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France-Le gouvernement prévoit 3,2 mds d'économies sur la santé

Reuters29/09/2014 à 22:01

PARIS, 29 septembre (Reuters) - Le gouvernement entend réduire de près de 9,5 milliards d'euros les dépenses de Sécurité sociale en 2015, dont 3,2 milliards de dépenses de santé et 700 millions d'euros dans le domaine de la politique de la famille. Le déficit du régime général de la Sécurité sociale devrait atteindre 11,7 milliards d'euros en 2014 au lieu des 9,6 milliards prévus dans la loi de financement de la Sécurité sociale - un chiffre déjà révisé à la hausse, à 9,9 milliards, en juin. La Commission des comptes de la "Sécu" estime que sans nouvelle mesure, le déficit recommencera à se dégrader en 2015 et pourrait atteindre 14,6 milliards d'euros. Deux des mesures d'économie concernant la famille ont déjà fait l'objet de fuites dans la presse et suscitent un tollé de la part des associations familiales et de l'opposition de droite. La première revient de facto à diviser par trois la prime à la naissance et à l'adoption à partir du deuxième enfant. Economie attendue par le gouvernement : 250 millions d'euros. Versée au septième mois de la grossesse, elle s'élevait à 923 euros au 1er avril dernier. Elle est jusqu'ici identique quel que soit le rang de l'enfant. Le gouvernement veut réduire cette prime à 308 euros pour les naissances après le premier enfant, à partir du 1er janvier 2015. La seconde mesure, que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, assurent ne pas avoir encore chiffrée, est la réforme du congé parental. La durée du congé parental sera maintenue à trois ans au total au-delà d'un enfant mais partagée entre le père et la mère et tout parent qui ne demandera pas à en bénéficier en perdra le bénéfice. La clef de partage sera précisée par décret. "Ça peut être 18 mois-18 mois, c'est une option", a déclaré Marisol Touraine lors de la présentation des grandes lignes du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS), qui sera examiné par le conseil des ministres le 8 octobre. "Ce gouvernement aime les familles, ce gouvernement soutient les familles", a-t-elle dit en réponse aux critiques. "MATRAQUAGE" Le gouvernement attend par ailleurs de la maîtrise de la progression des dépenses de santé près de 3,2 milliards d'euros d'économies en 2015, ce qui correspond à un objectif national de de progression des dépenses d'assurance maladie (Ondam) de 2,1%. Le gouvernement évalue ainsi à 520 millions d'euros les économies qui pourront être réalisées grâce à une amélioration de la gestion des hôpitaux, à 370 millions l'effet du développement de la chirurgie ambulatoire, à 550 millions celui de la baisse des prix des médicaments, à quoi s'ajoutent 435 millions grâce au développement des génériques. Il attend également 1,155 milliard d'économies d'une amélioration de la "pertinence des soins" et 500 millions sur la gestion des organismes de protection sociale (1,2 milliard en trois ans) . Christian Eckert assure en revanche qu'une réforme des seuils d'exonération ou de taux réduit de CSG pour les retraités, inscrite dans le PLFSS, sera neutre. Il s'agit simplement, a-t-il expliqué, de limiter les allers et retours de centaines de milliers de personnes du taux réduit de CSG au taux plein d'une année sur l'autre. Le député Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a dénoncé sur Europe 1 "un matraquage sans précédent de la famille", alors que la politique familiale est pour lui "une politique qui marche". Avec la baisse des aides à la garde d'enfants pour certains ménages, "on va se retrouver avec des solutions de travail au noir", a-t-il dit. (Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)

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