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France-Sarkozy veut débattre d'immigration et des imams

Reuters12/01/2015 à 13:53

PARIS, 12 janvier (Reuters) - Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a estimé lundi que les attentats qui ont fait 17 morts en France imposaient de poser à terme la question de l'immigration et de l'encadrement de l'islam, notamment à travers la formation et le choix des imams. Tout en appelant à l'"unité nationale" et à une réflexion "dans un cadre bipartisan" à l'amélioration des mesures de sécurité, l'ancien chef de l'Etat a aussi penché en faveur d'un "Patriot Act" à la française, sur laquelle le Premier ministre, Manuel Valls, paraît plus mesuré. (voir ID:nL6N0UR1LD ) Nicolas Sarkozy avait fait polémique en créant un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale lorsqu'il était à l'Elysée et s'était invité dans l'organisation des autorités religieuses à travers la création d'un Conseil français du culte musulman. Jugeant que les responsables politiques étaient "sur le fil du rasoir tant les tensions au sein de la société française sont grandes" et regrettant le "sectarisme" qui a exclu le Front national de la marche de dimanche, il a affirmé lundi sur RTL que ces questions étaient à nouveau posées. "Je dois mesurer mes propos pour éviter que nous basculions de l'unité nationale vers l'affrontement national (...) Je n'ai pas l'intention de jeter de l'huile sur le feu", a-t-il dit en préambule. "En même temps, il y a des millions de gens qui se disent, 'est-ce que les responsables sont lucides, est-ce qu'ils vont mettre des mots sur les réalités ? La question de l'immigration, la question de l'islam, elles sont clairement posées bien sûr." S'il a dit ne pas lier directement l'immigration et l'islam aux attentats de la semaine dernière, il a expliqué que la première pouvait poser des difficultés structurelles, de même que l'absence de sélection des imams, dont certains sont accusés de participer à la radicalisation des jeunes. "L'immigration n'est pas liée au terrorisme mais complique les choses parce que cette immigration qu'on a tant de mal à juguler crée la difficulté d'intégration, la difficulté d'intégration crée le communautarisme et à l'intérieur du communautarisme peuvent se glisser des individus comme ceux que nous avons vus", a-t-il dit. L'ÉTAT POUR CHOISIR LES IMAMS "Je ne dirais pas que l'immigration et ce que nous connaissons sont liés, ce serait absurde et excessif, mais ça complique la situation parce que lorsque l'intégration ne marche plus, nous avons un problème pour gérer un certain nombre d'individus sur notre territoire national", a-t-il ajouté. Sur la question religieuse, il a dit son intention de s'entretenir rapidement avec les représentants de toutes les confessions, "y compris avec les représentants de l'islam parce qu'ils ont leur part de responsabilités". L'ancien président suggère de "discuter avec l'islam de France pour voir de quelle façon l'Etat, les autorités de la communauté musulmane, pourraient prendre la responsabilité d'habiliter ou refuser l'habilitation à un imam". Au-delà de ces sujets qu'il a présentés comme les mesures "structurelles" à prendre, Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux une commission d'enquête parlementaire sur la préparation de ces attentats, qui a échappé aux services de renseignement. Il a en outre proposé plusieurs mesures d'urgence : d'abord l'encellulement individuel des potentiels djihadistes, ensuite l'interdiction du retour en France des personnes parties se former au maniement des armes et au djihad à l'étranger. Il souhaite un renforcement des moyens du renseignement français et "exonérer les services de renseignement et la sécurité des mesures d'économie". Sur ce sujet, il a estimé que les services de renseignement devraient avoir beaucoup plus de marges de manoeuvre juridiques, évoquant sans le dire un "Patriot Act" sur le modèle américain adopté après les attentats du 11 septembre 2001. "Est-ce que nous ne devons pas (...) revoir sur certains points l'équilibre entre la liberté de chacun, qui est essentielle, et l'efficacité de nos services de police ?", a-t-il demandé. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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