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France-Le chômage repart franchement à la baisse en septembre

Reuters 25/10/2016 à 19:34
    * Recul sans précédent depuis le début de la série en 1996 
    * 90.000 chômeurs de moins en catégorie A depuis janvier 
    * L'exécutif compte persévérer dans ses efforts 
 
 (Actualisé avec précisions, réactions) 
    par Myriam Rivet 
    PARIS, 25 octobre (Reuters) - Le chômage s'est retourné en 
nette baisse en septembre en France, effaçant son rebond du mois 
d'août avec un recul d'une ampleur sans précédent depuis plus de 
vingt ans, selon les chiffres publiés mardi par le ministère du 
Travail.      
    A six mois de l'élection présidentielle, ce chiffre devrait 
accorder un peu de répit à François Hollande, qui a fait de la 
baisse du chômage une condition pour briguer un nouveau mandat 
et doit désormais faire face aux doutes y compris dans les rangs 
de sa majorité depuis la publication d'un livre de "confidences" 
à des journalistes.   
    D'autant plus qu'il vient quelques jours après le relèvement 
par Standard & Poor's de la perspective de la dette souveraine 
de la France, qui est désormais considérée comme "stable" par la 
principale agence de notation.   
    Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune 
activité) a reflué de 1,9% le mois dernier  pour s'établir à 
3.490.500, soit 66.300 personnes de moins qu'à fin septembre. 
Sur un an, le recul s'élève à 1,7%.     
    Une baisse d'une telle ampleur d'un mois sur l'autre est 
inédite depuis le début de la série statistique du ministère, 
entamée en janvier 1996.      
    Ce plongeon, qui intervient après une hausse de 1,4% en 
août, ramène le nombre d'inscrits dans cette catégorie sous la 
barre de 3,5 millions de personnes pour la première fois depuis 
janvier 2015. 
     
    "POURSUIVRE CE COMBAT" 
    Mais ce chiffre, qui a évolué en dents de scie depuis le 
début de l'année, reste supérieur de 567.700 à celui relevé en 
mai 2012, lors de l'arrivée au pouvoir de François Hollande.  
    "Le chômage reste encore trop élevé", a observé le président 
de la République dans un message publié sur Facebook. "Notre 
devoir collectif, c'est de poursuivre ce combat avec constance 
et persévérance et de favoriser la croissance sans remettre en 
cause les principes de notre modèle social", a-t-il ajouté.  
    Un message de persévérance également relayé par le Premier 
ministre Manuel Valls sur Twitter. "Il faut poursuivre", a-t-il 
indiqué tout en soulignant que la baisse du nombre de demandeurs 
d'emploi inscrits en catégorie A, dont le cumul s'élève à 90.000 
depuis le début de l'année, confirme que la politique économique 
du gouvernement "porte ses fruits".          
    En ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant une 
activité réduite), le nombre d'inscrits à Pôle Emploi a diminué 
de 0,7% en un mois, soit 38.000 personnes de moins, à 5.480.200 
(5.781.300 en incluant les départements d'Outre-mer, également 
en baisse de 0,7% sur un mois). Mais sur un an, il augmente de 
1,0%.   
    Même si le chiffre du seul mois de septembre est en repli 
par rapport à août, "la somme de ces catégories A, B et C a une 
tendance plutôt haussière (en moyenne sur trois mois le point de 
septembre est le plus haut historique)", en lien avec une 
dynamique macroéconomique réduite, observe Philippe Waechter, 
chef économiste de Natixis Asset Management, dans une note 
publiée sur son blog.  
    Selon lui, "comme on ne peut pas s'attendre à une impulsion 
forte sur l'activité au cours des prochains mois, il est 
probable que la dégradation du marché du travail vue à travers 
les chiffres de Pôle emploi a de fortes chances de se 
poursuivre". 
     
    PAS D'"EFFET FORMATION" 
    En ce qui concerne la catégorie D, qui regroupe les 
demandeurs d'emploi non tenus de rechercher un emploi, en raison 
par exemple d'une formation ou d'une maladie, se maintient 
au-dessus du seuil de 300.000 personnes qu'elle a franchi pour 
la première fois en juin.      
    Le nombre d'inscrits dans cette catégorie reste relativement 
stable, avec un reflux de 0,2% sur un mois, mais il affiche un 
bond de 16,4% sur un an, sous l'effet du plan de 500.000 
formations supplémentaires pour les demandeurs d'emploi annoncé 
par François Hollande mi-janvier. 
    Pour la ministre du Travail Myriam El Khomri, cette 
stabilité du nombre d'inscrits en catégorie D reflète le fait 
que le dynamisme des entrées en formation est compensé par une 
augmentation concomitante du nombre de sorties de formation. "La 
baisse globale du nombre d'inscrits à Pôle emploi au mois de 
septembre est donc essentiellement liée à l'amélioration du 
retour à l'emploi", indique-t-elle dans un communiqué. 
    La baisse du mois de septembre a concerné toutes les 
catégories d'âge mais a davantage profité aux moins de 25 ans. 
Pour la seule catégorie A, en évolution sur un mois, le nombre 
d'inscrits à Pôle emploi baisse de 5,3% chez les jeunes, 
abandonne 1,7% chez les 25-49 ans mais cède seulement 0,2% chez 
les 50 ans et plus.  
    Sur un an, la tendance reste à la baisse chez les jeunes 
(-7,0%) et les 25-49 ans (-2,0%), mais le nombre total de 
chômeurs chez les seniors progresse de 2,4%. 
    Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d'un an à Pôle 
emploi, considérés comme chômeurs de longue durée, s'inscrit en 
légère baisse de 0,3% en septembre, à 2.415.500, un plus bas 
depuis août 2015. Il régresse également de 0,5% sur un an.      
    A la différence de l'évolution irrégulière du nombre de 
demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, le taux de chômage 
selon les critères du Bureau international du travail (BIT), qui 
permet les comparaisons internationales, est orienté à la baisse 
depuis l'automne 2015.  
    Au deuxième trimestre, il s'établissait à 9,6% de la 
population active en France métropolitaine et à 9,9% en incluant 
les départements d'Outre-mer.       
      
 Les indicateurs français en temps réel             ECONFR  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel      ECONEZ  
 LE POINT sur la conjoncture française              ECO/FR  
  
 (Myriam Rivet, avec Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse) 
 

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