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L'automobile, nouveau champ de bataille commercial de Trump
information fournie par Reuters 24/05/2018 à 07:31

L'AUTOMOBILE, NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE COMMERCIAL DE TRUMP

L'AUTOMOBILE, NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE COMMERCIAL DE TRUMP

par David Shepardson et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - L'administration Trump a ouvert mercredi soir une enquête sur les importations de voitures, de camions et de pièces détachées aux Etats-Unis, une initiative susceptible de déboucher sur l'imposition de droits de douane.

Dans un communiqué, le président américain souligne que "les industries de base que sont l'automobile et les pièces détachées sont cruciales pour la force de notre nation".

Donald Trump ajoute que cette enquête dans le cadre de la section 232 d'une loi de 1962 sur le commerce devra déterminer si les importations automobiles ont un impact sur la sécurité nationale des Etats-Unis.

Le même cadre, qui autorise le mise en place de protections commerciales au nom de la "sécurité nationale" des Etats-Unis, a servi en mars dernier pour justifier l'imposition de droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium.

"J'ai donné instruction au secrétaire (Wilbur) Ross d'envisager de lancer une enquête 'Section 232' sur les importations d'automobiles, y compris de camions, et de pièces détachées pour déterminer leurs effets sur la sécurité nationale de l'Amérique", écrit Trump dans un communiqué diffusé après un entretien avec Ross.

Aussitôt après, le département américain du Commerce a confirmé que l'enquête était ouverte.

"Des éléments laissent à penser que, depuis des décennies, les importations ont affaibli notre industrie automobile", écrit Wilbur Ross dans un communiqué. "Le département du Commerce va mener une enquête détaillée, équitable et transparente pour déterminer si ces importations affaiblissent notre économie intérieure et pourraient nuire à la sécurité nationale."

Les gouvernements japonais, chinois et sud-coréen ont déclaré qu'ils suivaient la situation avec attention, et Pékin, qui voit de plus en plus dans les Etats-Unis un marché automobile à conquérir, a fait savoir qu'il défendrait ses propres intérêts.

"La Chine s'oppose aux clauses sur la sécurité nationale, qui vont nuire fortement au commerce multilatéral et perturber l'ordre commercial international normal", a dit Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce, jeudi lors d'un point de presse à Pékin.

Donald Trump pourrait imposer des droits de douane de l'ordre de 20 ou 25% sur les voitures importées, selon un responsable de son administration et trois représentants du secteur automobile informés de ce projet qui avaient confirmé auprès de Reuters une information dévoilée par le Wall Street Journal.

Avant son annonce, Donald Trump avait pour sa part promis sur Twitter une "grande nouvelle prochainement pour nos formidables ouvriers américains de l'automobile". "Après de nombreuses décennies d'emplois délocalisés vers d'autres pays, vous avez suffisamment attendu", avait ajouté le président américain.

Le projet de taxation des importations automobiles est encore au stade de l'ébauche et risque de se heurter à une forte hostilité de la part des partenaires commerciaux des Etats-Unis mais aussi des concessionnaires américains de véhicules importés.

NOUVEAU FRONT

Il ouvre un nouveau front dans le combat commercial que Trump mène au nom de l'"America First" pour ramener sur le sol américain des emplois délocalisés.

En plus des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium, le président républicain a également lancé une renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena) en place depuis 1994 avec le Canada et le Mexique et menacé la Chine de représailles commerciales.

Selon les sources contactées par Reuters, Trump a informé les représentants de l'industrie de l'automobile de son projet lors d'une réunion qui s'est tenue le 11 mai à la Maison blanche. Le président américain, ajoutent ces sources, a spécifiquement critiqué les constructeurs automobiles allemands.

En mars dernier, Trump avait mis en garde les Européens: "Si l'UE veut augmenter encore les énormes taxes et barrières douanières imposés aux compagnies US qui y font du business, alors nous appliquerons une Taxe sur leurs Automobiles qui inondent librement les Etats-Unis", avait-il écrit sur Twitter.

Les titres General Motors et Ford ont pris respectivement 0,6% et 0,9% après la clôture à Wall Street alors que le titre coté à New York de Fiat Chrysler Automobile (FCA) a perdu 2%.

L'an dernier, 12 millions de voitures et poids-lourds ont été fabriqués aux Etats-Unis. La même année, les Etats-Unis ont importé 8,3 millions de véhicules pour une valeur totale de 192 milliards de dollars (environ 165 milliards d'euros). Dans le détail, 2,4 millions ont été importés du Mexique, 1,8 million du Canada, 1,7 million du Japon, 930.000 de Corée du Sud et 500.000 d'Allemagne.

Dans le même temps, les Etats-Unis ont exporté deux millions de véhicules pour une valeur totale de 57 milliards de dollars (49 milliards d'euros).

Au mois de mars, la Fédération allemande des constructeurs automobiles (VDA) avait réclamé que tout soit fait pour éviter une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe. "Une telle guerre commerciale ne ferait que des perdants de part et d'autre", ajoutait la VDA.

Les Etats-Unis sont, derrière la Chine, le deuxième marché d'exportation des constructeurs allemands. Les groupes Volkswagen, Daimler et BMW disposent tous d'usines d'assemblage sur le territoire des Etats-Unis.

(avec Eric Beech; Bertrand Boucey, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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