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Hollande défend son bilan de président de gauche réformiste

Reuters03/05/2016 à 16:03
    * Le président se place dans les pas de Delors et Mitterrand 
    * Il appelle à "réussir là où d'autres ont échoué" 
    * Il assume son bilan et concède certains manquements 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 3 mai (Reuters) - François Hollande a fait mardi un 
pas vers une nouvelle candidature en se plaçant dans la lignée 
des grandes figures socialistes, en défenseur de son bilan "de 
gauche" d'autant plus estimable à ses yeux que les temps sont 
"difficiles".  
    Devant un parterre de ministres, Manuel Valls en tête, de 
parlementaires et de sympathisants, le président a devisé sur 
"la gauche et le pouvoir", thème du colloque qu'il était venu 
conclure, à l'appel notamment de la Fondation Jean Jaurès.   
    Il s'est placé dans les pas de Léon Blum, François 
Mitterrand, Jacques Delors et Lionel Jospin, figures d'une 
gauche habituée aux "épreuves" et pourvoyeuse de "progrès". 
    "Ce n'est jamais parce que la gauche est au pouvoir que 
c'est difficile, c'est parce que c'est difficile que la gauche 
est au pouvoir", a-t-il martelé. "Relever le défi, tenter de 
réussir là où d'autres ont échoué, c'est l'honneur d'un 
gouvernement de gauche."  
    A ceux tentés par la nostalgie, il a vanté l'esprit de 
"conquête" d'une gauche trop à l'aise dans l'opposition. 
    "La gauche est souvent belle, ravissante même, sous la 
droite", a-t-il lancé. "La gauche n'est jamais aussi belle que 
lorsqu'elle se conjugue au passé. On mythifie le moment venu ses 
avancées, sans penser à les revendiquer, à les valoriser."  
    De la laïcité aux congés payés en passant par la 
décentralisation, la retraite à 60 ans, la semaine de 35 heures 
et l'abolition de la peine de mort, le président s'est placé 
dans la lignée d'une gauche qui "écrit son action autant qu'elle 
l'inscrit dans la mémoire collective." 
     
    "REDISTRIBUER" 
    Président décrié jusque dans son camp et malmené dans les 
sondages d'opinion, François Hollande a fait le bilan de son 
propre quinquennat dont il a vanté les avancées et assumé les 
manquements, passant toutefois sous silence certains échecs, 
comme le récent fiasco de l'inscription de la déchéance de 
nationalité dans la Constitution. 
     "C'est vrai, je le concède, la crise de la zone euro par 
exemple a duré plus que je ne l'avais imaginé en 2012", a-t-il 
reconnu. "De la même manière, il est aussi exact que les 
prévisions de croissance n'ont été nulle part vérifiées."    
    "Mais je ne m'étais pas trompé sur le diagnostic : il 
fallait d'abord redresser pour ensuite redistribuer. J'en vois 
même certains qui nous reprochent de le faire, de redistribuer." 
    Au nombre des "épreuves" imprévues de son mandat, le 
président a cité les guerres au Mali et les attentats en France, 
l'Histoire "tragique" que la gauche, qui "rêve d'harmonie, de 
concorde, de paix", refuse souvent d'assumer.  
    Pour la dernière année de son quinquennat, le président a 
vanté les mérites du "compromis juste et équitable" qui a selon 
lui présidé à l'élaboration de la très controversée loi sur 
Travail, en débat au Parlement à partir de ce mardi.  L5N18023L  
  
    "Il n'y a ni table rase, ni ligne d'arrivée", a-t-il dit à 
l'adresse de ceux qui, dans son camp, critiquent ses mesures 
social-démocrates, et estimé que la gauche "doit avoir le 
courage d'agir sans trembler", en prenant en compte le "réel". 
     
    "IL PLANTE LE DÉCOR"  
    Dans la bataille pour la baisse du chômage, dont il a fait 
une condition d'une nouvelle candidature en 2017, "tout se joue 
maintenant", a-t-il prévenu. "Jamais je ne dirai qu'en la 
matière tout a été fait."  
    Pour autant, a-t-il ajouté, pas question d'emprunter à 
d'autres pays des idées jugées mauvaises :  "ni les mini-jobs 
des uns, ni [le report de] l'âge de retraite des autres". 
    Dans un contexte de défiance sur fond de montée de l'extrême 
droite, le président a appelé de ses voeux un regain de 
"cohésion nationale", faisant remarquer que "la France est aimée 
bien plus qu'elle ne s'aime elle-même".  
    Face à des mouvements de contestation comme "Nuit debout", 
qui critiquent la démocratie représentative, et la place 
grandissante des réseaux sociaux dans les débats, il a défendu 
le respect des institutions : "Quels que soient les modes de 
participation, les formes d'expression (...) jamais rien ne 
remplacera le vote, la démocratie et le suffrage universel".     
    Le chef de l'Etat a sonné la mobilisation de son camp. 
    "Avançons sans regret, sans calcul, sans répit et sans 
savoir, comme disait Jaurès, quelle récompense nous sera 
réservée. La récompense, elle ne sera pas dans l'Histoire, la 
récompense, elle sera dans l'avenir."  
    Dans le public, le député Christophe Borgel a vu dans la 
prestation présidentielle des jalons pour l'avenir.  
    "Ce n'est pas un discours de campagne, mais il plante le 
décor du débat dans la gauche et du débat vis-à-vis de la 
droite", a-t-il dit à Reuters. "La salle, dont une partie doute, 
est ressortie en se disant 'bon, ça va, il en a sous la 
pédale'".     
    Pour la députée Annick Lepetit, le candidat François 
Hollande pointe sous les habits du président.  
    "Dès qu'il s'éloigne de son texte, il devient authentique, 
il parle avec les tripes", a-t-elle confié à Reuters.  
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 

1 commentaire

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  • a.lauver
    03 mai16:19

    C'est vraiment l'exercice dans lequel il excelle il n'y a rien a redire. Le brassage de vent et les belles phrases creuses. En effet il est bien a l'image de la gauche réformiste, celle qui ne réforme que par la taxe si on peut appeler ca réformer

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