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Hollande parlera sécurité et développement en RCA et au Nigeria

Reuters12/05/2016 à 11:17
    * Le mission Sangaris en Centrafrique prendra fin en 
décembre 
    * La France veut accompagner le développement de la RCA 
    * Boko Haram affaibli mais toujours actif au Nigeria 
 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - François Hollande s'envole 
vendredi pour la République Centrafricaine pour parler 
développement sur fond de réduction des effectifs militaires 
français dans le pays avant de rejoindre le Nigeria pour un 
sommet consacré à Boko Haram. 
    Pour sa troisième visite à Bangui, le chef de l'Etat parlera 
sécurité mais aussi relance économique avec le nouveau président 
Faustin Archange Touadera, élu en février dernier avec 63% des 
voix dans un pays déchiré par des années de guerre civile.  
    "On est de moins en moins dans une relation liée au maintien 
de la paix et de plus en plus dans un accompagnement de la RCA 
dans sa reconstruction, sa remise sur pied, son développement", 
souligne un diplomate français.  
    François Hollande est attendu par la mission Sangaris, trois 
mois après l'annonce du désengagement progressif des militaires 
français déployés dans le pays en décembre 2013, en pleine 
spirale de violences intercommunautaires. 
    L'opération, qui a mobilisé plus de 2.000 soldats au plus 
fort du conflit et en compte désormais autour de 650, prendra 
fin d'ici décembre.  
    Les effectifs français restants seront répartis au sein de 
la force onusienne Minusca et dans le cadre de la future mission 
de formation de l'Union européenne. La France ajustera le niveau 
de participation à cette dernière en fonction des contributions 
des autres pays européens, attendues d'ici juillet, dit Paris.  
    La force Sangaris, dont le déploiement avait été autorisé 
par le conseil de sécurité de l'Onu, a été éclaboussée par un 
scandale d'abus sexuels commis par des soldats étrangers en 
Centrafrique sur des mineurs. 
     
    ENQUÊTE SUR DES SOLDATS FRANÇAIS  
    Trois signalements ont été faits auprès de la justice 
française, saisie par le ministère de la Défense, et les 
enquêtes sont en cours, précise-t-on de source diplomatique en 
France, où les autorités ont promis la transparence et des 
sanctions exemplaires si les faits étaient avérés.  
    Parallèlement au retrait de Centrafrique, la France a 
annoncé début mai qu'elle ferait passer de 500 à 900 ses 
effectifs militaires en Côte d'Ivoire, possible réservoir pour 
son opération antiterroriste Barkhane qui mobilise quelque 3.500 
hommes dans la bande sahélo-saharienne. 
    De Bangui, François Hollande s'envolera pour Abuja pour 
participer samedi à un sommet régional sur la sécurité à 
l'invitation de Muhammadu Buhari, élu il y a un an.    
    Outre une dizaine de chefs d'Etat africains (Bénin, 
Cameroun, Centrafrique, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Niger, 
Nigeria, Sénégal, Tchad et Togo), le Royaume-Uni, les Etats-Unis 
et la Chine seront représentés dans la capitale nigériane.  
    Depuis le premier sommet sur la sécurité de la région du lac 
Tchad organisé à l'Elysée en mai 2014, Boko Haram a cessé son 
extension territoriale et la coopération régionale a permis de 
stopper les attaques au Cameroun et au Tchad.  
    Bien qu'affaibli, le groupe islamiste, dont l'insurrection 
menée depuis 2009 a fait des milliers de morts et des millions 
de déplacés, multiplie les attentats suicides. 
    Face à cette menace persistante, la France, qui apporte son 
soutien aux pays de la région avec les Etats-Unis et la 
Grande-Bretagne, a récemment renforcé sa coopération avec Abuja. 
    Au Nigeria le mois dernier, le ministre français de la 
Défense, Jean-Yves Le Drian, a signé une lettre d'intention 
reprenant les termes de la coopération franco-nigériane, 
notamment en termes de renseignements et de formation.     
    L'aide française aux pays riverains du lac Tchad (Nigeria, 
Niger, RCA et Tchad) s'élève à 25 millions d'euros sur le plan 
sécuritaire et 17 millions en matière humanitaire.   
    A Abuja, François Hollande annoncera "une initiative" portée 
l'Agence française de développement, via des organisations non 
gouvernementales, dit l'entourage du président français.  
 
 (Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier à Dakar, édité par 
Yves Clarisse) 
 

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