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François Hollande se réconcilie avec les "pigeons" de Californie

Reuters13/02/2014 à 08:34

par Julien Ponthus

SAN FRANCISCO (Reuters) - C'est par une accolade symbolique avec le leader du mouvement des "pigeons", que François Hollande a illustré mercredi l'objectif de son déplacement en Californie: donner des "preuves d'amour" aux entrepreneurs, selon le mot de Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Economie numérique.

Profitant d'une visite du président français au "US French Tech Hub", une plate-forme pour les sociétés désireuses de s'implanter aux Etats-Unis, Carlos Diaz a mis François Hollande au défi de l'étreindre, ce que le chef de l'Etat s'est empressé de faire devant un public de chefs d'entreprises.

Avant cet acte de réconciliation avec celui qui l'accusait de faire fuir les entrepreneurs de France par une fiscalité confiscatoire, le président avait énuméré une série de mesures pour soutenir la création d'entreprises.

François Hollande, dont la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros fait figure d'épouvantail aux Etats-Unis, a annoncé un nouveau mécanisme fiscal afin de permettre aux start-up de mieux rémunérer leurs salariés via une réforme du régime des attributions gratuites d'actions.

Le président a en outre promis la signature en mars d'une ordonnance pour développer les financements participatifs qui permettra aux particuliers de prêter, via les plates-formes de "crowdfunding", jusqu'à un million d'euros à des chefs d'entreprise.

François Hollande a par ailleurs dévoilé les premières mesures qui doivent émerger le 17 février du conseil consacré à l'attractivité du territoire français et sur lequel il compte pour faire venir les entreprises étrangères innovantes.

"VENEZ EN FRANCE!"

Un nouveau "passeport talents" d'une durée de quatre ans renouvelables permettra d'attirer en France entre 5.000 et 10.000 chercheurs ou travailleurs hautement qualifiés, a-t-il promis.

"Venez en France!", a lancé le président à l'adresse des grands dirigeants de l'économie numérique américaine, dont il a rencontré l'élite, un peu plus tôt dans la journée, dans un restaurant français.

Autour d'un canard à l'orange et de vins français, François Hollande a tenté de convaincre le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, ou Sheryl Sandberg, de Facebook, que la France n'est pas l'enfer administratif et fiscal parfois dépeint par la presse anglo-saxonne.

Tout à son opération de séduction, le président n'a pas fait du contentieux fiscal qui oppose Bercy à Google un cheval de bataille, même s'il a plaidé pour une harmonisation mondiale des pratiques fiscales afin d'empêcher l'optimisation agressive pratiquée par certains géants de l'économie numérique.

Le chef de l'Etat a aussi profité d'un discours devant la communauté française de San Francisco pour dédramatiser la fausse note jouée par le président du Medef, Pierre Gattaz, qui l'accompagne aux Etats-Unis.

"VOUS POUVEZ L'APPLAUDIR"

Le patron des patrons, qui a dû annuler une conférence de presse à Washington à la demande de l'Elysée, a jeté un froid ans la délégation en déclarant à la presse rejeter toute idée de contreparties aux 30 milliards d'euros d'allégements de charges proposés dans le cadre du pacte de responsabilité.

Pierre Gattaz a ensuite précisé ses propos, indiquant qu'il pourrait accepter des objectifs chiffrés à la condition qu'ils ne soient pas contraignant.

"Quand on fait des déclarations mal comprises, cela conduit toujours à des clarifications", a-t-on ironisé dans l'entourage du chef de l'Etat.

François Hollande est revenu sur cet incident devant plus de 2.000 expatriés français rassemblés dans un hôtel de San Francisco en ironisant sur l'avantage d'avoir le chef du Medef dans sa délégation.

"Vous pouvez l'applaudir. Je ne doute pas qu'il me rendra la pareille le moment venu. Cela fait partie du pacte de responsabilité, j'imagine", a-t-il plaisanté.

Un peu plus tôt dans la journée, Pierre Gattaz n'avait pas exclu de répéter l'accolade échangée par François et Carlos Diaz, "dès que les mesures (du pacte de responsabilité) seront prises".

Julien Ponthus, édité par Jean-Philippe Lefief

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