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L'Onu condamne Assad, soutient un peu moins l'opposition

Reuters16/05/2013 à 10:46

L'ONU CONDAMNE ASSAD, SOUTIENT UN PEU MOINS L'OPPOSITION

par Michelle Nichols et Louis Charbonneau

NATIONS UNIES (Reuters) - L'Assemblée générale de l'Onu a adopté mercredi une résolution condamnant les forces fidèles au président syrien Bachar al Assad mais les pays membres ont affiché un soutien moins important qu'auparavant à la coalition d'opposition.

Le texte a été approuvé par 107 voix pour, 12 contre et 59 abstentions, alors qu'une précédente résolution similaire avait recueilli 133 voix en août 2012.

Cette baisse illustre le malaise grandissant au sein de la communauté internationale vis-à-vis des différents courants de l'opposition syrienne, explique-t-on dans les milieux diplomatiques à l'Onu.

Aucun pays n'a de droit de veto à l'Assemblée générale, dont les textes ne sont pas contraignants.

"Je suis convaincu que beaucoup de pays avaient voté pour ce texte (d'août 2012) parce qu'ils étaient convaincus d'être du côté des vainqueurs", note un haut diplomate occidental. "Ils n'en sont plus certains aujourd'hui."

"Maintenant, il y a aussi un facteur islamiste, terroriste, qui est bien plus évident", ajoute-t-il.

La Russie, l'un des principaux soutiens du pouvoir syrien, s'est opposée jusqu'au bout à la résolution proposée par le Qatar, l'un des principaux alliés de la Coalition nationale syrienne (CNS), la principale structure de l'insurrection.

La délégation russe a écrit à tous les pays membres de l'Onu pour leur demander de rejeter ce texte qui, aux yeux de Moscou, sape les efforts communs de la Russie et des Etats-Unis pour tenir une conférence internationale sur la Syrie, début juin.

Avant le vote, l'ambassadeur syrien à l'Onu, Bachar Dja'afari, a tenu le même langage. "Il (le vote) va à contre-courant, particulièrement à la lumière du récent rapprochement russo-américain dont se félicite le gouvernement syrien", a-t-il dit.

SCEPTICISME

Présent aux Nations unies, le Premier ministre britannique David Cameron a souhaité qu'une conférence internationale se tienne le plus vite possible à Genève avec des représentants du gouvernement de Damas et de l'insurrection.

"Il faut agir de toute urgence, dès maintenant, et faire pression sur les participants afin qu'ils se réunissent et se mettent d'accord sur un gouvernement de transition que tout le monde en Syrie pourra suivre", a-t-il dit.

De nombreux diplomates onusiens ne cachent toutefois pas leur scepticisme sur le succès d'une conférence internationale, compte tenu du large fossé qui sépare Washington et Moscou sur les moyens de résoudre la question syrienne.

La résolution, qui bénéficiait d'un vaste soutien de la part des pays occidentaux et du Golfe, devait à l'origine permettre de donner à la coalition d'opposition le siège dévolu à la Syrie à l'Onu.

Mais il est très vite apparu, lors des consultations préalables, qu'une telle mesure n'obtiendrait pas la majorité à l'Assemblée générale, où de nombreuses délégations craignent que leur propre gouvernement soit confronté un jour à une rébellion.

Le texte n'en reconnaît pas moins la Coalition comme un "interlocuteur effectif et représentatif nécessaire à une transition politique" en Syrie.

La CNS a salué l'adoption du texte tout en insistant dans un communiqué sur la nécessité de mesures plus urgentes pour mettre fin aux souffrances du peuple syrien.

Parmi les pays ayant voté contre, l'Afrique du Sud a estimé que le texte constituait un blanc-seing pour un "changement de régime" à Damas provoqué par des forces étrangères.

L'Iran, la Bolivie, le Venezuela, hostiles à toute initiative diplomatique approuvée par les Etats-Unis, ont aussi rejeté le texte.

L'Indonésie, qui avait voté pour en août dernier, s'est cette fois abstenue, le texte valant pour elle reconnaissance officielle de l'opposition syrienne.

Le conflit syrien, d'abord des manifestations pacifiques en mars 2011 contre le président Assad, aujourd'hui une guerre civile, a fait au moins 94.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ONG proche de l'opposition qui recense systématiquement les victimes confirmées.

Le président de l'Assemblée générale, Vuk Jeremic, a avancé mercredi le chiffre d'au moins 80.000 morts, pour la plupart des civils.

Pascal Liétout et Guy Kerivel pour le service français

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