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France-Le Medef veut rouvrir les dossiers chômage et retraite

Reuters14/10/2014 à 19:42

* L'Unedic prévoit un déficit de 3,8 milliards en 2014 * Gattaz veut rediscuter de l'assurance chômage début 2015 * Il demande au gouvernement de revoir l'âge de la retraite (Avec détails, contexte) PARIS, 14 octobre (Reuters) - Le Medef a demandé mardi la réouverture du dossier de l'assurance chômage, dans la foulée des déclarations du Premier ministre, Manuel Valls, et de son ministre de l'Economie, selon qui il ne saurait y avoir de tabou en la matière. Le président de l'organisation patronale a aussi demandé la réouverture du dossier des retraites et l'abrogation du compte pénibilité mis en place par la réforme de 2013. "Nous sommes prêts à rouvrir le dossier de l'assurance chômage", a déclaré Pierre Gattaz lors d'une conférence de presse. "La situation se dégradant, il est urgent de regarder ce problème avec les partenaires sociaux." Les organisations syndicales et patronales gestionnaires de l'assurance chômage au sein de l'Unedic ont conclu en mars une nouvelle convention, en vigueur depuis le 1er juillet, qui fixe les modalités d'indemnisation des chômeurs jusqu'en 2016. Une échéance que les syndicats refusent à ce stade d'anticiper. Or l'Unedic prévoit un déficit de 3,8 milliards d'euros en 2014 et de 3,5 milliards en 2015, portant à 24,9 milliards sa dette cumulée à la fin de l'année prochaine. Selon l'organisme, ce déficit serait supérieur de 300 millions en 2014 et 830 millions en 2015 sans les économies prévues par la convention. Mais le Medef et le ministre de l'Economie se rejoignent pour les juger insuffisantes. "Nous savions que cette convention chômage était imparfaite, je n'étais pas très heureux de l'avoir signée. Il faut regarder (...) comment on peut l'améliorer", a déclaré Pierre Gattaz, qui a lancé aux syndicats un "appel à la responsabilité". "LUTTE DES CLASSES LARVÉE" Il a estimé que les partenaires sociaux devraient mettre à profit début 2015 une "clause de rendez-vous", prévue selon lui par l'accord de mars mais dont les syndicats contestent l'interprétation, pour remettre l'ouvrage sur le métier. L'article 11 de cet accord - dont la rédaction est plus vague dans la convention proprement dite - stipule que les parties signataires "se réuniront tous les six mois après (sa) date d'entrée en vigueur pour suivre (sa) mise en oeuvre et l'évolution de la situation financière du régime". Le ministre de l'Economie a pour sa part suscité un tollé dans la majorité et les syndicats en estimant dans le Journal du dimanche qu'il ne devait "pas y avoir de tabou, ni de posture". "Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là", a dit Emmanuel Macron, selon qui l'Etat pourrait "reprendre la main" en cas de blocages "trop lourds". Une hypothèse que n'a pas écartée Pierre Gattaz : "Si les partenaires sociaux ne se mettent pas d'accord (...) il faudra bien que quelqu'un reprenne la main", a-t-il dit. Mais le président du Medef, qui a déploré l'existence d'une "lutte des classes larvée" en France, ne s'en est pas tenu là. "Il faut aussi faire la même chose sur la retraite", a-t-il déclaré. La réforme des retraites de 2013, en vigueur depuis janvier, "est une non réforme, elle ne règle rien (...) elle est basée sur des hypothèse de croissance complètement farfelues." Le Medef demande "officiellement" une nouvelle réforme, portant notamment sur un nouveau report de l'âge légal de la retraite aujourd'hui fixé à 62 ans, a-t-il précisé. "INCOHÉRENCE" Il demande aussi "l'abrogation pure et simple" du compte de pénibilité mis en place par la réforme de 2013 et dont les décrets d'application ont été publiés vendredi. Quatre facteurs ouvriront des droits à une formation, une compensation salariale ou un départ anticipé à la retraite à compter du 1er janvier 2015 : travail de nuit, en équipes alternantes, répétitif et en milieu hyperbare. Six facteurs supplémentaires entreront en vigueur le 1er janvier 2016 : port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, bruit, températures extrêmes et agents chimiques dangereux. Le Medef juge ce dispositif trop complexe et trop coûteux pour les entreprises, en particulier pour les PME, et dénonce un "flagrant délit d'incohérence". "Nous avions compris que ce décret ne devait concerner que quatre facteurs de pénibilité", a expliqué Pierre Gattaz. "Or, tout est sorti vendredi avec la définition de seuils au doigt mouillé qui sont des handicaps extrêmes pour les PME." Si le gouvernement ne remédie pas à toutes ces "incohérences", a-t-il averti, "la base va se mettre à hurler" et les chefs d'entreprises cesseront d'embaucher et d'investir. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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