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L'Onu enquête à Damas sur une attaque chimique présumée

Reuters26/08/2013 à 23:19

L'ONU ENQUÊTE À DAMAS SUR UNE ATTAQUE CHIMIQUE PRÉSUMÉE

Répétition du titre.

par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - Des inspecteurs de l'Onu ont pu examiner lundi des victimes des gaz neurotoxiques qui auraient été employés la semaine dernière dans la banlieue de Damas, après avoir été pris pour cibles par des tireurs embusqués.

Malgré ces tirs, qui ont endommagé un de leurs véhicules sans faire de victimes, leur convoi a pu se rendre à Mouadamiya, quartier de la banlieue sud-ouest de Damas tenu par les rebelles et assiégé par les forces gouvernementales, a rapporté un médecin syrien présent sur les lieux.

Après avoir effectué des prélèvements, ils ont regagné sans encombres leur hôtel du centre de Damas.

Tout élément accréditant les allégations des insurgés, qui accusent les forces gouvernementales d'avoir eu recours à des armes chimiques, plaiderait en faveur d'une possible intervention militaire à l'étude dans les chancelleries occidentales, malgré les avertissements de Damas, de Moscou et de Téhéran.

L'équipe de l'Onu était accompagnée de membres de l'Armée syrienne libre (ASL), qui fédère les forces hostiles à Bachar al Assad, et du Conseil local de Mouadamiya, a précisé un opposant.

Selon l'opposition, le gaz neurotoxique employé mercredi dernier à 04h00 du matin a fait 80 morts dans ce quartier. Trois autres localités de la banlieue de Damas - Irbin, Aïn Tarma et Jobar - auraient été touchées et le bilan pourrait atteindre le millier de morts.

UN CADRE LÉGAL

L'arrivée des inspecteurs a attiré de nombreux habitants désireux de leur exprimer leur désarroi et leur colère. Les tirs qu'ils ont essuyés sur le trajet ont mis le véhicule de tête hors d'usage et l'équipe a dû rebrousser chemin pour en prendre un autre.

"Le premier véhicule de l'équipe d'investigation sur les armes chimiques a été délibérément pris pour cible à plusieurs reprises par des tireurs embusqués non identifiés dans la zone tampon", dit l'Onu dans un communiqué.

La télévision syrienne a imputé les tirs à des "terroristes", tandis que l'opposition accuse les milices favorables au régime baassiste.

Un report de la mission d'inspection aurait réduit les chances de trouver des éléments confondants.

Les autorités syriennes ont donné leur feu vert dimanche à l'inspection du site où des gaz neurotoxiques auraient été employés mercredi. Les Etats-Unis et leurs alliés ont toutefois jugé toutefois que cette autorisation était trop tardive et craignent que les preuves n'aient disparu.

Les bruits de bottes gagnent en intensité, mais le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a souligné que Washington n'interviendrait que dans un cadre légal et en accord avec la communauté internationale.

"Nous analysons les données des services de renseignement (...) Si une action doit être entreprise, ce sera de concert avec la communauté internationale et dans le cadre d'une justification légale", a déclaré le chef du Pentagone, qui devrait s'entretenir avec ses homologues français et britannique.

Les chefs d'état-major de plusieurs pays de l'Otan, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que d'Etats de la région hostiles à Bachar al Assad, comme la Turquie et l'Arabie saoudite, devaient en outre se réunir en Jordanie, selon l'agence de presse Petra.

"L'ÉCHEC ATTEND LES ETATS-UNIS"

Dénonçant des allégations mensongères, Bachar al Assad a quant à lui lancé un avertissement aux Etats-Unis.

"Est-ce qu'un Etat emploierait des armes chimiques ou toute autre arme de destruction massive là où ses propres forces sont concentrées ? Ce serait contraire à la logique la plus élémentaire. De telles accusations sont donc entièrement politiques", dit-il dans un entretien publié par les Izvestia.

"L'échec attend les Etats-Unis, comme dans toutes les autres guerres qu'ils ont lancées, à commencer par le Vietnam et jusqu'à ce jour", ajoute-t-il dans les colonnes du quotidien russe.

La Russie soupçonne les insurgés d'avoir eux-mêmes eu recours aux armes chimiques pour déclencher une réaction internationale et juge que toute conclusion hâtive en ce qui concerne les auteurs du bombardement de mercredi serait "une tragique erreur".

Il est illusoire de penser que la destruction des infrastructures militaires syriennes mettrait fin à la guerre civile, a par ailleurs averti lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

À Washington, on souligne qu'aucune décision n'a été prise. Selon le sénateur Bob Corker, Barack Obama pourrait demander au Congrès l'autorisation de recourir à la force à la reprise des travaux parlementaires, début septembre.

"La décision n'est pas encore prise", a lui aussi déclaré Laurent Fabius. "Il faut proportionner les réactions, mesurer, agir à la fois avec détermination et avec sang-froid, et c'est ça qui va être arbitré au cours des jours qui viennent", a dit le ministre français des Affaires étrangères.

"La seule option que je n'envisage pas, c'est de ne rien faire", a poursuivi Laurent Fabius, selon lequel Moscou et Pékin opposeraient probablement leur veto à toute résolution de l'Onu autorisant le recours à la force. Pour son homologue britannique, William Hague, un tel mandat n'est pas requis.

La Turquie, jadis proche d'Assad et aujourd'hui l'un des ses plus virulents adversaires, a fait savoir qu'elle était prête à s'associer à une opération militaire internationale.

Avec Mariam Karouny à Beyrouth, Khaled Yacoub Oweis à Amman et John Irish à Paris, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser


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