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France-Le déficit public 2017 serait ramené à 2,8% du PIB

Reuters12/04/2017 à 10:06
    * Un déficit 2017 revu en légère hausse mais toujours sous 
3% 
    * PIB 2017 toujours attendu à +1,5%, 2018 et 2019 revus en 
baisse 
    * Une trajectoire qui reste à confirmer par le prochain 
exécutif 
    * Le HCFP déplore que le déficit structurel soit minoré 
 
 (Actualisé avec détails supplémentaires, déclaration Sapin) 
    PARIS, 12 avril (Reuters) - Pour la première fois depuis 
2007, la France devrait bien afficher un déficit public 
inférieur à 3% de son produit intérieur brut (PIB) cette année, 
conformément à ses engagements européens, selon le programme de 
stabilité des finances publiques présenté mercredi en conseil 
des ministres. 
    Le ministère de l'Economie et des Finances revoit toutefois 
en légère hausse, à 2,8% du PIB contre 2,7% prévu auparavant, le 
niveau attendu pour tenir compte notamment du résultat de 
l'exercice 2016, soldé par un déficit de 3,4% là où le 
gouvernement attendait 3,3% à l'origine. 
    Cette amélioration repose sur un scénario de croissance 
inchangé, avec un PIB qui progresserait de 1,5% cette année, une 
hypothèse jugée "plausible" par le Haut conseil des finances 
publiques (HCFP) dans un avis publié mercredi matin même si elle 
est légèrement supérieur aux prévisions des organisations 
internationales (entre 1,3% et 1,4%). 
    Mais, comme il l'avait déjà dit lors de la présentation du 
projet de loi de finances 2017 à l'automne, le Haut conseil 
estime que "des risques importants pèsent sur la réalisation des 
objectifs de déficit public, structurel et effectif" pour 
l'année en cours, ses doutes concernant autant les dépenses que 
les recettes budgétées.  
   Le programme de stabilité, qui dessine la trajectoire 
trisannuelle des finances publique, prévoit une poursuite de 
l'amélioration dans les années à venir, avec un déficit qui 
reviendrait à 2,3% de la richesse nationale en 2018, 1,6% en 
2019 puis 1,3% en 2020. 
    Dans le précédent, publié en avril 2016, le déficit 2018 
était attendu à 1,9% et le 2019 à 1,2%. 
    La séquence de croissance est également moins ambitieuse que 
prévu auparavant : 1,5% en 2018 (contre 1,75%) puis 1,6% en 2019 
(contre 1,9%) et 1,7% en 2020. 
    Le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Sapin, 
s'est félicité que "l'ensemble des réformes économiques menées 
depuis cinq ans auront permis de résorber les principaux 
déséquilibres de notre économie mais aussi de préparer l'avenir 
sur des bases plus saines." 
     
    EXERCICE SYMBOLIQUE 
    "Ce document trace une perspective pluriannuelle cohérente 
avec l'action menée pendant le quinquennat et conforme avec les 
règles européennes et l'assainissement dans la durée de nos 
comptes publics", a-t-il dit dans une déclaration. 
    Le programme présenté mercredi prévoit donc que la France 
reviendra dans les clous du pacte de stabilité européen avec un 
déficit public sous 3% du PIB après avoir obtenu trois sursis 
pour y parvenir.  
    Mais l'exercice programmé est largement symbolique, puisque 
la trajectoire des finances publiques des prochaines années 
dépendra largement des mesures prises par le futur exécutif issu 
des élections présidentielle et législatives. 
    Parmi les principaux candidats à la présidentielle, seuls 
François Fillon (Les Républicains) et Emmanuel Macron (En Marche 
!) font du redressement des comptes publics une priorité. 
    Le cadrage macroéconomique du premier retient un déficit à 
3,7% du PIB fin 2017 et table sur un retour à l'équilibre en 
2022. Emmanuel Macron anticipe quant à lui un déficit à 3,0% du 
PIB à la fin de l'année et compte le ramener à 1,0% fin 2022. 
    Le passage d'un déficit à 3,4% du PIB fin 2016 à 2,8% fin 
2017 suppose une nette accélération du rythme de sa réduction. 
    Il représenterait une baisse de 0,6 point en un an, d'une 
ampleur comparable à celle observée sur l'ensemble de la période 
2013-2016, au cours de laquelle le déficit était passé de 4,0% à 
3,4% du PIB.     
    Dans son avis, le Haut conseil des finances publiques 
reproche à nouveau au gouvernement de surestimer la croissance 
potentielle de la France, avec pour conséquence de minimiser la 
partie structurelle du déficit des comptes publics et donc "à 
minorer l'effort à réaliser" pour les ramener à l'équilibre. 
    En attendant, il juge que le scénario plus prudent de 
croissance du PIB et d'inflation retenu pour les années 2018 à 
2020 "peut constituer une base raisonnable pour la construction 
de trajectoires de finances publiques." 
     
    L'avis du HCFP : http://bit.ly/2p6O7Kq 
        
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Myriam Rivet) 
 

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