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Journaliste tuée en Irlande du Nord: l'appel pour "construire la paix" à ses funérailles
AFP24/04/2019 à 18:46

La compagne de Lyra McKee, Sara Canning, accompagne le cercueil de la journaliste tuée sous les balles d'un groupe dissident Nouvelle IRA, à la sortie de la cathédrale Sainte Anne à Belfast, le 24 avril 2019 ( AFP / Paul Faith )

Une foule de responsables politiques et d'anonymes a assisté mercredi à Belfast aux funérailles de la journaliste Lyra McKee, tuée sous les balles du groupe dissident Nouvelle IRA, une cérémonie pour "construire la paix" en Irlande du Nord.

Sur le parvis de la cathédrale St. Anne, l'arrivée du cercueil a été saluée d'une salve d'applaudissements par les centaines de personnes venues rendre hommage à la jeune femme de 29 ans et qui n'ont pas pu entrer, faute de place. Certaines arboraient des tee-shirts à l'effigie des personnages de Marvel et de la saga littéraire Harry Potter. "Je sais qu'elle aurait adoré ça", avait assuré la compagne de Lyra Mckee, Sara Canning.

A l'intérieur, certains adversaires politiques se sont installés côte à côte, notamment la cheffe du parti unioniste nord-irlandais DUP, Arlene Foster, et celle du parti nationaliste irlandais Sinn Fein, Mary Lou McDonald. La Première ministre britannique Theresa May, qui a séché la séance hebdomadaire de questions au parlement pour se rendre à Belfast, a exprimé ses condoléances aux proches de Lyra McKee au début de la cérémonie, à laquelle ont également assisté le leader travailliste Jeremy Corbyn, ou le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, ainsi que des représentants de l'ensemble des partis politiques d'Irlande du Nord.

(g-d): le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, la Première ministre britannique Theresa May et le président irlandais Michael D Higgins aux funérailles de la journaliste Lyra McKee, le 24 avril 2019 à Belfast ( POOL/AFP / Brian Lawless )

"Beaucoup d'entre nous prieront pour que la mort de Lyra ne soit pas vaine, et qu'elle contribue à construire la paix ici", a déclaré le prêtre catholique Martin Magill, appelant de ses voeux un "nouveau départ" pour la société nord-irlandaise.

Il a invité "tous ceux qui ont une part de responsabilité" dans sa disparition à "prendre le chemin de la non-violence", et les responsables politiques nord-irlandais à rouvrir leurs discussions, alors que la province est sans gouvernement depuis janvier 2017.

La cérémonie a également été marquée par les hommages rendus à Lyra McKee par sa soeur, Nichola Corner, et par son ami Stephen Lusty, qui a décrit une jeune femme "intelligente, gentille, passionnée, fougueuse, généreuse, drôle et sincèrement compatissante". Il a fait rire l'audience en dévoilant plusieurs anecdotes au sujet de la jeune femme présentée en punk "New age", avant de révéler qu'elle prévoyait de demander en mariage sa compagne au mois de mai.

- Souvenir des "Troubles" -

La foule salue le passage du cercueil de la journaliste Lyra McKee tuée par le groupe dissident Nouvelle IRA, le 24 avril 2019 à Belfast, en Irlande du Nord ( AFP / Paul Faith )

Selon la police d'Irlande du Nord (PSNI), Lyra McKee a été mortellement blessée par un homme qui a ouvert le feu contre des policiers qui intervenaient dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier catholique de Creggan, à Londonderry, une ville située sur la frontière irlandaise. Deux jeunes hommes interpellés samedi et une femme interpellée mardi dans le cadre de l'enquête sur ce meurtre ont été relâchés sans poursuite.

Un groupe républicain dissident, la Nouvelle IRA, a reconnu mardi sa responsabilité dans la mort de la jeune femme, expliquant qu'elle se tenait "à côté des forces ennemies". Il a adressé "ses sincères et entières excuses" à ses proches.

Sa mort a ravivé le sombre souvenir des "Troubles" qui ont déchiré la province britannique d'Irlande du Nord entre la fin des années 1960 et la fin des années 1990.

Ces violences opposant républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l'Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique, avaient fait quelque 3.500 morts avant de prendre fin à Pâques 1998. L'accord du Vendredi saint avait alors imposé un retrait des forces britanniques et le désarmement de l'Armée républicaine irlandaise (IRA).

Mais des républicains dissidents, luttant pour la réunification de l'Irlande par les armes, comme le groupe Nouvelle IRA, créé en 2012, restent actifs.

La mort de Lyra McKee a également été évoquée au parlement britannique mercredi, en relation avec le Brexit, alors que les députés cherchent toujours une solution pour éviter le retour d'infrastructures physiques de contrôle le long de la frontière avec la république d'Irlande.

"Je ne pense pas que ces meurtriers soient motivés par des réflexions sur la frontière ou les arrangements douaniers, aussi importants ces sujets soient-ils", lui a rétorqué David Lidington, le numéro deux du gouvernement conservateur.

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