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France-Valls tente de désamorcer la fronde policière

Reuters14/10/2015 à 16:44

* Plus de 7.500 policiers manifestent sous les fenêtres de Taubira * Manuel Valls annonce une dizaine de mesures * Pour les syndicats de police, le compte n'y est pas (Actualisé avec Manuel Valls) par Gérard Bon PARIS, 14 octobre (Reuters) - Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé mercredi des mesures pour tenter de désamorcer la fronde des policiers contre le "laxisme" de la justice, mais les protestataires jugent que le compte n'y est pas et se tournent vers François Hollande. Pour la première fois depuis une manifestation contre le garde des Sceaux Robert Badinter en 1983, plus de 7.500 policiers ont, selon leurs syndicats, manifesté à Paris sous les fenêtres de la ministre de la Justice Christiane Taubira. Les syndicats de police, qui se disent prêts à redescendre dans la rue, réclameront des mesures complémentaires lors d'une rencontre prévue la semaine prochaine avec le chef de l'Etat. "Il y a quelques mesures qui vont dans le bon sens mais j'aurais tendance à dire 'Manuel Valls peut mieux faire'", a déclaré Jean-Claude Delage, du syndicat Alliance, qui réclame un "plan Marshall" pour les forces de l'ordre. "Et c'est pour ça que nous allons chez le président de la République parce qu'aujourd'hui, ça ne répond que partiellement aux demandes des policiers de terrain", a-t-il ajouté. "A un moment, cette reconnaissance doit passer par la feuille de paie", a renchéri sur iTELE Nicolas Comte, porte-parole du syndicat SGP Unité-Police. Les syndicats de police réclament la modification des textes sur la légitime défense, une meilleure protection juridique, ainsi que des moyens et équipements de sécurité "à la hauteur". Manuel Valls avait auparavant assuré que le message des manifestants, à Paris, mais également en province, où ils étaient aussi des milliers, était "pris au sérieux" tout en refusant toute "rupture" entre la police et la justice. "Il n'y aura jamais de rupture entre la police et la justice parce que la police et la justice sont les deux faces du même talisman, le talisman de l'Etat de droit", a-t-il dit devant la presse en présentant ses annonces. ID:nL8N12E2FV "LES POLICIERS SONT DANS LA RUE" Le Premier ministre a assuré que la procédure pénale serait simplifiée, que les peines liées aux armes lourdes seraient durcies et que les sorties ponctuelles de détenus seraient limitées à celles vraiment nécessaires. Le détonateur du mouvement a été la fusillade survenue en Seine-Saint-Denis il y a une semaine, au cours de laquelle un policier a été grièvement blessé à Saint-Ouen par un malfaiteur qui avait bénéficié d'une permission de sortie. Tous les syndicats de police, des gardiens aux commissaires, ont bruyamment manifesté devant la Chancellerie. "Madame Taubira, les policiers sont dans la rue, ils sont là pour demander protection et reconnaissance", a lancé un porte-parole à la tribune avant que la foule ne reprenne le slogan "policiers en colère". Les manifestants ont ponctué les interventions de sifflets et de sirènes de police, tandis que d'autres lâchaient des fumigènes, parfois tricolores. "Police-justice : la rupture" pouvait-on lire sur une banderole accrochée à un échafaudage place Vendôme. La grogne policière a placé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, tenu à la solidarité gouvernementale avec Christiane Taubira, en posture délicate. Une dizaine d'organisations, dont le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France, accusent les syndicats policiers d'user de raccourcis "relevant de la manipulation". "Depuis 2010, le nombre des permissions de sortie ne cesse de baisser pour atteindre le chiffre historiquement bas de 48.481 en 2014", écrivent-ils dans un communiqué. Parallèlement aux "dysfonctionnements", les policiers pris dans le rythme d'un plan Vigipirate renforcé depuis les attentats de janvier se disent à bout de souffle, d'autant que la crise migratoire s'est ajoutée à cette mobilisation. En outre, la tâche des forces de l'ordre va encore s'alourdir avec la Conférence sur le climat (COP21) prévue en décembre à Paris et le championnat d'Europe de football en juin. Pour répondre aux inquiétudes exprimées par les policiers, Bernard Cazeneuve s'est engagé à poursuivre en 2016 l'effort budgétaire engagé cette année, qu'il s'agisse des créations de postes ou des dotations de matériels. (Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)


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