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France-Les appels à la démission de Jouyet se multiplient

Reuters10/11/2014 à 13:02

* Fillon aurait demandé à Jouyet de "taper vite" sur Sarkozy * Jouyet revient sur son démenti * Appels à sa démission à droite * Pour l'Elysée, cette affaire concerne la droite * Sarkozy est "abasourdi", selon son porte-parole PARIS, 10 novembre (Reuters) - Les appels à la démission du secrétaire général de l'Elysée, qui a dit avoir évoqué avec l'ancien Premier ministre UMP François Fillon les affaires de financement de campagne électorale qui pourraient éclabousser Nicolas Sarkozy, se sont multipliés lundi à droite. Mais les services de la présidence de la République estiment que les affaires évoquées concernent la droite. "Jean-Pierre Jouyet s'est exprimé, il a apporté les précisions qu'il voulait apporter", dit-on à l'Elysée. "Les affaires dont on parle, que ce soit l'affaire Bygmalion ou l'affaire des comptes de campagne, sont des histoires qui ne concernent pas l'exécutif mais qui concernent la droite", ajoute-t-on, précisant qu'il n'est pas prévu de communication dans la journée. Cette ligne de défense est rejetée par la droite. "Jean-Pierre Jouyet est confondu de manipulation et de mensonge et je crois qu'il doit quitter immédiatement son poste de secrétaire général de l'Elysée", a déclaré lundi sur RTL Gérald Darmanin, porte-parole de Nicolas Sarkozy. "C'est le collaborateur principal de François Hollande, son meilleur ami (...) Monsieur François Hollande est très largement concerné par cette histoire", a ajouté le député UMP, disant l'ex-chef de l'Etat "abasourdi" par cette affaire. "À qui profite le crime? Évidemment à la gauche et à François Hollande qui souhaitent mettre une espèce de brouhaha dans l'opposition qui se reconstruit." Dimanche, Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l'UMP, a lui aussi réclamé la démission de Jean-Pierre Jouyet. L'ELYSEE FAIT LE GROS DOS Lors d'un repas fin juin, François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy en faisant accélérer les procédures judiciaires à son encontre pour ne pas "le laisser revenir" en politique, écrivent dans un livre les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Après un démenti, le secrétaire général de la présidence est revenu sur ses dires dimanches, en affirmant que l'ex-Premier ministre lui avait effectivement parlé de deux affaires : le dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures pour financer le dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et celui du paiement des pénalités liées à l'invalidation de ces comptes. Des propos une nouvelle fois démentis par François Fillon dimanche, qui a également nié avoir simplement évoqué avec Jean-Pierre Jouyet les affaires pouvant viser Nicolas Sarkozy. Il a menacé dimanche sur TF1 de porter plainte contre les journalistes du Monde. "S'il est avéré que les propos ont été tenus, c'est vis-à-vis de M. Jouyet que nous aurons une explication judiciaire", a-t-il ajouté. L'Elysée se retranche derrière la ligne selon laquelle il n'y a pas eu d'intervention dans les affaires de justice. "Il y a un principe et une pratique à l'Elysée qui est celle de la non-intervention judiciaire, c'est le cas depuis 2012, c'est le cas aujourd'hui et ce sera le cas demain", dit-on. Un proche de Jean-Pierre Jouyet espère que l'affaire finira par se dégonfler mais n'en semble pas totalement certain. "Le fait qu'il y ait des trucs entre (François) Fillon et (Nicolas) Sarkozy et que cela se retourne contre Jouyet, c'est quand même totalement absurde. J'espère que ça va retomber, que la justice suive son cours et puis on verra", a-t-il dit lundi. "LE SCALP" DE JOUYET Des doutes s'expriment aussi au sein de la majorité. Pour le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, Jean-Pierre Jouyet est au maximum coupable de "maladresse", et cette histoire est avant tout le reflet de la "violence" des tensions existant entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. "Vouloir le scalp (de Jean-Pierre Jouyet) (...) pour essayer de se dédouaner des débats internes et de la violence présente aujourd'hui dans leurs débats, c'est quelque chose d'absolument inadmissible", a-t-il dit sur i>TELE. Mais sur BFM TV, Alexis Bachelay, député PS des Hauts-de-Seine, a émis l'hypothèse du départ de Jean-Pierre Jouyet. "Si pour éviter une affaire dans l'affaire, il doit se retirer, qu'il le fasse", a-t-il dit. A droite, on estime que l'enregistrement de la conversation entre François Fillon et Jean-Pierre Jouyet doit être publié pour faire toute la clarté. C'est ce qu'a demandé lundi sur Europe 1 Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, mais aussi Gérald Darmanin, selon qui sa non-publication nourrit des soupçons sur la présence d'autres personnes à ce déjeuner, et pourquoi pas le chef de l'Etat. "C'est une accusation très grave qui pourrait aujourd'hui se profiler, que l'exécutif aujourd'hui, plutôt que de s'occuper des intérêts de la France, s'occupe de l'opposition et essaye manifestement de tuer dans l'oeuf la reconstruction de l'opposition", a-t-il dit. Mais Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont fait savoir qu'ils n'entendaient céder à aucune pression et comptaient garder les bandes pour la justice. (Chine Labbé, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)


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