la Belgique et la Finlande. D'autres ont déjà agi à l'échelon national en adoptant des mesures législatives en la matière, comme l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne ou la France.

Du côté des entreprises, certains lobbys soulignent les risques qu'induiraient des changements imposés.

L'European Round Table of Industrialists, qui réunit les dirigeants d'une cinquantaine de multinationales, estime ainsi que la prise en compte des divergences entre secteurs et des traditions nationales nécessitait de s'en tenir au volontariat.

Selon le dernier sondage Eurobaromètre publié lundi, 75% des citoyens européens sont favorables à une législation sur l'égalité hommes-femmes dans les conseils d'administration des entreprises.

La CE cite en outre une étude du cabinet McKinsey selon laquelle les entreprises assurant un équilibre hommes-femmes réalisent un bénéfice d'exploitation supérieur de 56% à celui des entreprises n'employant que des hommes.

"Je pense qu'il est grand temps que l'Europe brise le plafond de verre qui empêche encore les talents féminins d'accéder aux plus hautes responsabilités dans les entreprises européennes cotées", déclare Viviane Reding.

Anjuli Davies, Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten


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