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France-Les derniers abris de Calais détruits, les mineurs restent

Reuters31/10/2016 à 13:53
    * "Une belle opération", dit le directeur de l'Ofpra 
    * La question des mineurs isolés oppose Londres et Paris 
 
    LILLE/PARIS, 31 octobre (Reuters) - Les derniers abris de la 
"jungle" de Calais ont été détruits lundi, épilogue d'un 
démantèlement qui s'est déroulé sans heurts depuis une semaine, 
avec l'évacuation de plus de 6.000 migrants répartis dans des 
centres d'accueil à travers le pays.  
    Une polémique entre Paris et Londres sur le sort des quelque 
1.500 mineurs isolés qui résident toujours sur place, dans un 
Centre d'accueil provisoire (CAP), a toutefois terni le tableau 
de cette opération qualifiée de succès par les autorités.  
    "Ce soir, tous les abris en dur, toutes les tentes seront 
enlevés", a déclaré à Reuters un porte-parole de la préfecture 
du Pas-de-Calais. "Il restera ensuite à nettoyer plus finement 
toute la zone (...) Cela prendra un temps plus difficile à 
déterminer avec précision", a-t-il ajouté.  
    Deux abris servant pour l'un de mosquée, et pour l'autre 
d'église, seront par ailleurs laissés tels quels tant que des 
mineurs isolés seront présents, a-t-il précisé.  
    "Cette opération de démantèlement est un succès, la mission 
est remplie", estime le porte-parole.  
    Hormis des incendies d'abris accompagnés d'explosions de 
bouteilles de gaz qui ont fait un blessé léger parmi les 
migrants, l'opération s'est en effet déroulée sans tension. 
    Aucun heurt n'a éclaté entre les forces de l'ordre et les 
militants No border, comme pouvaient le craindre les autorités.  
    Pour Pascal Brice, directeur de l'Office français de 
protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), "c'est une belle 
opération de protection qui a été conduite". 
    "Pour moi, le succès, c'est que le travail de conviction 
engagé de longue date a produit ses effets", dit-il.  
     
    PAS DE RÉINSTALLATION POUR L'INSTANT 
    L'enthousiasme des migrants variait en effet selon les 
nationalités, avec notamment quelques Syriens très déterminés à 
passer en Grande-Bretagne. "Finalement, tous ont pu partir, y 
compris ceux qui avaient le plus de réticences", dit-il.  
    Ces hommes et ces femmes, dont 85% sont éligibles au statut 
de réfugié, selon les autorités, pourront désormais demander 
l'asile depuis leurs CAO.  
    Selon les accords de Dublin, les demandeurs d'asile qui ont 
déjà fait une demande ou laissé leurs empreintes dans un autre 
pays de l'Union européenne doivent être renvoyé vers ce pays. Le 
ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois fait 
savoir qu'il ne souhaitait pas "qu'à partir des CAO on procède à 
des opérations de 'dublinage'".  
    Reste la question épineuse des mineurs isolés, sur laquelle 
les gouvernements français et britanniques mènent des 
négociations tendues. La semaine dernière, Londres a appelé 
Paris à les protéger, suscitant l'agacement à Paris. 
    "Il revient aux Britanniques d'assurer pleinement leurs 
responsabilités", estime Pascal Brice.  
    L'autre grand défi pour les autorités françaises sera 
également d'éviter que ne se reconstitue un campement similaire 
à Calais ou dans ses environs, qui serait investi par des 
migrants souhaitant rejoindre clandestinement le Royaume-Uni. 
    "A ce stade, nous n'observons aucune réinstallation, le 
dispositif anti-squat fonctionne", assure le porte-parole de la 
préfecture. "Certains doivent se cacher", tempère toutefois 
François Guennoc, de l'ONG l'Auberge des migrants. 
    Le nombre de personnes installées aux abords de la station 
de métro Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, a 
explosé ces derniers jours, au moment où la "jungle" de Calais 
était démantelée, sans que l'on sache dans quelle mesure il y a 
eu un effet vases communicants. Une opération de contrôle des 
identités avait lieu dans ce campement parisien lundi. 
 ID:nL8N1D12R4  
    Samedi, François Hollande a assuré que la France ne 
tolérerait plus de camp de migrants sur son territoire.  
 
 (Pierre Savary à Lille et Chine Labbé à Paris, avec Alex Fraser 
et Oliver Barth à Calais, édité par Yves Clarisse) 
 

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