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Kofi Annan parle d'entretien positif à Damas

Reuters09/07/2012 à 18:17

KOFI ANNAN JUGE POSITIF SON ENTRETIEN AVEC BACHAR AL ASSAD

par Marwan Makdessi

DAMAS (Reuters) - Kofi Annan a dit avoir eu un "entretien positif" lundi à Damas avec le président Bachar al Assad, selon qui l'échec du plan de paix de l'émissaire international pour la Syrie est avant tout imputable à l'ingérence de pays comme la Turquie, l'Arabie saoudite ou les Etats-Unis.

"Je viens juste d'avoir une discussion positive et constructive avec le président Assad", a déclaré le diplomate ghanéen avant de poursuivre ses efforts diplomatiques par une visite à Téhéran.

"Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager avec l'opposition" syrienne, a-t-il dit à la presse.

Kofi Annan a de nouveau insisté sur l'arrêt des violences qui ensanglantent la Syrie depuis près de seize mois, et sur l'importance d'un dialogue entre le régime et ses opposants, deux points clés de son plan de sortie de crise qui n'a pour l'heure jamais été suivi d'effet.

Djihad Makdissi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, a déclaré que Damas avait réaffirmé à Kofi Annan sa volonté d'appliquer le plan en six points en espérant que l'opposition manifesterait le même engagement.

Dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD diffusée dimanche, Bachar al Assad a accusé l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, ainsi que les Etats-Unis, de fournir des armes et un soutien logistique à la rébellion syrienne.

"Nous savons que (Kofi Annan) s'est heurté à un nombre incalculable d'obstacles mais il ne faudrait pas que son plan soit un échec, c'est un très bon plan", a-t-il déclaré.

"Le plus grand obstacle, c'est que beaucoup de pays ne veulent même pas que ce plan réussisse. Ils offrent donc un soutien politique et continuent à fournir des armes et de l'argent aux terroristes en Syrie", a-t-il expliqué, d'après une transcription en allemand d'une interview réalisée en anglais le 5 juillet.

"ON NE PEUT PAS COMPARER"

Le clan Assad, issu de la minorité chiite alaouite, accuse les pétromonarchies sunnites du Golfe de soutenir le soulèvement afin de contrer l'influence de l'Iran chiite dans la région.

Dans la même interview, Bachar al Assad dit ne pas craindre de subir le même sort que son homologue libyen Mouammar Kadhafi, tué en octobre dans les heures suivant sa capture, ou l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, condamné début juin à la prison à vie pour la répression des manifestations de janvier-février 2011.

"Concernant ce qui est arrivé à (Mouammar) Kadhafi, c'est barbare, c'est un crime. Quoi qu'il ait fait, personne dans le monde ne peut accepter ce qui s'est passé, de tuer quelqu'un comme ça", estime le chef de l'Etat syrien.

"Ce qui est arrivé à Moubarak est différent. C'est un procès. Tout citoyen, quand il regarde un procès à la télévision, se dit qu'il n'a pas à se trouver dans cette position là. La réponse est donc : ne faites pas comme lui, ne faites pas comme lui", poursuit Bachar al Assad.

"Mais pour craindre (de subir leur sort), il faut comparer. Est ce que nous avons quelque chose en commun? C'est une situation complètement différente. On ne peut pas comparer. On ne peut pas le redouter, peut-être se sentir désolé ou ressentir de la pitié."

CENT MORTS DIMANCHE

Des militants de l'opposition ont fait état lundi de bombardements de l'armée syrienne et de heurts avec les rebelles à Dair az Zour, Deraa, Homs, Alep et dans un faubourg de Damas. Des habitants de la capitale ont signalé des coups de feu dans la ville.

Selon un site internet de l'opposition, plus de 100 Syriens ont été tués dimanche, en majorité des civils.

Selon l'Onu, la répression des manifestations hostiles au président Bachar al Assad a fait plus de 10.000 morts depuis mi-mars 2011. Le gouvernement syrien impute les violences à des "groupes terroristes armés" soutenus par l'étranger.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé dimanche que les forces d'opposition syriennes montaient en puissance et qu'il était urgent de mettre un terme aux violences pour éviter à l'Etat syrien de subir un "assaut catastrophique".

"Il ne fait aucun doute que l'opposition est de plus en plus efficace pour se défendre et pour passer à l'offensive contre l'armée syrienne et contre les milices du gouvernement syrien. L'avenir (...) devrait donc être parfaitement clair pour ceux qui soutiennent le régime Assad", a déclaré Hillary Clinton, qui s'exprimait au Japon.

"Il n'y a presque plus de sable dans le sablier."

Rami Abdelrahman, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, a déclaré que d'après des témoignages d'habitants de la province de Daïr az Zour, des rebelles ont pour la première fois capturé aux forces gouvernementales un char en état de marche qu'ils utilisent pour attaquer les positions ennemies.

Les insurgés ont gagné en confiance ces dernières semaines, menant des attaques plus audacieuses, certaines à quelques kilomètres seulement du palais présidentiel à Damas.

Avec Erika Solomon; Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français


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