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L'Etat islamique dit avoir exécuté un deuxième otage américain

Reuters03/09/2014 à 03:10

* La famille de Steven Sotloff pleure une "horrible tragédie" * Le bourreau semble le même que celui de James Foley * Les services US tentent d'authentifier la vidéo * L'Etat islamique menace un otage britannique (Avec réactions) par William Maclean DUBAI, 2 septembre (Reuters) - L'Etat islamique a annoncé mardi et diffusé les images de la décapitation du journaliste américain Steven Sotloff, deux semaines après l'exécution de son confrère James Foley, rapporte le centre américain SITE de veille des sites islamistes. Steven Sotloff, un journaliste indépendant, avait été enlevé en août 2013 dans le nord de la Syrie. A Washington, la Maison blanche a dit procéder à des vérifications afin d'authentifier l'enregistrement, mais des sources américaines ont dit n'avoir guère de doute sur sa véracité. La famille du journaliste considère pour sa part que la vidéo est authentique. "La famille est au courant de cette horrible tragédie et pleure ce décès dans l'intimité. Elle ne fera pas de déclaration publique dans ce moment difficile", a dit leur porte-parole, Barak Barfi. Sur la vidéo de la première décapitation, celle de James Foley, diffusée le 19 août, les djihadistes de l'Etat islamique avaient menacé d'exécuter Sotloff. "La vie de ce citoyen américain, Obama, dépend de ta prochaine décision", prévenait le bourreau, le visage masqué par une cagoule. Sur l'enregistrement de la décapitation de Steven Sotloff, réalisé dans des conditions similaires sur fond de désert, un homme cagoulé, a priori le même - il a le même accent britannique -, menace cette fois d'exécuter un troisième otage, un Britannique présenté sous le nom de David Haines, et met en garde les Etats contre tout soutien à "l'alliance diabolique de l'Amérique contre l'Etat islamique". Les djihadistes justifient l'exécution de leurs otages comme autant de représailles aux frappes aériennes menées depuis le 8 août par les Etats-Unis contre les combattants djihadistes sunnites dans le nord de l'Irak. "Je suis de retour, Obama, et je suis de retour en raison de ta politique étrangère arrogante envers l'Etat islamique, en raison de ton entêtement à poursuivre tes bombardements à Amerli, Zoumar et sur le barrage de Mossoul, en dépit de nos sérieuses mises en garde", prévient le bourreau de Sotloff en évoquant des secteurs repris récemment aux djihadistes par l'armée irakienne et les combattants kurdes avec l'aide de l'aviation américaine. "Tout comme tes missiles continueront à frapper notre peuple, notre couteau continuera à frapper les nuques de ton peuple", ajoute-t-il. "RÉPUGNANT ET ABJECT", DIT DAVID CAMERON A Washington, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche a déclaré que les services de renseignement s'affairaient à vérifier l'authenticité de la vidéo. "Si elle est authentique, nous sommes horrifiés par le meurtre brutal d'un journaliste américain innocent et adressons nos plus profondes condoléances à sa famille et ses amis", a ajouté Bernadette Meehan. Le Premier ministre britannique, David Cameron, dont les services s'efforcent d'identifier le bourreau apparemment britannique des deux journalistes, a condamné, s'il est avéré, "un acte absolument répugnant et abject". François Hollande a lui aussi condamné, si elle était confirmée, une "exécution abominable" et un "acte barbare" qui "révèle la nature ignoble de cette organisation djihadiste qui met en cause les libertés et ne connaît que la terreur". Son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a dénoncé "un crime abominable". "C'est une nouvelle illustration de la barbarie sans limite de ce califat de la terreur qui doit être combattu avec la plus grande détermination", a-t-il dit dans un communiqué. Le ministre irakien sortant des Affaires étrangères, Hochiar Zebari, a condamné un "exemple de sauvagerie" qui, a-t-il ajouté, démontre la nécessité d'en finir avec l'Etat islamique. "Nous avons un ennemi commun et le monde entier est en train de s'orienter dans la même direction pour faire cesser cette sauvagerie et cette brutalité, le monde entier est uni contre l'Etat islamique qui doit être vaincu pour que ces scènes horribles ne se reproduisent pas", a-t-il dit. Sami Askari, un responsable chiite proche du Premier ministre sortant Nouri al Maliki, a estimé que l'Etat islamique "essayait d'effrayer les Américains afin qu'ils n'interviennent pas". "Je ne crois pas que cela effraiera Washington", a-t-il jugé. L'ÉTAT ISLAMIQUE EN DIFFICULTÉ SUR LE TERRAIN Le 27 août dernier, la mère du journaliste, Shirley Sotloff, s'était adressée directement au chef de l'Etat islamique, Abou Bakr al Bagdadi, dans un message vidéo, pour demander sa libération. Steven Sotloff, qui travaillait notamment pour l'hebdomadaire Time, avait couvert en 2012 les troubles en Libye avant de se rendre en Syrie. "Il a donné sa vie pour que nos lecteurs aient accès aux informations de certains endroits parmi les plus dangereux de la planète", a commenté la directrice de Time, Nancy Gibbs. Une personne en lien avec l'Etat islamique dans la province de Diyala, au nord de Bagdad, a déclaré que le groupe radical islamiste avait beaucoup souffert des frappes américaines, avant l'exécution filmée de James Foley et la vidéo macabre de la décapitation d'un combattant kurde. "La défaite de l'Etat islamique dans la bataille du barrage de Mossoul a contribué à dégonfler le moral des combattants et les frappes américaines sont également parvenues à restreindre leurs opérations sur le terrain", a dit cet homme sous le sceau de l'anonymat. "L'initiative n'est plus du côté de l'Etat islamique, elle est maintenant du côté de son ennemi", a-t-il ajouté. (avec Mark Hosenhall à Washington, Andrew Osborn à Londres et Ned Parker à Bagdad; Jean-Stéphane Brosse, Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

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