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HOLD-LEAD 2-France-Les éleveurs engagent une épreuve de force sur les prix

Reuters20/07/2015 à 15:54

* Les accès à Caen, Lisieux bloqués * Barrages près du Mont-Saint-Michel * Le Foll propose de recevoir les éleveurs normands jeudi * Les agriculteurs exigent la venue du ministre à Caen * Valls prône dialogue et transparence (Actualisé avec Manche, FNSEA) PARIS, 20 juillet (Reuters) - Les éleveurs français ont engagé dans le Calvados et la Manche une campagne de protestation contre la faiblesse des prix de leurs productions pour exiger des acteurs de la filière le respect des accords de revalorisation. Le mouvement, parti dimanche du Calvados, a gagné lundi la Manche. Les accès à Caen étaient bloqués par quelque 300 tracteurs et engins agricoles, dont des bennes remplies de fumier et de gravats, ainsi que les accès à Lisieux. Les manifestants ont également érigé des barrages sur les accès au Mont Saint-Michel, l'un des sites touristiques les plus visités de France, et sur les bretelles d'accès à l'autoroute A84 dans le département de la Manche. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a proposé aux éleveurs normands de les recevoir jeudi à Paris, après l'examen d'un rapport du médiateur sur les prix des productions agricoles, mais ces derniers ont décliné l'invitation et attendent le ministre de pied ferme à Caen. "La réponse du ministre pourrait nous satisfaire partiellement", a réagi Sébastien Debieu, secrétaire général de la FDSEA du Calvados sur iTELE. Mais "ce ne sera surtout pas à Paris, ça se passera à Caen. On n'a pas les moyens pour prendre un billet de train". Le Premier ministre, Manuel Valls, est intervenu pour appeler à la concertation. "C'est dans le dialogue, dans la persuasion des acteurs, chiffres sur la table, dans la transparence, que le gouvernement peut agir. Il ne peut fixer lui-même, de manière autoritaire, un prix", a-t-il souligné en marge d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône. "Nous comprenons la colère, la détresse des éleveurs, ils doivent savoir que le gouvernement est à leurs côtés pour trouver une solution", a assuré Manuel Valls. REVALORISATION Réplique de Sébastien Dedieu : "Cela fait plusieurs mois que nous avons sensibilisé les pouvoirs publics à la problématique de la crise agricole dans l'élevage. Nous n'avons visiblement pas été entendus". A l'issue d'une table ronde le 17 juin, la grande distribution et les transformateurs se sont engagés à augmenter le prix de la viande payée aux éleveurs afin de leur permettre de couvrir leurs coûts de production. Les agriculteurs les accusent de ne pas respecter les accords, ce que ces derniers contestent. "Nous avons accepté d'augmenter les prix d'achat de manière importante, la seule chose, c'est que visiblement cet argent ne va pas aujourd'hui dans la poche des producteurs, des éleveurs", a dit lundi sur iTELE Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Il est prévu notamment que le kilo de boeuf soit revalorisé de cinq centimes par semaine. "Il faut absolument, et c'est ce que nous avons demandé dès ce week-end au gouvernement, que le médiateur qui a été nommé vérifie ce qui se passe exactement", a-t-il ajouté. Manuel Valls a invité "tous les acteurs à jouer précisément le jeu". "Il est important que l'Etat (...) puisse faire respecter ces engagements", a déclaré sur iTELE Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). "Il faut de manière urgente un relèvement des prix sur les viandes et éviter que le lait lui aussi ne connaisse une baisse trop importante au cours des mois d'été", a-t-il poursuivi. "On n'est pas en train de demander des choses impensables : il s'agit de deux, trois centimes sur le steak haché, un demi-centime à un centime sur la tranche de jambon...", a-t-il dit. François Hollande a exhorté samedi la grande distribution à "faire un effort sur les prix". ( ID:nL5N0ZY0FA ) Stéphane Le Foll a récemment déclaré dans Le Parisien-Aujourd'hui en France que 10% des exploitations d'élevage françaises, "soit entre 22.000 et 25.000", étaient "au bord du dépôt de bilan". (Sophie Louet avec Sybille de La Hamaide et Pierre-Henri Allain à Rennes, édité par Yves Clarisse)


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