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L'Ecosse demande un nouveau référendum d'indépendance

Reuters14/03/2017 à 00:39
 (Actualisé avec rejet possible de May) 
    par Elisabeth O'Leary 
    EDIMBOURG, 13 mars (Reuters) - La Première ministre du 
gouvernement autonome écossais, Nicola Sturgeon, s'est prononcée 
lundi en faveur d'un nouveau référendum sur l'indépendance. Elle 
a estimé que l'attitude du gouvernement britannique de Theresa 
May sur le Brexit ne lui laissait pas d'autre option. 
    De son côté, la Première ministre britannique, Theresa May, 
s'apprêterait à rejeter ce projet d'un nouveau référendum dans 
les deux ans, rapporte lundi The Times, citant une source 
gouvernementale. 
    "La Première ministre a dit que cela signifierait qu'un 
scrutin serait organisé alors même qu'elle serait en train de 
négocier le Brexit et je pense qu'il faut comprendre cela comme 
un message selon lequel ce calendrier est tout à fait 
inacceptable", a dit la source au quotidien. "Ce serait 
irresponsable de l'accepter et nous ne le ferons pas." 
    S'exprimant devant le Parlement d'Edimbourg, la chef de file 
du Parti national écossais (SNP) a dit espérer que cette 
nouvelle consultation, si elle doit avoir lieu, serait organisée 
entre l'automne 2018 et le printemps 2019, lorsque les 
conditions d'une sortie de l'UE auront été clarifiées. 
    "Si l'Ecosse doit avoir un choix véritable - c'est-à-dire 
lorsque les termes du Brexit seront connus mais avant qu'il ne 
soit trop tard pour choisir notre propre voie -, alors ce choix 
doit être proposé entre l'automne de l'année prochaine, 2018, et 
le printemps 2019", a-t-elle dit à la presse. 
    Consultés en septembre 2014, les Écossais avaient rejeté à 
55% la voie de la sécession, mais les nationalistes du SNP 
estiment que la perspective du Brexit a changé la donne. 
    Tandis que les électeurs du Royaume-Uni votaient globalement 
en faveur d'une sortie de l'Union européenne lors du référendum 
du 23 juin dernier, les Écossais ont choisi à 62% le maintien 
dans l'UE et redoutent à présent les effets de ce divorce sur 
leur économie. 
    Les derniers sondages sur la question montrent que le 
sentiment indépendantiste s'est amplifié depuis que Theresa May 
a annoncé que le Royaume-Uni ne quitterait pas seulement l'UE 
mais aussi le marché unique et peut-être l'union douanière.  
    Une enquête publiée la semaine dernière témoignait d'une 
hausse du vote sécessionniste, qui frôle les 50%.  
    Lors de sa conférence de presse, Nicola Sturgeon s'est dite 
"absolument" convaincue de la possibilité d'une victoire du 
"oui". 
    Nicola Sturgeon, qui réclamait que l'Ecosse soit autorisée à 
négocier son propre accord avec les Européens, a déclaré lundi 
que ses efforts s'étaient heurtés à un "mur de briques" à 
Londres et que le gouvernement May n'avait pas "bougé d'un iota" 
sur la voie d'un éventuel compromis. 
    Tout en assurant que la "porte reste ouverte" à un dialogue 
avec Londres, la Première ministre écossaise a ajouté ne pas 
s'attendre à un compromis étant donné la "réponse 
intransigeante" obtenue jusqu'ici par Edimbourg. 
     
    DIVISION ET INCERTITUDE 
    Un porte-parole du gouvernement a estimé qu'un référendum 
écossais serait "une source de division" et provoquerait "une 
grande incertitude économique au plus mauvais moment".  
    Début mars, Theresa May avait déjà dénoncé l'"obsession" de 
Nicola Sturgeon pour l'indépendance.   
    "Nicola Sturgeon a choisi aujourd'hui la voie d'une division 
et d'une incertitude supplémentaires", a dénoncé Ruth Davidson, 
la chef de file du Parti conservateur écossais, deuxième force 
politique au Parlement d'Edimbourg. 
    Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a déclaré que 
le Labour ferait campagne contre l'indépendance en cas de 
référendum.  
    Si le gouvernement Sturgeon présente unilatéralement un 
projet de loi référendaire au Parlement écossais, il risque 
d'être exposé à des recours en justice, le Parlement national 
britannique étant souverain et seul habilité à trancher sur des 
questions constitutionnelles.   
    Après accord avec Edimbourg, le gouvernement britannique 
pourrait cependant temporairement transférer les prérogatives de 
Westminster au Parlement écossais, ce qui rendrait légal le 
projet de loi adopté à Edimbourg, comme ce fut le cas en 2014. 
    De nombreux commentateurs pensent que Theresa May donnera à 
nouveau le feu vert du gouvernement afin de ne pas s'opposer à 
la volonté du peuple écossais tel qu'il est représenté au 
Parlement d'Edimbourg. 
    Ce qui pourrait en revanche être débattu entre Londres et 
Edimbourg est le calendrier. Le gouvernement écossais devrait 
s'employer à organiser le référendum dans le délai des deux ans 
de négociations prévues entre Londres et l'UE sur le Brexit, 
afin de préserver ses chances de maintien dans l'Union.  
    Theresa May doit déclencher la procédure du Brexit avant la 
fin mars.  
    Si le Parlement écossais votait en faveur de l'indépendance 
sans le consentement de Westminster, la loi référendaire serait 
probablement contestée en justice, jusqu'à la Cour suprême, ce 
qui provoquerait une crise constitutionnelle.  
    L'Ecosse pourrait tout aussi bien choisir d'organiser une 
consultation informelle pour faire pression sur le gouvernement, 
comme l'a fait la Catalogne en 2014.   
 
 (Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 

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