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L'hôtellerie parisienne se prépare à des mois difficiles

Reuters02/12/2015 à 19:36
    * La COP21 dope les taux d'occupation 
    * Chute de 50% du CA attendue dans le haut de gamme en 
décembre 
    * La baisse de fréquentation devrait durer plusieurs mois 
 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 2 décembre (Reuters) - L'hôtellerie parisienne, 
plombée par les attentats du 13 novembre, se prépare à des mois 
difficiles après une courte embellie permise par la conférence 
des Nations unies sur le climat (COP21). 
    Après une chute brutale de chiffre d'affaires, comprise 
entre 30% et 40% dans les jours qui ont suivi les attaques de 
Paris, selon les chiffres de l'Union des métiers de l'industrie 
hôtelière (UMIH), le secteur a repris des couleurs grâce à 
l'accueil de quelque 40.000 personnes venues participer à la 
conférence du Bourget. 
    "Paris profite d'une embellie grâce à la COP21, qui masque 
des tendances négatives", commente Georges Panayotis, président 
du cabinet spécialisé MKG Group, interrogé par Reuters. 
    Le revenu par chambre disponible (Revpar), indicateur clé de 
l'activité hôtelière permettant de comparer les performances 
d'établissements de taille différente, était ainsi en hausse de 
22% trois jours après le début de la conférence, par rapport à 
la même période de l'an dernier. 
    Cette hausse de la fréquentation a surtout profité aux 
chaînes et aux établissements haut de gamme, fréquentés par les 
délégations officielles des chefs d'Etat, tandis que les hôtels 
indépendants ont continué à souffrir. 
    "C'est très difficile pour les indépendants, plus exposés au 
loisir qu'au voyage d'affaires", note Georges Panayotis. 
    Hormis la bouffée d'oxygène apportée par la COP21, les 
perspectives restent sombres pour l'hôtellerie de la capitale, 
victime d'une chute du tourisme. 
    Le PDG d'AccorHotels  ACCP.PA  Sébastien Bazin a évoqué un 
"impact économique réel" et un "trou d'air" qui pourrait prendre 
jusqu'à quatre mois pour se résorber.  ID:nL8N13R0MX  
    Dans l'hôtellerie haut de gamme et les palaces, le chiffre 
d'affaires a chuté de 35% au mois de novembre et l'activité 
devrait plonger de 40% à 50% en décembre, selon Didier Le 
Calvez, dirigeant de la branche "prestige" de l'UMIH et PDG du 
Bristol. 
    "Nous n'avons vendu que 40% à 50% de nos chambres pour les 
fêtes de fin d'année, alors qu'en période normale, nous devrions 
être à 80% ou 90%", commente-t-il.    
     
    "ETAT DE GUERRE"     
    Le secteur traverse une situation de crise, qui devrait 
selon lui, sauf nouvel événement dramatique, durer encore 
quelques mois avant de revenir à la normale. 
    "Les clients n'ont pas envie, et c'est légitime, de venir 
dans un pays décrit comme étant en état de guerre", ajoute-t-il. 
    Les affaires devraient rester "très très calmes" pendant les 
trois ou quatre mois à venir, estime Didier Le Calvez, disant 
avoir "des signes de frémissement" pour mars-avril 2016 
seulement. 
    L'hôtellerie de luxe est encore plus touchée que les autres 
segments du secteur, la clientèle internationale constituant 
plus de 80% de la fréquentation des palaces parisiens comme le 
Bristol, le Georges V ou le Plaza Athénée. 
    AccorHotels a quant à lui constaté une baisse des 
réservations de dernière minute pour la deuxième quinzaine de 
décembre qui restent "peu nombreuses" par rapport à l'an 
dernier. 
    Relativement épargnée, l'hôtellerie de province voit son 
Revpar progresser de 4% depuis les attentats, selon MKG Group. 
    Pour venir en aide aux petites et moyennes entreprises dont 
l'activité subit de plein fouet les attentats du 13 novembre, 
les pouvoirs publics envisagent de leur octroyer des reports de  
paiement en matière fiscale et sociale.  ID:nL8N13I4GO  
    Dans la restauration, à Paris et en Ile-de-France, la chute 
du chiffre d'affaires atteignait en fin de semaine dernière 35% 
à 40% par rapport à la même période de l'an dernier, selon 
l'UMIH.  
       
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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