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L'équipe de Marine Le Pen dénonce des pressions sur les maires
Reuters19/01/2012 à 20:58

L'ÉQUIPE DE MARINE LE PEN DÉNONCE DES PRESSIONS SUR LES MAIRES

PARIS (Reuters) - L'équipe de Marine Le Pen dénonce les pressions exercées sur les élus qui voudraient parrainer la candidate du Front national en vue de l'élection présidentielle et appelle le gouvernement à sanctuariser le système des parrainages.

La présidente du FN a dépassé à ce jour les 300 promesses de signatures, mais reste loin des 500 requises pour pouvoir se présenter au premier tour du scrutin, le 22 avril, a déclaré jeudi Louis Aliot, le numéro 2 du parti.

"Nous sommes au-dessus de 300 mais nous n'avons pas les 500", a-t-il dit à Reuters.

Des élus de l'UMP mais aussi du PS dénoncent une mise en scène de Marine Le Pen pour se poser en victime.

"On assiste systématiquement à la même mise en scène: le Front national, sa pièce préférée, c'est la victimisation. On sait très bien qu'il aura ses 500 signatures comme à chaque fois depuis 1988", a déclaré Jean-Pierre Bel, président socialiste du Sénat, lors de ses voeux à la presse.

Christian Jacob, président du groupe UMP de l'Assemblée, voit dans les cris d'alarme de Marine Le Pen "un moyen de communication".

"A chaque élection présidentielle, le Front national nous fait le même chantage et, de toute façon, les 500 signatures, ils les ont toujours eues. C'est à chaque fois le même numéro", a-t-il dit mercredi aux journalistes.

Louis Aliot assure que la situation est sérieuse et impute les problèmes dans la collecte des signatures d'élus au dispositif prévoyant la diffusion publique des listes des parrains et aux pressions exercées contre les élus.

De nombreux maires ayant parrainé le FN en 2002 ou 2007 refusent aujourd'hui de donner leur signature au parti d'extrême droite, révèle jeudi Mediapart.

Seuls 16 des cinquante élus interviewés par le site d'informations se disent prêts à parrainer le Front national cette année, se plaignant d'avoir été victimes de "remarques", de "menaces de mort", de "représailles", ou encore "d'insultes" de la part d'élus de gauche.

"Il est quand même inadmissible, dans une démocratie comme la nôtre, que des élus de la République soient menacés sans que les autres autorités publiques, président de la République, Premier ministre, président de l'Assemblée, ne condamnent cette chose-là et ne disent publiquement que Marine Le Pen avec plus de 20% des voix devrait être candidate", dit Louis Aliot.

"CONDAMNATION CLAIRE"

Selon le vice-président du FN, les maires ont été "sensibles" aux déclarations du candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin, et du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, jugeant indispensable la présence de Marine Le Pen au premier tour.

"Mais ce n'est pas assez. Il faut une condamnation claire, nette, précise de toutes les pressions qui peuvent s'exercer sur les maires", insiste-t-il.

"Toute personne qui émettrait des réserves ou qui ferait pression sur ces maires devrait être poursuivie dans les tribunaux par les pouvoirs publics."

Marine Le Pen réclame l'anonymat pour les élus qui parrainent les candidats à la présidentielle, et dont la publication des noms au Journal officiel est prévue par la loi depuis 1976. Une demande rejetée par le Premier ministre, François Fillon, en novembre.

La présidente du FN a depuis déposé un recours devant le Conseil d'Etat et une question prioritaire de constitutionnalité.

A l'exception de 1981, où il n'a pas pu se présenter, Jean-Marie Le Pen a toujours fini par décrocher les fameux parrainages. Mais le politologue Stéphane Rozès estimait récemment que les difficultés rencontrées par le FN n'étaient peut-être pas, cette fois-ci, pure communication de la part du parti d'extrême droite.

Louis Aliot appelle donc à "sanctuariser" le système des parrainages qui est selon lui "un choix neutre, totalement indépendant d'un soutien politique".

"Il faut en quelque sorte sanctuariser cette présentation pour la mettre à l'abri des pressions politiques", dit-il.

Pour Louis Aliot, le phénomène dépasse le Front national, et concerne d'autres candidats à la présidentielle, parmi lesquels la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, ou encore le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Chine Labbé, édité par Gérard Bon

1 commentaire

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  • laquitta
    19 janvier20:20

    si le FN n'a pas ses 500 parrainages, je voterai quand même M.LE PEN pour le principe de démocratie, et pourtant je n'apprecie pas particulierement ce parti. Mais 20% de la population qui n'auraient pas le droit de s'exprimer serait un deni de démocratie. Il est vrai que le deni de démocratie nos élus connaissent.

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