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France-Le gouvernement tient bon sur la loi Travail

Reuters25/05/2016 à 22:21
    * "Tous les moyens" seront utilisés, dit Urvoas 
    * Un dépôt de carburant dans le Nord a été débloqué par les 
CRS 
    * La droite appelle à la réquisition de salariés 
    * La CGT promet que la mobilisation va "continuer" 
 
 (Actualisé avec levée des restrictions dans l'Ouest §§ 13 et 
14) 
    PARIS, 25 mai (Reuters) - Le gouvernement a promis mercredi 
d'empêcher les syndicats opposés à la réforme du Code du travail 
de paralyser la France, notamment en bloquant les dépôts de 
carburant, et s'est engagé à maintenir le projet de loi, malgré 
la contestation. 
    La porte ouverte mercredi par le président du groupe 
socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, qui a évoqué 
une modification de l'article 2 du projet de loi donnant la 
priorité aux accords d'entreprise, coeur de la réforme, a 
rapidement été refermée par le Premier ministre Manuel Valls. 
    "Ma porte est toujours ouverte pour le dialogue mais la CGT 
ne fait pas la loi dans ce pays", a-t-il dit lors des questions 
au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Il n'y aura ni retrait 
du texte ni remise en cause de l'article 2."   
    Le bras de fer s'est durci entre le gouvernement et la CGT, 
qui, avec l'appui de Force ouvrière dans certains secteurs, 
multiplie les actions dans le ferroviaire, le nucléaire, 
l'aérien et les ports, notamment lors d'une nouvelle journée 
d'action jeudi dans toute la France. 
    Les personnels des 19 centrales nucléaires françaises ont 
voté la grève pour cette journée, a déclaré Marie-Claire 
Cailletaud, porte-parole de la fédération de l'énergie et des 
mines de la CGT.   
    Ce mouvement devrait entraîner des baisses de charge, mais 
non l'arrêt des centrales, a-t-elle précisé à Reuters. 
    Mais la CGT et SUD-Rail, qui ont appelé à une grève à la 
SNCF ce mercredi et jeudi, peinent à mobiliser : l'entreprise a 
annoncé 10,6% de grévistes mercredi, le taux le plus bas depuis 
le début de la mobilisation contre la loi Travail. 
    "Nous agissons pour les Français et pour que notre économie 
ne soit pas asphyxiée par les agissements de quelques-uns", a 
expliqué Manuel Valls devant les députés. 
     
    DÉBLOCAGE DES DÉPÔTS 
    Pour les organisations patronales Medef et CGPME, il est 
temps d'agir pour éviter des faillites d'entreprises. 
    "Les grèves dans les transports et les difficultés 
d'approvisionnement en carburant commencent à impacter 
l'activité économique dans notre pays", peut-on lire dans leur 
communiqué. "Certaines entreprises tournent au ralenti, les plus 
fragiles d'entre elles voyant même leur existence menacée." 
    Le gouvernement, qui a fait savoir que la situation était 
"tendue" en région parisienne, avec un peu plus de 40% des 
stations-service en difficulté mercredi - continue à "libérer" 
les accès aux dépôts de carburants.     
    Onze dépôts ont été débloqués depuis le début de la crise, 
dont, mercredi, celui de Douchy-les-Mines, selon le secrétaire 
d'Etat chargé des Transports, Alain Vidalies. 
    "Compte-tenu des efforts très importants réalisés pour 
approvisionner le réseau des stations-services", les préfets des 
régions Normandie, Bretagne, Centre et Pays-de-la-Loire sont sur 
le point de lever les restrictions d'approvisionnement, a fait 
savoir le préfet de la zone Ouest dans un communiqué. 
    De nombreuses préfectures d'un grand quart nord-ouest de la 
France avaient pris ces derniers jours des mesures pour limiter 
les volumes de carburant que les automobilistes pouvaient se 
procurer. 
    Les compagnies pétrolières ont commencé il y a deux jours à 
utiliser les stocks stratégiques de pétrole en France, en 
collaboration avec les pouvoirs publics, a annoncé le président 
de l'Union française des industries pétrolières. 
    Ces stocks ont toutefois été utilisés "d'une manière qui 
reste relativement marginale, trois jours sur 115 jours de 
stocks", a assuré à la presse Alain Vidalies à la sortie du 
conseil des ministres.  
    Des experts du dossier soulignent eux aussi qu'il n'y a 
aucun risque de pénurie : les stocks stratégiques se situent 
toujours au-delà du seuil de cent jours de consommation requis 
par les traités internationaux mais tous ne sont pas pour le 
moment accessibles aux camions de livraison. 
     
    RÉQUISITIONS PAS ENCORE ENVISAGÉES 
    Pour empêcher un blocage, le gouvernement peut également 
réquisitionner des personnels dans les raffineries en cas de 
grève, une possibilité à laquelle le gouvernement de Nicolas 
Sarkozy a eu recours en 2010, a souligné Jean-Jacques Urvoas.  
    Plusieurs élus de l'opposition ont demandé au gouvernement 
de mettre en oeuvre des mesures de réquisition.  
    Cette possibilité n'a pas encore été évoquée, selon Alain 
Vidalies, mais, selon le ministre de la Justice Jean-Jacques 
Urvoas, le gouvernement n'exclut pas de l'étudier.  
    Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a quant 
à lui assuré que la mobilisation allait "continuer". 
   "Monsieur Hollande, dans son programme des élections 
présidentielles, n'a jamais dit 'je vais casser le Code du 
travail'", a-t-il dit sur France Inter, ajoutant que la 
mobilisation contre la loi Travail était "le reflet de tout ce 
mécontentement que nous connaissons depuis des années". 
    Selon un sondage, réalisé par l'institut Elabe pour BFM TV, 
69% des Français sont favorables au retrait du projet de loi 
Travail pour éviter un blocage du pays.   
 
 (Chine Labbé, avec Michel Rose, James Regan, Ingrid Melander, 
Jean-Baptiste Vey, Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par 
Simon Carraud) 
 

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