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Jusqu'à 500 millions avec la taxe exilés fiscaux, dit Sarkozy

Reuters13/03/2012 à 22:08

NICOLAS SARKOZY ESTIME QUE SA TAXE "EXILÉS FISCAUX" POURRAIT RAPPORTER 500 MILLIONS D'EUROS

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a estimé mardi que la pénalité fiscale qu'il promet de prélever sur les revenus des capitaux des "exilés fiscaux", s'il est réélu, pourrait rapporter 500 millions d'euros par an à l'Etat français.

Les adversaires du président sortant ont pour leur part qualifié de "supercherie" et de "leurre" sa proposition.

Nicolas Sarkozy, qui brigue un second mandat, a promis lundi soir sur TF1 de taxer les ressortissants français qui s'exilent pour ne pas payer en France d'impôts sur leurs dividendes, intérêts et plus-values.

Cette mesure ne concernera pas les deux millions d'expatriés français installés à l'étranger pour y travailler ou y créer une entreprise, a-t-il cependant pris soin de préciser.

"C'est plus intelligent qu'une taxe de 75% dont on précise deux jours plus tard qu'elle ne rapportera rien et qu'elle a vocation à être symbolique", a-t-il expliqué mardi lors d'un colloque organisé par l'Association française des entreprises privées (AFEP) et Le Monde.

Il faisait allusion à la proposition de son adversaire socialiste François Hollande de créer une tranche supérieure d'imposition à 75% pour les contribuables les plus riches.

"Soixante quinze pour cent, ça pousse les gens à partir. L'impôt sur les exilés ça les pousse à revenir", a ajouté le chef de l'Etat. "La taxe sur les exilés, ça peut rapporter 500 millions d'euros."

Interrogé quelques heures plus tôt en marge du même colloque, François Hollande avait estimé que la proposition de Nicolas Sarkozy était soit "un leurre", si elle ne concernait pas artistes et sportifs, soit une mesure obligeant à renégocier les conventions fiscales avec les pays concernés.

"INDÉCENCE"

"J'ai l'impression qu'il y a une surenchère actuellement", a-t-il ironisé. "J'ai l'impression qu'en ce moment il y a un candidat qui est prêt à tout renégocier, sauf le traité qu'il vient de signer (sur le nouveau pacte budgétaire européen)."

Un traité que François Hollande propose pour sa part de renégocier pour y introduire une dimension relance de la croissance économique, ce qui lui vaut d'être vivement critiqué par Nicolas Sarkozy et ses partisans.

Le directeur de la communication du candidat socialiste, Manuel Valls, a accusé sur Europe 1 d'"indécence" le président sortant. "La supercherie est (...) évidente", a-t-il ajouté.

La candidate écologiste Eva Joly a estimé sur Twitter que si Nicolas Sarkozy voulait trouver des exilés fiscaux, il n'avait qu'à "commencer par consulter son carnet d'adresses".

Pour Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière, Nicolas Sarkozy "se moque du monde parce que toute sa mandature, ses actes, ça a été au contraire de les bichonner, tous ceux-là".

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a fait valoir qu'un impôt lié à la nationalité était incompatible avec les règles actuelles de l'Union européenne, qui prévoient une taxation dans le pays de résidence.

"Le système fiscal français ne sera jamais aussi malin, aussi ingénieux qu'un exilé fiscal", a-t-il dit sur RTL.

Seul le candidat du Front de Gauche s'est réjoui de voir Nicolas Sarkozy reprendre une de ses propositions.

"Je triomphe !" écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. "Nos idées sont désormais au centre du débat et des solutions quand il s'agit d'avoir de l'audace et d'organiser le partage des richesses".

"PATRIOTISME FISCAL"

Le camp de Nicolas Sarkozy défend pour sa part une proposition qu'il qualifie de "patriotisme fiscal", tout en rejetant les accusations de surenchère.

"Il y a une différence majeure entre François Hollande et Nicolas Sarkozy", a ainsi expliqué à Reuters Guillaume Peltier, secrétaire national de l'UMP et membre de l'équipe de campagne du président sortant.

"François Hollande veut faire fuir les riches (...) alors que Nicolas Sarkozy veut faire rester les riches qui ont une attitude responsable et investissent, et sanctionner ceux qui contournent la fiscalité française", a-t-il ajouté.

Il récuse aussi l'idée que cette proposition soit contraire aux règles communautaires européennes.

"A partir du moment où cela respecte le plafond de la fiscalité du pays d'origine, il n'y a pas d'entorse aux règles européennes", explique Guillaume Peltier.

"Cette mesure est tout à fait compatible avec le droit communautaire parce qu'elle ne constitue en aucun cas une entrave à la liberté d'installation (à l'étranger)", renchérit-on au QG de campagne du président-candidat.

Les proches de Nicolas Sarkozy conviennent qu'il faudra sans doute renégocier des conventions fiscales avec un nombre limité de pays - essentiellement une poignée de pays limitrophes de la France comme la Belgique, le Luxembourg et la Suisse.

"Est-ce grave ? Bien sûr que non. Des conventions fiscales, on en renégocie tout le temps", dit-on de même source.

Chine Labbé et Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet


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