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Hollande verdit son gouvernement et rappelle Ayrault

Reuters11/02/2016 à 21:51
    * Elargissement politique avec l'entrée de trois écologistes 
    * Jean-Marc Ayrault effectue son grand retour 
    * Les autres ministères régaliens stables 
    * Hollande et Valls veulent réformer "jusqu'au bout" 
 
 (Actualisé avec Hollande) 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 11 février (Reuters) - François Hollande a élargi 
jeudi l'assise du gouvernement de Manuel Valls à un peu plus 
d'un an de l'élection présidentielle en y incluant l'ex-Premier 
ministre Jean-Marc Ayrault, trois écologistes et le président du 
Parti radical de gauche. 
    Dans cette équipe de 38 membres - 18 ministres et 20 
secrétaires d'Etat - les ministères de l'Economie, des Finances, 
de la Défense et de l'Intérieur ne changent pas de gestionnaire, 
signe d'un souci de stabilité dans une période marquée par les 
menaces d'attentat et un chômage record.  
    "C'est un gouvernement qui doit agir, réformer, avancer", a 
déclaré François Hollande sur TF1 et France 2 en soulignant 
qu'il avait été "élargi" avec l'entrée d'écologistes -- dont il 
a dit avoir "toujours" souhaité le retour --  et du patron du 
Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet. 
    La nomination comme ministre des Affaires étrangères de 
Jean-Marc Ayrault, qui bénéficie d'une image moins 
"sociale-libérale" que Manuel Valls, est aussi une manière de 
rassembler en rappelant un homme "d'expérience", au moment où la 
France est confrontée à de multiples défis, dont le terrorisme. 
    "Il a été Premier ministre et il sera un bon ministre des 
Affaires étrangères, il connaît les dossiers", a-t-il expliqué, 
son entourage évoquant la réforme de l'Union européenne. 
    "Je ne voulais pas qu'il y ait le moindre temps perdu pour 
former un nouveau ministre des Affaires étrangères et j'ai gardé 
Jean-Yves Le Drian (à la Défense-NDLR) parce qu'il est 
aujourd'hui le ministre de la Défense qui connaît le mieux les 
sujets qui nous concernent", a-t-il ajouté. 
     
    COSSE AU LOGEMENT, COMME DUFLOT 
    François Hollande s'est défendu d'avoir eu pour objectif 
dans ce remaniement de renforcer sa position pour l'élection 
présidentielle de 2017, échéance à laquelle, a-t-il dit, il ne 
s'autorisera à penser que s'il y a des "résultats". 
    Le gouvernement se sépare de Marylise Lebranchu et de Fleur 
Pellerin, qui est remplacée au ministère de la Culture par 
Audrey Azoulay, conseillère à l'Elysée sur ce secteur.   
    Ségolène Royal reste à l'Ecologie mais récupère le dossier 
du climat, deux mois après le succès de la conférence 
internationale de Paris sur le réchauffement climatique (COP21). 
  
    Chez les écologistes, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale 
d'Europe Ecologie-Les Verts, est la seule de son parti à entrer, 
au ministère du Logement et de l'Habitat durable, au prix d'un 
reniement de ses critiques de la politique de François Hollande 
sur l'écologie mais aussi sur la déchéance de nationalité. 
    Elle paye sa décision par sa mise à l'écart des instances du 
parti, qui "désapprouvent" sa décision, mais François Hollande a 
donné satisfaction aux écologistes en annonçant l'organisation 
d'un référendum local sur la construction de l'aéroport de 
Notre-Dame-des-Landes, niant céder à un "marchandage". 
    Le sénateur Jean-Vincent Placé, qui n'a jamais caché son 
désir d'obtenir un jour un maroquin, et la députée Barbara 
Pompili avaient quitté EELV ces derniers mois.  
    L'un est chargé de la Réforme de l'Etat et de la 
Simplification en tant que secrétaire d'Etat et l'autre des 
Relations internationales sur le climat et de la biodiversité. 
    Le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, 
un magnat de la presse présent dans la vie politique depuis un 
demi-siècle, est nommé ministre de l'Aménagement du territoire, 
de la Ruralité et des Collectivités territoriales.  
    Au ministère du Travail, Clotilde Valter viendra prêter main 
forte à Myriam El Khomri en tant que secrétaire d'Etat de la 
Formation professionnelle et de l'Apprentissage.  
     
    RASSEMBLEMENT 
    Deux secteurs jugés essentiels pour l'emploi, principal 
échec de François Hollande, qui a fait de la baisse du chômage 
une condition de sa candidature pour un second mandat.    
    Dans une France soumise à l'état d'urgence jusqu'à fin mai, 
le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et celui de la 
Défense, Jean-Yves Le Drian, restent à leurs postes "essentiels 
pour la sécurité des Français", a-t-on expliqué à l'Elysée.  
    Donné partant ces derniers jours, Stéphane Le Foll demeure 
ministre de l'Agriculture, domaine touché par une crise 
profonde. Il reste aussi le porte-parole du gouvernement, qui se 
réunira mercredi prochain en conseil des ministres. 
    Les analystes divergent sur la lecture de ce remaniement. 
    Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop, 
insiste sur l'élargissement de l'assise de la majorité. 
    "Le message que veut envoyer François Hollande, c'est sa 
volonté d'élargir sa base au premier tour de la présidentielle 
en essayant d'agréger au PS des alliés", a-t-il dit à Reuters. 
    "Il essaye d'élargir sa base au-delà du PS, pour lutter 
contre les velléités d'autres candidatures (a gauche) et 
rassembler le plus possible autour de sa candidature." 
    Gaël sliman, président d'Odoxa, est très critique, estimant 
que le nouveau gouvernement manque de cohérence. 
    "C'est une occasion gâchée de donner un sentiment de rebond 
ou d'élan et la présence d'Ayrault, qui a plombé l'exécutif et 
François Hollande au début du quinquennat, renforce l'idée d'un 
profond immobilisme. C'est un mauvais signal, même si les gens 
n'en attendaient pas grand-chose", a-t-il dit à Reuters.   
    "Ça ne garantit pas à Hollande qu'il sera le seul 
représentant de la gauche en 2017 et ça n'interdit pas à EELV de 
présenter un candidat. Il prend également le risque d'avoir une 
voix dissonnante dans quelques mois au sein de son 
gouvernement", a-t-il ajouté. 
 
 (Avec Emmanuel Jarry et Ingrid Melander, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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