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L'Arabie saoudite constate l'échec de la Ligue arabe en Syrie

Reuters22/01/2012 à 21:59

L'ARABIE SAOUDITE RETIRE SES OBSERVATEURS DE SYRIE

par Tom Pfeiffer et Ayman Samir

LE CAIRE (Reuters) - L'Arabie saoudite a annoncé dimanche le retrait de ses observateurs en Syrie en raison de l'échec de la mission de la Ligue arabe dans ce pays et appelé la communauté internationale à exercer "toute la pression possible" sur Damas.

"Mon pays retirera ses observateurs car le gouvernement syrien n'a appliqué aucun des éléments du plan de règlement arabe", a déclaré le prince Saoud al Fayçal, ministre des Affaires étrangères du royaume, lors d'une réunion de la Ligue arabe au Caire consacrée au dossier syrien.

"Nous appelons la communauté internationale à prendre ses responsabilités, et cela inclut nos frères des pays musulmans et nos amis en Russie, en Chine, en Europe et aux Etats-Unis", a ajouté le chef de la diplomatie saoudienne.

Il a souhaité que "toutes les pressions possibles" soient exercées sur le régime syrien afin qu'il mette en oeuvre le plan de sortie de crise élaboré par la Ligue arabe.

Le secrétaire général de l'organisation panarabe, Nabil Elaraby, a de son côté recommandé dimanche aux ministres des Affaires étrangères arabes de prolonger d'un mois la mission d'observation de la Ligue en élargissant son mandat et en lui accordant davantage de soutien technique.

Mais l'intervention de l'Arabie saoudite montre que l'extension d'une mission que l'opposition syrienne a qualifiée d'impuissante ne suffira pas à satisfaire les 22 membres de l'organisation.

Le général soudanais Mohammed al Dabi, chef des observateurs a présenté dimanche aux ministres des Affaires étrangères de la Ligue son rapport de la situation dans le pays où la répression du soulèvement populaire a fait plus de 5.000 morts depuis mi-mars 2011, selon l'Onu.

Face à la poursuite du bain de sang, la Ligue peine à parler d'une seule voix et hésite sur la ligne à adopter à l'égard de Damas.

Le Qatar, ouvertement critique de la répression orchestrée par le gouvernement syrien, a proposé la semaine dernière l'envoi d'une force arabe mais d'autres pays arabes s'inquiètent des risques d'une guerre civile en Syrie et des possibles retombées au niveau régional.

LE CNS VEUT SE TOURNER VERS L'ONU

L'opposition syrienne estime que les quelque 165 observateurs déployés dans le pays permettent avant tout au président Bachar al Assad de gagner du temps, dix mois après le début de la contestation.

Le principal groupe d'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a officiellement demandé à la Ligue arabe de transférer le dossier au Conseil de sécurité des Nations unies.

L'Egypte, l'Algérie et la Tunisie s'opposent à cette idée.

La Russie et la Chine ont opposé le 4 octobre au Conseil de sécurité leur veto à un projet de résolution défendu par les Etats-Unis et leurs alliés européens pour condamner la répression en Syrie.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a invité la Ligue arabe à publier l'intégralité du rapport des observateurs et à exhorter le Conseil de sécurité de l'Onu à adopter des sanctions ciblées, dont un embargo sur les armes, pour mettre fin au bain de sang.

Les observateurs, dont le mandat de la mission a expiré jeudi, devaient vérifier l'application du plan de sortie de crise accepté par Damas en novembre. Ce dernier prévoit la libération des prisonniers politiques, le retrait des chars déployés dans les villes, la fin de la répression et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

Des centaines de morts ont été signalés depuis le début de la mission d'observation.

Le président Assad impute les violences à un "complot terroriste" ourdi de l'étranger et fait état de 2.000 policiers et soldats tués depuis mars.

Dimanche, selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), trois militaires syriens, un insurgé et deux civils ont été tués dans des affrontements à Talfita, un village de la région de Damas. Des combats se sont également poursuivis à Douma, un village encerclé par l'armée à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale, ajoute l'OSDH.

Marine Pennetier, Guy Kerivel et Hélène Duvigneau pour le service français

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