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France-Nouvelles violences à Paris contre la loi Travail

Reuters15/09/2016 à 18:47
    * Dernière manifestation pour Force ouvrière 
    * Le "patron" de la CGT dément que ce soit un baroud 
d'honneur 
    * De nouveaux heurts à Paris, au moins 6 blessés 
 
 (Actualisé avec chiffres nationaux) 
    PARIS, 15 septembre (Reuters) - Des milliers de personnes 
ont défilé jeudi à Paris, où de nouvelles violences ont éclaté, 
et en province contre la loi Travail pour ce qui pourrait être 
une ultime journée de mobilisation sous la forme de 
manifestations. 
    Plus de 170.000 personnes ont manifesté dans toute la France 
selon la CGT et 77.500 à 78.500 d'après le ministère de 
l'Intérieur. Lors de la précédente journée de mobilisation, le 5 
juillet dernier, la police n'avait répertorié que 30.000 
manifestants sur le territoire. 
    Dans la capitale, des heurts entre des groupes de "casseurs" 
et les forces de l'ordre ont fait au moins six blessés, cinq 
policiers et un manifestant. Quinze personnes ont été 
interpellées, selon la police. 
    Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, 
a fait savoir que la manifestation de ce jeudi serait la 
dernière pour son syndicat, qui compte poursuivre la bataille 
contre la loi Travail sur d'autres terrains. 
    "Pour le moment, on lève le pied sur les manifs, on ne va 
pas en faire toutes les semaines", a-t-il nuancé au départ de la 
manifestation parisienne. "Il y a d'autres manières de combattre 
la loi Travail. Il y a notamment les aspects juridiques : les 
services de FO travaillent sur tous les recours possibles." 
    Philippe Martinez, le dirigeant de la CGT, a récusé qu'il 
s'agisse d'un baroud d'honneur pour les opposants au texte de la 
ministre du Travail Myriam El Khomri. 
    "Ce n'est pas un baroud d'honneur", a-t-il dit, affirmant 
que l'unité syndicale n'avait pas volé en éclats. "On est encore 
là et on est déterminés. On va se revoir, on va discuter et on 
verra ce qu'on décide", a-t-il dit. 
    Sept organisations participaient à cette 14e journée de 
manifestations depuis mars et la première depuis la 
promulgation, le 8 août, du texte à l'origine de mois de 
contestation au Parlement et dans les rues au printemps. 
    La CGT, FO, la FSU, Solidaires, les syndicats étudiant et 
lycéens Unef, Fidl et Unl, demandent toujours l'abrogation du 
texte réformant le Code du travail, qui consacre la primauté des 
accords d'entreprise sur les accords de branche. 
     
    PLUS DE 100 DÉFILES 
    La dernière journée "d'action" avant les vacances, le 5 
juillet, n'avait mobilisé que quelques dizaines de milliers de 
manifestants dans tout le pays, Paris compris, et les 
initiatives annoncées pour l'été n'ont guère été suivies. 
    Selon la CGT, plus de 100 manifestations, défilés et 
rassemblements étaient prévus ce jeudi en France.  
    A Paris, 40.000 personnes selon les syndicats et 12.500 à 
13.500 d'après la police ont défilé de la place de la Bastille à 
celle de la République sous haute surveillance policière. De 
premiers heurts ont éclaté à la fin de la manifestation après le 
jet de cocktails molotov par un petit groupe. Les forces de 
l'ordre ont riposté avec des grenades lacrymogènes. 
    D'autres incidents ont éclaté après la fin du cortège quand 
des centaines de personnes ont refusé de se disperser, jetant 
des projectiles et cocktails molotov sur les forces de l'ordre. 
    Cinq policiers ont été blessés, dont un brûlé à la jambe, 
ainsi qu'un manifestant, a indiqué la préfecture de police. Un 
cameraman de Reuters TV a également été légèrement blessé à la 
jambe par un éclat de projectile des forces de l'ordre. 
    Quinze personnes ont été interpellées pour possession de 
projectiles prohibés, violences sur agents de la force publique 
ou rébellion, a indiqué la préfecture de police.  
    La plupart des personnes voulant manifester avaient été 
fouillées avant de pouvoir pénétrer dans le cortège. 
    A Belfort, la manifestation contre la loi travail s'est muée 
en un défilé de défense de l'usine Alstom menacée de fermeture. 
Elle a rassemblé 1.700 personnes, selon la police. 
    Les manifestants, parmi lesquels le député-maire Les 
Républicains de Belfort, Damien Meslot, ont effectué un 
aller-retour entre l'usine de production de motrices 
ferroviaires, où 400 emplois doivent disparaître d'ici deux ans, 
et la maison du Peuple, ou maison des syndicats, située en 
centre-ville. 
    A Nantes, ville qui était en pointe de la contestation au 
printemps, 5.000 personnes ont défilé, selon Fabrice David, 
secrétaire départemental de la CGT en Loire-Atlantique. La 
police, pour sa part, en a dénombré 3.800. 
    A Marseille, les organisateurs ont revendiqué 30.000 
manifestants mais la police n'en a dénombré que 2.690.  
    A Bordeaux, 1.300 personnes selon la police et 5.000 selon 
les syndicats ont manifesté contre la loi travail dans la 
confusion créée par l'arrivée de d'éléments perturbateurs dans 
le cortège de l'intersyndicale, qui a décidé d'écourter la 
manifestation en cours de parcours. 
    Des appels à la grève ont été lancés dans la fonction 
publique, à La Poste, ou à France télévisions. A la SNCF et à la 
RATP, le trafic était normal.  
    Dans le ciel, en revanche, plus de 15% des vols ont été 
annulés dans les aéroports parisiens à la demande de la 
Direction générale de l'aviation civile.  
 
 (Simon Carraud avec Emmanuel Jarry et Service France, édité par 
Yves Clarisse) 
 

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