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Imbroglio sur les offres de reprise de Petroplus France

Reuters06/02/2013 à 21:13

LES OFFRES POUR PETROPLUS DOIVENT ÊTRE COMPLÉTÉES D'ICI LE 16 AVRIL

PARIS/ROUEN, Seine-Maritime (Reuters) - Les 470 salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) devront attendre deux mois de plus avant d'être fixés sur leur sort, qui reste incertain tant la confusion règne sur l'existence d'offres sérieuses de reprise.

Les candidats à la reprise du site ont désormais jusqu'au 16 avril, date de l'arrêt d'activité de la raffinerie, pour déposer des offres complètes, les administrateurs provisoires du site disant n'avoir reçu que cinq "manifestations d'intérêt".

"Aucun des dossiers déposés ne constitue (...) une offre susceptible d'être présentée au tribunal dans l'objectif d'un plan de cession", disent-ils dans un communiqué publié mercredi.

Arnaud Montebourg, qui avait évoqué mardi "cinq offres formellement déposées", est resté mercredi optimiste, maintenant le terme "offres", dont deux "sérieuses" malgré les doutes.

"Nous sommes aujourd'hui parfaitement confiants", a déclaré le ministre du Redressement productif à des journalistes dans les couloirs de l'Assemblée. "Ce sont des offres pour deux d'entre elles, sur les six qui ont été déposées, qui sont sérieuses, qui sont crédibles, financées, qui demandent à être finalisées. C'est ce que nous sommes en train de faire."

Les deux offres "sérieuses" émanent selon le ministre des sociétés suisse Terrae et égyptienne Arabiyya Lel Istithmaraat, mais cette dernière a démenti avoir déposé une offre ferme, évoquant seulement un projet à l'étude.

Le président d'Arabiyya Lel Istithmaraat sera à Paris jeudi, a-t-on appris auprès d'un porte-parole de la société basé au Caire.

La sixième offre évoquée par Arnaud Montebourg concerne la société NetOil(Dubaï), qui a confirmé une première offre déjà rejetée en novembre par le tribunal de commerce de Rouen, selon les administrateurs.

UN PLAN SOCIAL EN GESTATION

Parallèlement, une procédure de consultation en vue d'un "plan de sauvegarde de l'emploi" (PSE), un plan social, a été ouverte pour le site, à l'arrêt depuis un an après le dépôt de bilan de sa maison-mère, la société suisse Petroplus.

"C'est le scénario de tous les malheurs", a déclaré Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale, sur i>télé. "On a un mois pour finaliser l'ensemble, on ne lâchera rien."

Le dénouement de cette saga a été repoussé plusieurs fois.

Plusieurs pistes, comme celles du fonds d'investissement souverain libyen, avaient été évoquées par le gouvernement, qui souhaite trouver un repreneur pour ce site devenu emblématique des difficultés de l'industrie française.

On estimait lundi soir à Matignon que les chances de trouver un repreneur étaient "limitées" et l'éventualité d'un plan social était évoqué alors qu'Arnaud Montebourg insistait sur une possible participation minoritaire de l'Etat pour soutenir un projet de reprise.

Interrogé à ce sujet sur France Info, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a soutenu en demi-teinte les propos du ministre du Redressement productif.

"Je me réjouis qu'un certain nombre de repreneurs se manifestent, dont certains d'après Arnaud Montebourg semblent sérieux. Je n'imagine pas que qualifier ces repreneurs de sérieux soit annoncé à la légère", a-t-il déclaré.

Ni l'Elysée, ni Matignon n'ont souhaité faire de commentaire sur ce dossier mercredi après-midi, l'exécutif se montrant soucieux d'éviter le cafouillage qui avait entouré à l'automne le dossier du sauvetage du site sidérurgique de Florange.

A l'époque, le ministre du Redressement productif, partisan d'une nationalisation temporaire du site, avait été désavoué par les services du Premier ministre. Arnaud Montebourg avait présenté sa démission à François Hollande, qui l'avait refusée.

"Rien ne semble compromis", se contente de déclarer mercredi une source gouvernementale.

De nouveaux candidats - en plus des sociétés Terrae International SA, Murzuk Oil, FJ Energy Group, Damanapol International et Arabiyya Lel Istithmaraat - pourront également apporter une offre au tribunal avant le 16 avril, ont dit les administrateurs.

Secteur stratégique, le raffinage français est en crise, cumulant des marges peu élevées à une faible demande et à une surcapacité de production d'essence, dans un pays où le diesel représente 80% de la consommation de carburant.

Marc Parrad, avec Marion Douet à Paris, édité par Sophie Louet

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