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Hollande quitte Chicago estimant avoir convaincu ses alliés

Reuters22/05/2012 à 11:21

Hollande quitte Chicago estimant avoir convaincu ses alliés

Répétition du titre.

par Elizabeth Pineau

CHICAGO (Reuters) - "Notre mission en terme d'action et de combat est terminée" en Afghanistan, a déclaré lundi François Hollande, reparti du sommet de l'Otan de Chicago avec le sentiment d'avoir convaincu ses alliés du bien-fondé de sa décision de retirer les troupes combattantes de ce pays d'ici la fin de l'année.

La majeure partie des 3.400 soldats français déployés devrait avoir quitté d'ici sept mois ce pays où la France est présente depuis 2001.

En Afghanistan, "nous avons fait plus que notre devoir", a dit François Hollande lors de la conférence de presse finale, rappelant les 83 soldats tués et les nombreux blessés de ce conflit.

"Sur cette question, nous avons pu faire valoir notre point de vue tout en donnant à nos alliés les garanties nécessaires", a-t-il dit, reconnaissant des "coïncidences d'intérêt" avec un président américain Barack Obama en campagne électorale et d'autant plus soucieux d'obtenir des consensus.

"En 2013 ne resteront que les éléments indispensables pour les actions de formation que nous définirons dans le cadre du traité que la France et l'Afghanistan ont signé en janvier" et appelé à être ratifié à l'automne, a-t-il expliqué.

Les militaires français encore sur le terrain l'an prochain participeront à la formation de la police et des cadres de l'armée afghane, ou bien au rapatriement de matériel, qui dépend notamment d'accords de passage par l'Ouzbékistan et le Pakistan.

Au-delà de 2014, quand l'ensemble des troupes combattantes alliées auront quitté le pays, "nous serons toujours avec le traité franco-afghan dans un soutien civil à l'accès au développement, à l'éducation, à la santé, à l'émancipation des femmes pour accompagner le peuple afghan", a encore expliqué le président français.

CONTRIBUTION FINANCIÈRE

François Hollande a refusé de s'engager sur la contribution financière demandée par les Américains pour l'après-2014 à destination de l'armée afghane.

Le chiffre de 200 millions de dollars a été avancé. "Un peu moins", a glissé François Hollande, qui exige avant toute chose des garanties sur l'utilisation de l'argent.

"Nous avons été saisis de cette demande (...) Nous n'avons pas répondu. Sur le principe, nous pouvons regarder. Nous n'avons pas fixé de montants, nous ne sommes pas liés par ce que peut faire l'Allemagne ou d'autres pays", a-t-il précisé.

"Nous avons mis une condition, qui est de savoir si les éventuelles contributions seront effectivement contrôlées".

Sur le dossier du bouclier antimissile, autre sujet-clé du sommet, il a estimé avoir reçu les garanties nécessaires pour adhérer au projet dans l'état actuel des choses.

"Des progrès significatifs nous permettent, avec la vigilance nécessaire, de donner notre accord à la poursuite de ce programme", a dit le chef de l'Etat.

Pendant ces quatre jours aux Etats-Unis qui l'ont vu rencontrer Barack Obama, participer au sommet du G8 de Camp David puis à celui de Chicago, François Hollande a fait ses grands débuts sur la scène internationale.

Observé de près par les médias devant lesquels il a joué la décontraction, le nouveau président, qui avait peu d'expérience à l'international, a multiplié les rencontres bilatérales.

"Il y avait une attente forte, comme toujours après une alternance. Certains s'en réjouissent ou la déplorent mais il y avait une envie très forte de nous voir et d'établir des liens avec nous", a-t-il analysé.

Lors de ses rencontres quotidiennes avec la presse, François Hollande a refusé de répondre aux questions de politique intérieure, ou même de sport - pas un mot sur la victoire de Montpellier en championnat de France de football.

Lors de la dernière conférence de presse, un journaliste lui a rapporté une critique de l'ancien ministre Pierre Lellouche le trouvant trop sûr de lui au point de "marcher sur l'eau".

"Je crois que je n'ai jamais essayé et il y a peu de risques que je m'y engage", a rétorqué le président. "Nous ne devons pas répondre à des polémiques venant de notre pays".

Avec John Irish, édité par Marine Pennetier


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