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France-Sarkozy défend son "plan Marshall" pour les zones rurales

Reuters03/02/2016 à 15:58
    * Un plan de 10 milliards d'euros sur cinq ans 
    * Sarkozy accuse Hollande d'avoir négligé les agriculteurs 
    * Le vote paysan échappe à la droite au profit du FN 
 
    PARIS, 3 février (Reuters) - Nicolas Sarkozy a plaidé 
mercredi pour un "plan Marshall" de dix milliards d'euros face 
au "drame" du monde agricole, accusant François Hollande d'avoir 
réduit l'agriculture à "une variable d'ajustement de la 
politique écologique du gouvernement". 
    La crise des éleveurs domine actuellement la campagne pour 
la primaire de la droite et du centre en vue de l'élection 
présidentielle de 2017. 
    L'opposition s'attache à reconquérir un électorat paysan 
qui, après être resté longtemps réfractaire au Front national, 
se tourne de plus en plus vers le parti de Marine Le Pen. 
    L'ancien ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a dégainé 
le premier en adressant le 28 janvier une lettre ouverte au 
président pour lui réclamer des mesures d'urgence, suivi par 
l'ex-Premier ministre François Fillon ou Jean-François Copé.  
    "Le monde agricole traverse une crise absolument majeure. Et 
chaque Français (...) doit comprendre que nous sommes tous 
concernés par le drame", a souligné Nicolas Sarkozy, lancé 
lui-même dans un entreprise de reconquête électorale, au terme 
d'une matinée de travail des Républicains sur l'agriculture. 
    "Nous avons une obligation morale à l'égard de nos 
agriculteurs. Ce qui est en cause, ce n'est ni plus ni moins que 
l'abandon d'une identité française et de la première filière 
industrielle française", a-t-il poursuivi. 
    François Hollande est pressé par les agriculteurs, qui 
poursuivent manifestations et barrages, et l'opposition de 
s'exprimer publiquement sur la crise, les aides proposées par le 
gouvernenement ayant été jugées insuffisantes.  
    Il a fait savoir mardi qu'il le ferait avant le Salon de 
l'agriculture, qui se tiendra du 27 février au 6 mars à Paris. 
         
    LES AGRICULTEURS SE TOURNENT VERS LE FN 
    "Voilà le bilan de François Hollande: en 2015, la France 
n'est plus la troisième puissance agricole exportatrice. En 
quatre ans, nous sommes passés du troisième rang au cinquième", 
a dit Nicolas Sarkozy, déplorant notamment dans l'embargo 
européen contre la Russie, une erreur selon lui. 
    Le prédécesseur de François Hollande a dénoncé un excès de 
charges et de normes, une fiscalité inadaptée et trop lourde, un 
manque d'investissements. Thèmes développés dans une proposition 
de loi LR qui a été adoptée au Sénat mais a peu de chances 
d'être votée à l'Assemblée, où son examen débute jeudi. 
    "Le temps est venu d'un véritable plan Marshall pour la 
ruralité", un plan sur cinq ans, a dit Nicolas Sarkozy en citant 
le succès que représentent à ses yeux les plans de rénovation 
des banlieues lancés par la droite dans les années 2000. 
    "C'est un plan que nous envisageons autour de dix milliards 
d'euros, avec des contrats de revitalisation (...) qui 
permettront un fort effet de levier financier de l'Etat", a-t-il 
expliqué. "Un euro investi dans la ville doit correspondre à un 
euro investi dans nos campagnes". 
    Les élections municipales, en mars 2014, et les élections 
régionales de décembre dernier ont montré une progression 
sensible du Front national dans les territoires ruraux où le 
discours protectionniste du FN et sa dénonciation de la 
Politique agricole commune (PAC), trouvent un écho favorable. 
    Selon un sondage réalisé en avril 2015 par BVA pour la revue 
agricole Terre-net, 36% des agriculteurs se disaient prêts à 
voter pour Marine Le Pen en 2017. Au premier tour de la 
présidentielle de 2012, la présidente du FN a obtenu 19,5% des 
voix paysannes.  
 
 (Simon Carraud et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 

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