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L'OCDE exhorte ses membres à tirer le meilleur parti des migrants

Reuters22/09/2015 à 11:00

* 4,3 millions d'entrées dans les pays de l'OCDE en 2014 * Les Etats-Unis et l'Allemagne en tête * La crise des réfugiés mobilise toutes les énergies PARIS, 21 septembre (Reuters) - L'OCDE a appelé mardi ses 34 pays membres à élaborer une stratégie politique globale pour tirer le meilleur parti des migrations légales malgré la crise actuelle des réfugiés, la passivité risquant selon l'organisation de nourrir l'inquiétude. Dans son rapport 2015 sur les perspectives des migrations internationales, l'Organisation de coopération et de développement économiques, composée pour l'essentiel de nations riches, explique que le phénomène est en hausse dans la plupart des pays pour la première fois depuis 2007. En 2014, on a compté dans l'OCDE 4.3 millions d'entrées permanentes. L'Union européenne (UE) a reçu autant de migrants permanents venant de l'extérieur de ses frontières que les États-Unis n'ont reçu de migrants en provenance de tous les pays. L'année 2015 s'annonce comme celle d'un nouveau record. L'OCDE note que la crise humanitaire actuelle, qui fera l'objet mercredi d'un sommet européen à Bruxelles, se déroule dans une "période relativement délicate pour l'économie et le marché du travail en Europe, ainsi que dans un contexte de lutte mondiale contre le terrorisme". "L'inquiétude suscitée par les questions de migration atteint des sommets et les sentiments anti-immigrés se propagent", explique l'organisation. Les experts de l'OCDE notent que la majeure partie des ressources - capital politique, personnel des administrations, énergie et attention des décideurs - est actuellement consacrée à la crise humanitaire et insistent sur le fait qu'il ne faut pas perdre de vue la gestion des migrations légales. "L'essentiel des migrations vers l'Europe et l'OCDE s'effectue toujours par des voies légales bien gérées", ajoute le rapport, qui prône notamment des efforts pour l'intégration afin de tirer le meilleur parti des talents étrangers. LA FRANCE A LA QUATRIÈME PLACE Dans le total de 4,3 millions d'"entrées" dans l'OCDE en 2014, on compte 35% de migrations familiales, 8,2% de migrants humanitaires obtenant un permis de séjour permanent. La libre-circulation dans certaines zones, comme l'UE, concerne 30% des personnes (30%) et le travail 14%. La France y figure à la quatrième place (chiffres 2013) avec 259.800 migrants (+26% par rapport à 2007), derrière les Etats-Unis (989.000, -6%), l'Allemagne (468.800, plus 101%) et le Royaume-Uni (291.000, moins 15%). (voir ID:nL5N11R3C1 ) Dans les pays de l'OCDE, la population née à l'étranger représentait 117 millions de personnes en 2013, soit 35 millions de plus qu'en 2000 (+40%), pour une population totale de 1,25 milliard dans les 34 pays. "Le solde migratoire fut et reste le principal moteur de la croissance démographique de nombreux pays de l'OCDE, vu que les flux migratoires internationaux se sont intensifiés et que le taux d'accroissement naturel a diminué", dit le rapport. Dans la zone OCDE, un nouvel immigré sur dix est chinois et 4.4% sont originaires d'Inde. La Roumanie et la Pologne se classent deuxième et troisième avec respectivement 5.5% et 5.3% des entrées globales dans les pays de l'OCDE. Les demandes d'asile dans la zone OCDE ont augmenté de 46% en 2014, dépassant 800.000 pour la première fois depuis le début des années 90 et les données préliminaires pour 2015 annoncent un record, principalement à destination de l'Allemagne, des États-Unis, de la Turquie, de la Suède et de l'Italie. La France est seulement sixième, après avoir longtemps été un des trois principaux pays de destination des demandeurs. Au cours des six premiers mois de 2015, environ 137.000 personnes ont débarqué sur les côtes grecques, italiennes, maltaises et espagnoles, ce qui correspond à une hausse de 83% par rapport aux 75.000 observées sur la même période de 2014. "Le fait que ces arrivées ne comportent pas seulement des réfugiés potentiels, mais aussi des migrants qui n'ont pas toujours un besoin de protection avéré ajoute une pression supplémentaire", estime l'organisation basée à Paris. (Yves Clarisse, édité par Grégory Blachier)

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