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Grève en Guyane, Cazeneuve annonce une délégation ministérielle

Reuters28/03/2017 à 01:51
    * Les protestataires demandent un plan d'investissement 
    * Rédaction d'un cahier de revendications 
    * Une mission interministérielle dépêchée sur place 
    * Les élus locaux réclamaient la venue d'un ministre 
    * Le conflit s'invite dans la campagne présidentielle 
 
 (Actualisé avec déclarations Fekl et Bareigts, cahier de 
revendications §4-7) 
    PARIS, 28 mars (Reuters) - Une délégation ministérielle va 
se rendre en Guyane avant la fin de la semaine pour conclure les 
discussions sur une sortie de crise dans ce territoire français 
d'Amérique du Sud secoué par un large mouvement social, a 
annoncé lundi le Premier ministre Bernard Cazeneuve, au premier 
jour d'une grève générale.  
    Vols annulés et barrages routiers : la collectivité 
ultra-marine, qui abrite la base spatiale de Kourou et compte 
quelque 250.000 habitants, s'apprête à vivre au ralenti à 
l'appel des 37 syndicats de l'Union des travailleurs guyanais 
(UTG).  
    Les protestataires, réunis au sein du collectif "Pour que la 
Guyane décolle", réclament un plan d'investissement de grande 
ampleur pour faire face notamment au manque d'équipements 
publics et à un taux de délinquance élevé.   
    Dans la soirée, le ministre de l'Intérieur et la ministre 
des Outre-mer ont salué "l'esprit de responsabilité" des 
Guyanais grâce auxquels la matinée de lundi "s'est déroulée dans 
le calme" et invité la société civile à participer au dialogue 
avec la délégation interministérielle sur place depuis samedi. 
    Mathias Fekl et Ericka Bareigts évoquent en outre les 
"premiers résultats" de cette mission, notamment des mesures 
immédiates en matière de sécurité, une préoccupation des 
protestataires : présence d'un escadron de gendarmes mobiles, 
barrages volants et renforcement de la surveillance des fleuves. 
    "La rédaction d'un cahier de revendications, précises et 
faisant consensus, est une étape importante que nous tenons à 
saluer", poursuivent les deux ministres.  
    Lors d'une conférence de presse donnée sur l'un des barrages 
dressés à Kourou, le collectif "Pour que la Guyane décolle" a 
présenté lundi un cahier rassemblant les revendications des 
mouvements en matière d'éducation, de santé, de sécurité, 
d'énergie et d'économie, ainsi que la reconnaissance des droits 
des peuples autochtones.  
     
    APPEL À L'APAISEMENT 
    La tentative de dialogue entamée par la mission 
interministérielle dépêchée samedi sur place par le gouvernement 
s'est heurtée à une fin de non-recevoir des élus locaux qui 
réclament la venue d'un membre du gouvernement avant d'entamer 
toute négociation. 
    "Les bases d'une négociation structurée et apaisée doivent 
être établies avec tous les acteurs concernés du territoire", a 
dit Bernard Cazeneuve lors d'une déclaration à la presse à 
Matignon, à Paris.   
    "C'est pourquoi une délégation ministérielle sera sur place 
avant la fin de la semaine pour conclure ces discussions si 
toutefois, et j'insiste sur ce point, les conditions du respect 
et de l'ordre républicain sont réunies", a-t-il ajouté. 
    "C'est la raison pour laquelle j'appelle encore une fois 
solennellement au dialogue, à la responsabilité et à 
l'apaisement", a-t-il poursuivi. "Il est crucial que dans les 
prochaines heures, la mission interministérielle ait pu 
continuer à travailler pour que le déplacement des ministres 
soit fructueux". 
     
    "DÉMAGOGIE"    
    Située à plus de 7.000 km de la métropole, la Guyane est le 
territoire de France où l'on compte le plus d'homicides - 42 en 
2016 - et le taux de chômage (22,3%) y est deux fois plus élevé 
que la moyenne française.  
    Depuis l'arrivée de la mission interministérielle, "une 
série de réponses concrètes" ont pu être préparées, 
souligne-t-on à Matignon. Un centre pénitentiaire et un Tribunal 
de grande instance seront construits à Saint-Laurent du Maroni 
et un scanner sera notamment déployé à l'aéroport de Cayenne.   
    "La Guyane est un territoire de la République française, et 
dans la République chaque citoyen doit pouvoir bénéficier du 
soutien et de la solidarité de l'Etat", a dit Bernard Cazeneuve. 
    A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le 
chef du gouvernement a également appelé à ne pas céder "à la 
démagogie  et à l'électoralisme", dans une allusion aux prises 
de positions de plusieurs candidats à l'Elysée dimanche. 
    "Aucun des assauts de démagogie que la période électorale 
semble favoriser dans un abaissement qui me consterne ne 
détournera le gouvernement de sa volonté d'aboutir à des 
solutions concrètes", a-t-il dit. "Ces solutions sont à portées 
de main".  
    Le candidat de la droite et du centre François Fillon a 
estimé ce week-end que la situation dans le territoire était "la 
conséquence de l'échec de la politique de François Hollande". 
    La présidente du Front national Marine Le Pen a dénoncé elle 
le "service cruellement minimum" des gouvernements successifs à 
l'égard de la Guyane.  
    Le candidat socialiste Benoît Hamon a pour sa part estimé 
que la Guyane avait droit "à l'égalité et la sécurité" quand le 
leader d'En Marche! Emmanuel Macron a lancé un appel au calme 
lors d'un déplacement à La Réunion.    
    La grève générale - une première depuis le mouvement de 2008 
- a conduit Air France et Air Caraïbes à annuler leurs vols et 
poussé les Etats-Unis à déconseiller tout voyage vers la Guyane 
à leurs ressortissants.  
 
 (Marine Pennetier, Franck Leconte et Julie Carriat, édité par 
Sophie Louet) 
 

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1 commentaire

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  • M898407
    28 mars09:57

    Ce n'set pas avec une délégation de ministres inconnus et inexpérimentés qu'il va calmer la situation. Quant à la ministre de l'Outre-Mer, elle semble découvrir qu'on attend d'elle des mesures et des actes mais elle n'a évidemment aucune idée de ce qu'il faut faire.... Emploi fictif ???

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