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France-Le gouvernement ouvert aux demandes des jeunes

Reuters06/04/2016 à 15:55
    * Les organisations de jeunes reçues par trois ministres 
    * Tous saluent des échanges constructifs 
    * L'idée d'une bourse pour jeunes diplômés sur la table 
    * Des arbitrages de Manuel Valls la semaine prochaine 
 
 (Actualisé avec ministres) 
    PARIS, 6 avril (Reuters) - Le gouvernement français s'est 
montré mercredi ouvert aux requêtes des jeunes, qu'il tente 
d'amadouer pour désamorcer la contestation contre le projet de 
loi El Khomri, en particulier sur la possibilité d'offrir une 
allocation aux diplômés entrant sur le marché du travail. 
    Chargés de renouer le fil, les ministres de l'Education 
nationale, du Travail et de la Jeunesse ont entamé une série de 
consultations censées déboucher sur des annonces de Manuel 
Valls, a priori en début de semaine prochaine. 
    Tous, les syndicats étudiants Unef et Fage comme les 
ministres concernés - Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri 
et Patrick Kanner -, ont insisté sur l'atmosphère à leurs yeux 
propice à des échanges constructifs. 
    "Nous avons la conviction que nous arrivons à avancer. (...) 
Ce rendez-vous avait une tonalité très différente du premier  
que nous avons eu avec le gouvernement", a déclaré le président 
de l'Unef, William Martinet, déjà reçu début mars à Matignon. 
    "Là, il y a encore le désaccord sur le projet de loi 
Travail, j'insiste dessus, mais il y a un cadre de travail pour 
avancer sur des contre-propositions", a-t-il ajouté à la sortie 
du ministère de l'Education nationale. 
    Mais, d'après lui, les propos encourageants du gouvernement 
ne deviendront des annonces fermes qu'à la condition de 
poursuivre la mobilisation anti-loi Travail, en particulier 
samedi prochain en compagnie des syndicats de salariés.  
    Cette nouvelle journée "va être déterminante dans sa 
capacité à faire bouger les lignes et à faire en sorte que ce 
cadre de dialogue engagé avec le gouvernement se concrétise par 
de véritables avancées", a insisté le président de l'Unef. 
    Mardi, la contestation a donné des signes d'essoufflement :  
23.800 personnes ont défilé dans les rues, contre 69.000 le 17 
mars et 43.000 le 24 mars, selon les chiffres du ministère de 
l'Intérieur. 
     
    "NOUS PARTAGEONS LE DIAGNOSTIC" 
    Face aux ministres, William Martinet a dressé la liste des 
sujets sur lesquels son syndicat entend obtenir des avancées - 
un accès plus facile à un emploi stable, les conditions de 
travail des apprentis, la formation professionnelle et une 
prolongation des droits de bourses pour les jeunes diplômés. 
    Sur ce dernier point, il a trouvé une oreille attentive 
auprès de ses interlocuteurs. 
    "C'est vrai que des dizaines de milliers de jeunes dans 
notre pays sont confrontés aujourd'hui à une espèce de trou 
noir, sans filet de sécurité (...), puisqu'ils n'ont pas le 
droit aux minima sociaux, (...) pas le droit non aux indemnités  
chômage", a diagnostiqué Najat Vallaud-Belkacem. 
    "Nous allons avancer sur cette proposition qui nous paraît 
utile", a ajouté la ministre de l'Education nationale. 
    Elle a également souligné la nécessité d'augmenter le nombre 
de places dans les filières courtes, en BTS et en IUT, pour les 
bacheliers professionnels et technologiques. 
    "Nous partageons suffisamment le diagnostic aujourd'hui de 
cette précarité de la jeunesse", a relevé Myriam El Khomri, 
souvent raillée dans les cortèges de manifestants. 
    Jusque-là, les échanges entre les organisations de jeunes et 
le pouvoir socialiste s'étaient distendus, comme en témoignent 
les déclarations de Catherine Lemorton, présidente PS de la 
commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. 
    "Je ne suis pas en colère contre les jeunes mais j'aurais 
souhaité qu'ils répondent à nos invitations pour parler de leurs 
raisons du rejet du texte", a-t-elle dit devant la presse.  
    "J'aurais aimé qu'on puisse en parler en direct avec eux", 
a-t-elle poursuivi en précisant que les syndicats d'étudiants et 
de lycéens n'avaient pas répondu aux invitations de sa 
commission. 
    En quittant le ministère de l'Education nationale, William 
Martinet s'est défendu en expliquant avoir reçu une invitation 
valable le 31 mars, soit lors d'une précédente journée de 
mobilisation. 
 
 (Simon Carraud et Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 

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