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France-Le mouvement anti-loi travail s'étend aux transports

Reuters01/06/2016 à 16:50
    * 60% des TGV circulent, perturbations pour les TER et 
Intercités 
    * Grève jeudi à la RATP, puis dans l'aérien 
    * La CGT veut relancer le mouvement dans le secteur énergie 
    * Le Sénat examine à son tour la loi Travail 
 
 (Avec informations complémentaires, appels à la grève) 
    PARIS, 1er juin (Reuters) - Le trafic SNCF a été perturbé 
mercredi par des grèves reconductibles à l'appel de trois 
syndicats, sur des revendications purement internes à 
l'entreprise pour l'Unsa, également contre la loi Travail pour 
la CGT et Sud-Rail. 
    Ce mouvement intervient en pleine négociation sur une 
nouvelle organisation du travail à la SNCF. L'Unsa ferroviaire 
devait se prononcer dans la journée sur la levée ou non de son 
préavis pour les prochains jours, en fonction du contenu d'un 
relevé de conclusions de la direction de l'entreprise.  
    La fédération CFDT des cheminots s'est déjà retirée du 
mouvement à la suite d'un compromis conclu directement avec le 
secrétariat d'Etat aux Transports le week-end dernier. 
    Selon la SNCF, le taux de grévistes était de 17% à la 
mi-journée, en hausse de plus de six points par rapport au 25 
mai mais loin des 35,5% du 9 mars ou des 24,2% du 31 mars. 
    La SNCF a fait état de six TGV sur dix en circulation en 
moyenne, de quatre Transiliens sur dix, d'un TER sur deux, un 
Intercités sur trois, avec des prévisions similaires pour jeudi. 
    En Ile-de-France, le trafic était normal sur le RER A mais 
seuls un tiers des RER B, D et E et 40% des RER C circulaient. 
    Sur le réseau international, le trafic était normal pour 
Eurostar et Alleo (Allemagne), alors que 75% des Lyria (Suisse) 
et Thalys (Belgique et Pays-Bas), 40% des Ellipsos (Espagne) et 
un tiers des trains SVI (Italie) étaient programmés. 
    Des perturbations sont aussi attendues à partir de jeudi sur 
le RER B, géré par la Régie autonome des transports parisiens 
(RATP), qui prévoit en revanche un trafic normal dans le métro, 
les bus, les tramways et le RER A. 
    Les syndicats de la Direction générale de l'aviation civile 
(DGAC) ont déposé un préavis de grève du 3 au 5 juin. Quant au 
Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui appelle à une 
grève dure en juin, il a été rejoint par le syndicat des pilotes 
d'Air France (Spaf).   
    Selon le secrétariat d'Etat aux Transports, la situation 
s'améliore du côté des stations-services. "Nous sommes passés 
en-dessous de 5% de stations fermées", a dit son porte-parole. 
         
    "NOUS TIENDRONS", DIT VALLS 
    "Si le gouvernement, demain, dit 'on discute', il n'y a plus 
de grève", a redit sur la chaîne de télévision LCP le secrétaire 
général de la CGT, Philippe Martinez, selon qui le projet de loi 
sur le travail ouvre la porte à un "dumping social" généralisé. 
    Le premier ministre, Manuel Valls a répliqué lors des 
questions d'actualité à l'Assemblée que sa "porte était ouverte" 
et qu'il attendait "des propositions de certains" mais que le 
texte, dont le Sénat a entamé l'examen, ne serait pas retiré. 
    La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a estimé que le 
retrait du texte ne semblait plus un préalable pour la CGT mais 
laissé entendre qu'elle ne donnerait suite aux demandes de son 
secrétaire général qu'après la séquence sénatoriale. 
    La droite, majoritaire au Sénat, entend réécrire entièrement 
le projet de loi dans un sens plus libéral, tout en sachant que 
le gouvernement rétablira, à son retour à l'Assemblée, le texte 
sur lequel il a engagé sa responsabilité en première lecture. 
    François Hollande et Manuel Valls espèrent que cette 
comparaison jouera en faveur de la version gouvernementale et 
fera "progresser la raison" chez les députés de gauche qui 
avaient refusé de le voter en première lecture.   
    Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui 
soutient le texte, s'est dit confiant sur LCI en une sortie de 
crise : "Je pense qu'elle n'est peut-être pas si loin que ça, à 
condition que chacun refasse appel à l'intelligence collective." 
    En attendant, la grogne continue de monter du côté patronal 
face aux blocages orchestrés par les opposants au projet de loi. 
    "Il est temps maintenant de mettre fin à un mouvement qui 
n'a plus de social que le nom", dit dans un communiqué la CGPME. 
 
 (Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 

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