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France-Le PS débat samedi des modalités d'une primaire à gauche

Reuters08/04/2016 à 16:38
    * Un conseil national du PS pour arrêter les principes 
    * Europe Ecologie-Les Verts aussi réuni samedi 
    * La concrétisation de l'exercice reste douteuse 
 
    PARIS, 8 avril (Reuters) - Le Parti socialiste se prononcera 
samedi pour l'organisation d'une primaire à gauche afin de 
désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2017, mais 
les désaccords sur les modalités rendent sa concrétisation très 
incertaine. 
    Après avoir été longtemps écarté par les proches de François 
Hollande, qui soulignaient qu'un président en fonction n'avait 
pas à se soumettre à cet exercice prévu par les statuts du 
parti, les ténors du PS se sont ralliés à l'idée d'organiser un 
scrutin à gauche pour présenter un seul candidat susceptible de 
passer au second tour, notamment face au Front national. 
    Mais le débat, qui concernera aussi les écologistes d'EELV 
réunis séparément samedi sur le même dossier, est délicat. 
    "Il est temps que le PS collectivement dise : 'oui, nous 
voulons participer à l'organisation des primaires de toute la 
gauche et des écologistes", a déclaré vendredi à Reuters  
Corinne Narassigin, porte-parole du parti. 
    Les principes sont que tous ceux qui participent à ce 
processus s'engagent à soutenir celui qui sortira vainqueur, 
qu'il n'y ait pas de calendrier préalable qui exclurait de fait 
certains candidats et que l'on n'impose pas un programme. 
    La primaire ne pourrait ainsi avoir lieu qu'à une date qui 
permettrait à François Hollande d'y participer, par exemple si 
elle était fixée de manière trop précoce, ce qui embarrasserait 
un président censé être à sa tâche jusqu'à la fin de son mandat. 
    Plusieurs sources au PS évoquent début décembre mais cette 
date ne sera pas arrêtée samedi lors du conseil national du PS, 
qui n'adoptera que des grands principes, les modalités devant 
être précisées "probablement" en juin, a dit Corinne Narassigin. 
    "Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs", 
a-t-elle ajouté en soulignant que l'enjeu principal de la 
primaire était d'éviter que le FN se retrouve au second tour. 
     
    UNE PRIMAIRE POUR DESIGNER HOLLANDE ? 
    Mais l'absence d'accord sur ses modalités risquent de rendre 
l'organisation de la primaire difficile et de donner raison à 
l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit qui a estimé dans Le 
Monde de mardi dernier qu'il était "très pessimiste" car "le 
fossé entre toutes les composantes de la gauche et des 
écologistes ne cesse de grandir". 
    La décision du cofondateur du Parti de gauche, Jean-Luc 
Mélenchon, de se porter candidat en refusant de participer à la 
primaire avait déjà ôté beaucoup d'intérêt à l'exercice. 
    Les partisans de François Hollande, quant à eux, veulent une 
sorte de "primaire avant la primaire", à savoir que le PS, 
archidominant par rapport à la gauche, désignerait le président 
sortant comme son candidat au scrutin. 
    "Nous disons simplement depuis le début que si tout le monde 
veut la primaire alors nous aurons primaire", a assuré Bruno Le 
Roux, le chef du groupe PS à l'Assemblée nationale vendredi sur 
LCP. "Et que le Parti socialiste désignera un candidat pour 
aller à la primaire de la gauche". 
    Il espère que le Président de la République en sortira 
vainqueur : "Pour moi ça ne fait aucun doute que mon candidat à 
ce moment-là, je le dirai clairement, je le dis dès maintenant, 
ce sera de poursuivre avec le Président de la République." 
    Le Premier ministre Manuel Valls a déclaré dans la dernière 
édition du Journal du dimanche qu'il n'y avait "pas 
d'alternative à François Hollande à gauche." 
    Près de sept Français sur dix, 69%, se disent favorables à 
l'organisation d'une primaire à gauche à la prochaine élection 
présidentielle, selon un sondage Elabe pour BFM TV.  
    Emmanuel Macron est le favori de l'ensemble des sondés, qui 
considèrent à 46% qu'il ferait un bon candidat, suivi de près 
par Nicolas Hulot avec 44%, Manuel Valls avec 42%, Martine Aubry 
avec 37% et Arnaud Montebourg avec 35%. Seuls 20% des sondés 
plébiscitent une candidature de François Hollande.      
 
 (Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 

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