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Hollande se félicite de l'inversion de la courbe du chômage

Reuters28/11/2013 à 20:13

LE CHÔMAGE EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Les propos de François Hollande sur l'objectif d'inverser la courbe du chômage en France ont semé la confusion jeudi, au début d'une journée couronnée par l'annonce d'une baisse du nombre de demandeurs d'emplois en octobre.

Le nombre de chômeurs sans activité a reculé de 0,6%, soit 20.500 personnes, pour s'établir à son plus bas niveau depuis le mois de mai.

"L'inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée", se félicite François Hollande dans un communiqué.

Ces chiffres "confirment que la bataille pour l'emploi peut être gagnée", ajoute le président. "Elle prendra le temps nécessaire pour diminuer, mois après mois, le chômage en France".

Le chef de l'Etat dit aussi ne pas oublier "que plus de 3.270.000 personnes restent inscrites à Pôle Emploi".

En début de journée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), François Hollande avait semé une certaine confusion en déclarant que le gouvernement prendrait le "temps nécessaire" pour gagner "la bataille" de l'emploi.

"Ça prendra tout le temps qui est nécessaire, ce mois-ci comme les autres mois, mais ce qui compte c'est cette tendance que nous devons maintenant imposer, c'est que le chômage doit cesser d'augmenter", a-t-il déclaré lors d'une table ronde.

Il semblait ainsi reconnaître que son objectif, maintes fois martelé, d'inverser durablement la courbe du chômage à partir de fin 2013 serait difficile à tenir. Des ténors du Parti socialiste ont immédiatement embrayé en soulignant qu'il ne fallait pas se focaliser sur le moment précis du basculement.

Dans son communiqué vespéral, le président laisse entendre que ses propos ont été mal interprétés.

"Comme je l'ai indiqué ce matin même, la mobilisation pour l'emploi, qui porte ses fruits, doit se poursuivre et même s'amplifier".

Les problèmes d'interprétation liés à cette séquence, d'autant plus sensible qu'elle touche au sujet de préoccupation numéro un des Français, ont soulevé des railleries à droite.

LES ÉCONOMISTES DUBITATIFS

Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI, y a vu la preuve que l'engagement présidentiel est un "écran de fumée".

Une fois les chiffres publiés, le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno le Roux, a écrit dans un communiqué que "ce qui compte pour nous, c'est que l'inversion de la courbe du chômage devienne une tendance longue".

Son collègue du Sénat, François Rebsamen, a salué une "promesse tenue" tandis que le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, évoquait une "bonne nouvelle" qui doit "permettre de ramener la confiance".

Le volontarisme de François Hollande se heurte depuis le début à la réalité des chiffres.

Dès l'an passé, aucun économiste ne croyait à une inversion de la courbe du chômage fin 2013 au vu de la faiblesse de l'activité en France, le recours aux contrats aidés et aux dispositifs comme les "emplois d'avenir" permettant au plus d'envisager une stabilisation du nombre de demandeurs d'emploi.

Même le retour de la croissance depuis le printemps, qui s'annonce heurté et très progressif, n'a pas changé fondamentalement leur scénario.

Le gouvernement a bâti son budget 2014 sur la base d'une croissance de 0,9% du PIB, un scénario jugé crédible par l'OCDE comme par la Commission européenne.

Mais dans ses dernières prévisions publiées récemment, l'OCDE n'anticipe pas de baisse du taux de chômage français avant le deuxième trimestre 2015, le voyant culminer à 11,2% fin 2014 (contre 11% attendu cette année). Les économistes de la Commission européenne le voient monter encore à 11,3% en 2015.

Plus optimiste, l'Insee prévoit une stabilisation fin 2013 tout en soulignant que la croissance attendue pour 2014 sera insuffisante pour absorber la hausse de la population active, estimée autour de 115.000 personnes.

"Pour avoir une baisse du chômage (en 2014), il faudra que l'emploi aidé continue à augmenter à un rythme soutenu et que les effets du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) montent en charge rapidement", déclarait début octobre Cédric Audiences, chef du département conjoncture de l'Insee.

Elizabeth Pineau, avec Emile Picy et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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